[WROCLAW] Où nous visitons le château de Barbie Polonaise

Appâtés par la très belle maquette vue à l’aéroport en arrivant, nous avons décidé de consacrer notre dernière journée en Pologne à une excursion au château de Ksiaz. Des tour operators proposent de la faire en mini-bus pour environ 700 zlotys par personne; avec un combo train + taxi + billets réservés nous-mêmes sur internet, nous devrions nous en sortir pour moins de 280 zlotys à deux… et sans avoir à converser avec un guide, ce qui est un énôôôrme bonus. D’autant que notre appart’ se trouve à royalement 200 mètres de la gare centrale de Wroclaw.

A 11h00, nous embarquons donc à bord d’un KD – l’équivalent local des TER français, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de réservation et que le billet est valable toute la journée. Le temps ensoleillé se couvre au fur et à mesure que nous progressons à travers la campagne verdoyante, et c’est sous une pluie légère et un ciel plombé que nous débarquons à Walbrzych Szczawienko aux alentours de midi. Le temps d’appeler un Bolt, qui arrive en quelques minutes, nous filons vers le troisième plus grand château de Pologne, et certainement le plus rose!

Nous n’étions pas certains de trouver de quoi manger sur place; en réalité, le site comprend plusieurs restaurants, deux cafés et même un hôtel. Nous jetons notre dévolu sur le Biblioteka (avec un nom pareil, comment résister?) où nous faisons un repas gastronomique pour un prix à peine supérieur à celui d’un menu BigMac. Chouette cadre, belle vue sur le château, pas de musique, service discret et souriant. Nous sommes ravis. Et l’oenothèque nichée dans une tour semble plus somptueuse encore.

Non seulement la pluie ne fait pas mine de s’arrêter, mais elle tombe de plus en plus fort lorsque nous traversons la cour pour gagner l’entrée du château proprement dit. En zappant le comptoir de distribution des audioguides, ces inventions de l’enfer, nous zappons aussi probablement le contrôle des billets, car jamais personne ne réclamera à voir les nôtres par la suite. Oupsie. Mais bon, nous avons bel et bien payé.

De la visite elle-même, nous retenons deux personnalités et deux histoires. D’abord Daisy Hochberg von Pless, Anglaise d’origine et épouse du prince Hans Heinrich XV, qu’elle n’aimait pas mais qui trouvait que ça n’avait pas d’importance. Très investie dans les bonnes oeuvres et attentive au sort des pauvres, elle pensait néanmoins que le socialisme signerait la fin de l’humanité. Elle tenait un journal dont certains extraits sont affichés au fil du parcours Baroque, et bon sang, la dame savait écrire! Son journal, tenu en anglais, a été publié en polonais, mais il est désormais introuvable dans sa version originelle, et je le déplore.

Ensuite Louis Hardouin, qui fut le cuisinier du château de 1909 à 1926. Français d’origine, il se passionnait pour la photographie, et on lui doit de nombreuses archives très variées, pour ne pas dire insolites. Il prenait pour sujets aussi bien les domestiques que les nobles, faisait des portraits classiques mais aussi des clichés sur le vif de la vie quotidienne, et devant lui, ses maîtres présentaient un visage décontracté voire facétieux qu’on n’a pas l’habitude de voir sur les documents d’époque.

Le château tel qu’on le visite aujourd’hui ne ressemble plus guère à la forteresse d’origine, bâtie au 13ème siècle mais que ses occupants n’ont cessé d’agrandir et de transformer au fil du temps. Durant leur occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Nazis ont fait creuser par des prisonniers un réseau de souterrains que l’on peut visiter de nos jours (il fait 6° à l’intérieur; je n’ai pas de vêtements appropriés et nous zappons donc).

Même sans le ralentissement de l’audioguide, nous passons une bonne heure et demie dans le château. Un petit tour dans les jardins, un arrêt ravitaillement dans un des cafés, un achat du livre qui regroupe les photographies de Louis Hardouin, et nous appelons un nouveau Bolt pour nous ramener à la gare. Entre la météo et la fatigue, nous renonçons à la visite de la palmeraie située à mi-chemin, et à laquelle nous pouvions également accéder avec nos billets jamais contrôlés.

Le voyage de retour se déroule sans incident. Nous passons la soirée à préparer notre départ: demain, nous mettons le cap sur un autre pays d’Europe de l’Est, et une autre ville – que nous connaissons déjà, mais où nous avions très envie de retourner. Nous avons encore une correspondance, et je croise les doigts pour qu’elle se déroule mieux que la première!

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