Bien que couchés très tôt hier soir, nous n’émergeons pas avant 7h du matin. Nous prenons notre temps pour petit-déjeuner, bloguer/traiter les photos d’hier et nous préparer en fonction de la météo variable du jour.
Vers 10h, sous un ciel plombé et par une température nettement plus fraîche qu’hier, nous prenons le tram 9 en face de l’appart pour nous rendre à l’ancien cimetière juif. Au fil des ans, les centres d’intérêt explorés à travers nos voyages ont bien évolué! Au début, je faisais énormément de shopping. Puis nous avons eu une longue période geocaching, suivie par une longue période escape games. Après ça, j’ai écumé les bars à cocktails. (Les librairies sont toujours restés une constante.) Et depuis quelques années, nous aimons prendre des photos dans les beaux cimetières.
Dans le tram, Chouchou tente d’acheter nos tickets sur l’app de transports en commun locale. Comme celle-ci persiste à lui envoyer des codes de vérification qu’il récupère chaque fois trop tard pour confirmer, nous finissons par descendre à notre arrêt sans avoir payé. Délinquants malgré nous. (Comme hier, quand Chouchou a cru que le plan répertoriant tous les gnomes était gratuit à l’office du tourisme – heureusement que j’ai vérifié et réglé avant de sortir.)
Puis, à l’entrée du cimetière, le guichetier est parti faire un tour, et il n’y a aucun contrôle. Nous attendons quand même: sans garantie qu’il y aurait des pierogis tous les jours à la cantine, je n’ai aucune envie de passer l’été dans une prison locale. Lorsqu’il finit par arriver, je suis toute fière de conduire l’intégralité de la conversation en polonais. « Dzien dobry » (« Bonjour ») + « Dwie » (« Deux personnes ») + « Karta » (« En carte ») + « Dziekuje » (« Merci »), emballé c’est pesé!




Nous arpentons les allées du cimetière, envahi par le lierre et les fougères dans des proportions assez impressionnantes. Nous sommes quasi-seuls, à l’exception de deux jardiniers munis de coupe-broussailles dont le vrombissement forme un curieux contrepoint au gazouillis des oiseaux. Sur le bord de certaines pierres tombales s’alignent des cailloux et des marrons; le lieu n’est donc pas tout à fait abandonné par les descendants des résidents.






Le soleil commence à pointer le bout de son nez lorsque nous prenons un Bolt pour remonter au nord du centre historique, dans le quartier ouvrier de Nadodrze. Comme il est presque midi, nous commençons par nous arrêter au Bar Pierozek où nous piochons un peu au hasard dans le menu. Pierogis à la viande classique, pierogis au foie que Chouchou souhaite goûter, croquettes aux champignons et boulettes de pomme de terre aux herbes et au parmesan. Chouchou prend sur le comptoir et apporte à notre table une assiette qui ne nous appartient pas; la serveuse est obligée d’accourir pour la lui reprendre avant qu’on y ait touché. Les geôles polonaises se rapprochent d’heure en heure.



Après ça, bravant une averse qui ne durera pas, nous nous mettons en quête des célèbres « arrière-cour colorées ». Ce n’est pas du tout ce que j’imaginais, mais plutôt un ensemble de fresques hétéroclites, mélange de peinture, de céramique et autres matériaux, réalisées par des artistes locaux sur les façades des immeubles. La première chose qui frappe, c’est la variété des thèmes: oiseaux, créatures marines, chiens et chats, scènes de la vie quotidienne, footballeurs, dinosaures et, euh, nazis? La deuxième, c’est que malgré le côté plutôt décrépit des immeubles, ces fresques n’ont pas du tout été vandalisées. Elles constituent visiblement un moyen d’attirer touristes et photographes dans le quartier.













Nous redescendons à pied jusqu’au bord de l’Oder, au niveau des îles centrales et de la centaine de ponts qui ont valu à Wroclaw le surnom de « Venise polonaise ». Après avoir pris des photos d’une installation artistique spectaculaire baptisée la Nef, nous allons nous poser sur une terrasse flottante avec sable, transats et auvents de toile. Nous y passons une bonne heure et demie, Chouchou avec son téléphone et moi avec le bouquin en papier de bois d’arbre que j’ai apporté. Pour un peu, je m’endormirais.









Nous enfilons encore quelques passerelles pour gagner le marché couvert de la ville. Il abrite des stands de primeurs qui font la part belle aux fruits de saison: framboises, fraises, cerises, mûres et myrtilles, aussi chères ici qu’en France ou en Belgique, mais également de très belles asperges vertes à un prix ridicule. Je note la présence d’un assez grand stand de thé, ainsi que plusieurs fleuristes qui vendent d’énormes couronnes. Combien de gens peuvent être en train de se marier ou de se faire enterrer au débotté, un lundi dans une ville de 650 000 habitants?




Dernier arrêt au programme: Boleslawiec Ceramic Plant, où je compte faire l’emplette de mon traditionnel mug en céramique peinte. J’hésite entre un modèle avec des cerises et un avec des pensées, Chouchou préfère les cerises, ce sera les cerises. A la caisse, je dis « Dzien dobry » avec mon plus bel accent du cru, et la dame se lance dans une tirade entière en polonais. Je suis flattée, mais obligée d’avouer en anglais que je n’ai pas compris un traître mot. Elle voulait juste m’informer que le prix affiché comprenait une soucoupe, qu’elle va de ce pas me chercher.




A ce stade, il fait de nouveau très chaud. Nous redescendons à pied jusque vers l’appart, ce qui fait quand même une bonne trotte. En chemin, nous cherchons désespérément une boulangerie qui ait l’air de proposer des viennoiseries potables. Mais non: ici, c’est le pays du bretzel. Les croissants ont beau être énormes, je vois depuis la rue que pas un seul gramme de beurre n’est entré dans leur fabrication, et tout ce qui a l’apparence d’une brioche semble composé à 100% de carton. Groumpf.
Une fois rentrés, nous faisons une lessive avant de dîner de saucisses, de galettes de pommes de terre et de petits pois achetés hier au Zabka. Puis nous passons de nouveau la soirée à dépouiller les photos du jour et à bloguer. Total de pas: un peu plus de 17 000 pour moi.
