
Lundi:
★ Facebook me propose de m’inscrire à un groupe de rôlistes antifa. Pourquoi pas? En parcourant les publications des autres membres, je tombe sur la toute dernière personne que je m’attendais à voir là: un type de mon ancien club, gros bourrin avec qui je ne m’entendais pas DU TOUT à l’époque, et avec qui je suis très surprise de me découvrir ce (gros) point commun.
Mardi:
★ Jour férié pour les salariés français (et l’équipe nationale de foot), jour travaillé pour moi (je ne marque cependant aucun but).
Mercredi:
★ Après avoir bien vérifié sur internet que la médiathèque Chalucet était ouverte, je me rends à Toulon en début d’après-midi pour voir l’expo commémorative des 20 ans de la Design Parade. Le temps de parcourir 200 mètres depuis la gare, j’arrive en nage devant une porte close: « Fermeture exceptionnelle jusqu’au 18 juillet ». Fuck my life.
★ Pour me venger, je descends jusqu’au grand magasin de jouets de la rue d’Alger, histoire de m’offrir le puzzle Anse Méjean repéré en vitrine la semaine dernière. Je le cherche partout, en vain. Je finis par trouver la collection de paysages varois sur une étagère très éloignée du reste du rayon, avec un trou magnifique à l’emplacement de l’Anse Méjean. Fuck my life (bis)? Ah non, il en reste une boîte tout au fond, si bien cachée que j’ai failli ne pas la voir.
★ Alors que j’attends mon TER de retour, un bip dans mon sac m’annonce l’arrivée d’un texto, et avant même de l’ouvrir, je devine de quoi il s’agit. En effet: la SNCF m’annonce que mon train d’après-demain pour Toulouse est supprimé en raison des fortes chaleurs. Bon, ben pas de week-end dans ma famille. Je suis à la fois soulagée de ne pas voir ma mère, déçue de ne pas voir ma soeur, mon beau-frère et Darklulu, et pleine de culpabilité parce que c’est le soulagement qui l’emporte.
Jeudi:
★ Soudain, je réalise. Si je meurs maintenant, je ne connaîtrai jamais la fin de « Dungeon Crawler Carl ».
Vendredi:
★ Quand je sors de chez moi à 10h30, il fait déjà 28°, et je croise deux types en train de faire leur jogging dans mon avenue en plein cagnard. C’est quoi, leur projet de vie? L’insolation carabinée? La métamorphose en Bolino?
★ Je fais l’ouverture de La Banque pour voir l’expo consacrée à Calder, artiste dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à il y a deux mois et dont je vois depuis le nom partout. Eh bien, euh, disons que ça n’est pas ma came. 20 minutes plus tard, je suis dehors et pas du tout impressionnée. (Mais j’ai appris quelque chose, et c’est toujours bon à prendre.)
★ La chaleur me dissuade de faire ma promenade habituelle dans la vieille ville ou même de déjeuner en terrasse. Je me contente de racheter du savon à la fleur d’oranger, de dépenser des sous à la Soupe de l’Espace et chez Charlemagne et de me poser dans leur café pour boire un thé glacé. Puis je prends sagement mon bus de retour.
★ Avant de regagner mes pénates, je fais un petit crochet par le centre de Monpatelin. Mon primeur bien-aimé a pris sa retraite le mois dernier; le jeune couple qui lui succède me montre les changements apportés au magasin. Moins fouillis, plus moderne, avec des frigos pour les fruits les plus fragiles et un accent sur les produits locaux. Les horaires sont aussi plus étendus, ce qui va m’arranger. Bernard me manquera, mais il a bien mérité de se reposer.
Samedi:
★ Pour les quatre jours à venir (température moyenne prévue: 36°), le massif forestier qui borde Monpatelin est considéré comme à risque extrême d’incendie. Je vais bien, tout va bien.
★ Claquemurée dans le noir (volets fermés-fermés et clim sur 28°, pour être raisonnable), je me décide enfin à bloguer la suite et la fin de notre week-end à Paris.
Dimanche:
★ A la recherche d’un vieux tirage photo pour illustrer le billet de blog que je viens d’écrire, je me laisse happer par le contenu des boîtes entassées sur mon étagère à souvenirs, celles qui sont recouvertes par deux centimètres de poussière et que je n’ai pas ouvertes depuis des décennies. Je relis péniblement (j’écrivais gros, avec de l’encre violette, sur du papier à petits carreaux, sans sauter la moindre ligne, et avec des expressions méga cringe) mes carnets de la période printemps 86-courant 87, et je suis stupéfaite de redécouvrir quantité de choses que j’avais tout à fait oubliées. C’est peu dire qu’à 55 ans, j’analyse les gens et les situations de manière très différente. Ou qu’à 15 ans, j’étais une petite peste fatigante – quoi que bien gaulée. Punaise, comment j’ai pu me trouver moche à cette époque? Je tuerais pour retrouver cette silhouette de danseuse et ce visage à l’ovale bien dessiné.
★ Dans la foulée, je recontacte Gui, à qui je n’ai pas parlé depuis presque 20 ans. A la fin des années 80, notre dynamique, c’était: il me balance vanne sur vanne, j’ai envie de lui casser la gueule, on passe notre temps à se chamailler. Mais je viens de voir qu’il avait été extrêmement gentil avec moi à une période où j’étais au fond du trou. Du coup, je lui envoie quelques photos d’une vieille Toge Party à Magaud et en profite pour le remercier très tardivement. S’en suit un échange étonnamment chaleureux, et très vite, il propose qu’on se voie en vrai. Justement, Fanfan, son grand ami de toujours, descend demain dans la région pour deux semaines. Et si on mangeait ensemble un soir? (A suivre…)
