[TALLINN] Où notre vie est un éternel recommencement

Beaucoup de fatigue et peu d’enthousiasme pour le dernier jour de ce voyage. Mais le soleil est de retour, c’est déjà ça! Nous traînons à l’appartement presque toute la matinée, et ne finissons par en émerger que pour aller déjeuner au pub celtique Mad Murphy’s. Les autres clients se massent en terrasse; je préfère la fraîcheur, la tranquillité et la bonne musique de la salle. Ce sera un steak pie pour moi et un bangers and mash pour Chouchou, arrosés d’eau minérale (soyons fous). Comment ça, un dessert? Vous voulez nous tuer?

Nous remontons au nord de la vieille ville pour explorer le quartier de Kalamaja, caractérisé par ses maisons en bardeaux colorés. Immédiatement, Chouchou lance: « Nous sommes déjà venus ici. » Vérification faite dans les archives du blog: oui, tout à fait. Mais le quartier a pu changer, et de toute façon, je n’avais pas l’énergie pour me traîner jusqu’à l’ancien village de Nomme qui a le même genre de vibe mais qui est plus éloigné. Passé l’enthousiasme du début du voyage, le poids émotionnel des dernières semaines me rattrape. Rien ne m’intéresse, et j’ai juste envie de dormir six mois d’affilée. (Ici, insérer un clip de Buffy chantant « Going through the motions » dans l’épisode musical.)

De retour dans la vieille ville, nous allons faire un tour dans le passage Sainte-Catherine, une ruelle médiévale bordée d’un côté par des tombes et de l’autre par des échoppes historiques – et là, c’est moi qui me souviens être déjà venue ici tandis que Chouchou, non. A force de rentrer dans tous les magasins d’artisanat en reniflant telle une cocaïnomane car j’adore l’odeur du bois de genévrier, je finis par me décider pour deux ustensiles de cuisine. Un peu plus loin, alors que je continue à chercher désespérément ma fameuse tisane fraise-menthe Tamme Talu, je craque pour une mini peau de mouton format galette de chaise.

Puis nous nous posons à la terrasse du Peppersack, installé dans mon bâtiment préféré parmi ceux qui entourent la place de la mairie (et servent de modèle aux fameuses maisonnettes en céramique). Les serveuses portent une tenue pseudo-médiévale avec des Nike; le moustachu déguisé, posté à l’entrée avec une épée que même un elfe de Tolkien renierait, se fait tripoter par toutes les touristes d’âge mûr qui réclament à poser avec lui pour une photo. Et j’entends parler français partout.

Pour tuer le temps en attendant l’heure de notre réservation au V, nous visitons la mairie voisine (mais pas la tour, car je me prends déjà les pieds dans ma jupe rien qu’en marchant, et je me vois mal grimper un escalier exigu aux marches abruptes dans le noir). Elle a été si souvent rebâtie ou transformée depuis sa construction originelle, au 13ème siècle, que je me demande bien s’il reste une seule pierre de l’édifice d’origine. Je suis surtout impressionnée par la charpente du toit: aucun risque que le bouzin s’écroule au premier coup de vent!

Nous arrivons tout de même en avance au restaurant, mais la serveuse qui nous a reconnus d’avant-hier nous dit que bien sûr, on peut déjà s’installer à la dernière table libre en terrasse. Nous partageons une assiette de leurs célèbres raviolis de betterave (inattendus, mais effectivement délicieux); puis je me régale avec le faux poulet BBQ coréen que Chouchou avait pris l’autre jour, tandis qu’il goûte le burger. Rien ne me tente dans les desserts proposés, et nous avons encore des cerises à l’appart’. Je règle l’addition et, sur cette excellente dernière note, nous rentrons en faisant un coucou au Kompressor en chemin. Demain, nous devrons nous lever à 5h pour prendre notre avion de retour à Bruxelles…

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