Après avoir petit-déjeuné et refait les bagages, nous quittons notre chouette appartement vert pour aller prendre le bus 106 à destination de l’aéroport. Premier problème: il ne passe pas à l’endroit indiqué par l’app, mais 500 mètres plus loin. Deuxième problème: une fois à bord, et malgré le fait que je suis allée aux toilettes juste avant de partir, je suis prise d’une irrésistible envie de faire pipi.
Le trajet dure 40 mn. Un supplice absolu. Quand la barrière de sécurité du parking de l’aéroport ne s’ouvre pas après plusieurs tentatives, et que le chauffeur est obligé de reculer leeeentement pour se mettre dans une autre file, je suis à deux doigts de sauter par la fenêtre pour m’accroupir entre deux voitures. Personne ne m’a jamais vue courir aussi vite que depuis la descente de ce bus jusqu’aux toilettes les plus proches dans le hall d’entrée de Nicolas Copernic.
Un premier vol d’une heure nous amène à Varsovie. J’aurais préféré prendre un train pour cette partie du voyage, mais en cas de problème, la correspondance n’aurait pas été assurée par la compagnie aérienne. Nous disposons d’un peu plus de 2h à Chopin; nous en profitons pour faire un repas chaud, quoi que fade et beaucoup trop cher comme toujours dans les aéroports. Puis un second vol sans histoire nous fait atterrir à Tallinn, en Estonie, sur le coup de 18h. (Nous nous sommes décalés d’un fuseau-horaire par rapport à la France, la Belgique et la Pologne.)

Notre chauffeur de Bolt est un type de notre âge, qui a pendu une croix gothique à son rétroviseur et qui écoute du bon vieux rock. Ca nous change de tous ces jeunes et de leur zimboumboum de merde (c’était la minute Vieille Conne). Par contre, Chouchou qui a appuyé sur l’option « prendre un Bolt » offerte par Air BnB pour programmer la course constate au bout d’un moment qu’on ne roule pas DU TOUT en direction de notre logement. L’adresse entrée automatiquement sur l’app n’est en effet pas la bonne. Nous devons retourner vers l’aéroport et repartir tout à fait à l’opposé, ce qui triple le prix de la course. Et contrairement à la Pologne, l’Estonie n’est pas spécialement bon marché.
M’enfin, tant pis. Il fait beau, la musique est bonne et je suis ravie d’être de retour dans cette ville que nous avions adorée en 2019. Nous descendons de voiture dans une rue à la chaussée constituée de cailloux ronds bien casse-gueule, à la lisière de la Vieille Ville. Il nous faut quelques minutes pour localiser notre Air BnB et parvenir à en ouvrir l’étrange porte. A l’intérieur, un logement d’aspect vieillot mais non dépourvu de charme, et tout à fait bien équipé malgré son côté tarabiscoté. Comme il est déjà 19h et que nous avons faim + besoin de nous dégourdir les jambes après cette journée de transit, nous nous contentons de déposer les bagages avant de repartir.


Quel bonheur de retrouver ce centre historique si plein de charme! Je me rends compte que je me souviens très bien de la disposition des lieux, et j’adore cette impression, pas tout à fait de rentrer chez moi, mais d’être accueillie à bras ouverts par un lieu familier et aimé. Nous retrouvons sans peine le pub Kompressor où nous avions passé des moments très agréables lors de notre voyage précédent. Les mêmes flyers décorent toujours le hall d’entrée; les mêmes grenouilles peintes se prélassent toujours sur les murs.

Alors que nous attendons qu’une table se libère, le jeune homme seul qui nous précède engage la conversation: il vient de Leuven en vélo; il fait une boucle en Europe du nord et Riga sera sa prochaine destination. Je décline poliment son invitation à partager sa table (je n’ai pas prévu d’avoir une interaction sociale prolongée, et je ne m’en sens pas capable), mais lui conseille tout de même de pousser jusqu’à la station balnéaire de Jurmala qui devrait lui plaire.


Le prix des crêpes a augmenté depuis la dernière fois, mais elles sont toujours aussi géantes et bien garnies. D’ailleurs, après avoir mangé ma salée champignons-roquefort, je n’ai plus du tout de place pour la Brie-confiture de figues que j’avais commandée en dessert. Par chance, la serveuse me propose une boîte en polystyrène pour l’emporter – ce sera notre petit déjeuner de demain! Fatiguée et repue, je n’arrive même pas à finir mon cidre.




Comme la soirée est douce et qu’il fait encore grand jour, nous optons pour une promenade digestive à travers la Vieille Ville. Nous repassons devant l’Air BnB de la dernière fois (je regrette tant qu’il n’ait pas été disponible à nos dates!); Chouchou prend quelques photos, et je commence à faire mon shopping de souvenirs dans les boutiques encore ouvertes autour de la place centrale.




Quand je pose une maisonnette en céramique près de la caisse, le vendeur la retourne et me montre fièrement qu’il y a une ouverture ronde dessous. LUI: « Vous avez vu que vous pouvez mettre une bougie à l’intérieur? » MOI, rigolant: « Oui, le trou est assez explicite. » LUI: « … » MOI (qui m’enfonce): « J’ai supposé qu’il ne servait pas à faire caca. » LUI (air affligé): … MOI (vaincue): . »Je vais vous payer en carte. » Voilà ce que c’est d’avoir un humour de merde trop niche.


Il est plus de 22h quand nous poussons la porte de notre nouvel appart. A 23h, nous sommes encore sur nos ordis et le soleil n’est toujours pas couché. J’aime tellement l’Europe du Nord à cette période de l’année…

J’ai très bien mangé à Tallinn, au Rada et au Väike-Rataskaevu, tous deux dans la vieille ville.