
Lundi:
★ Réveil à 5h15 pour prendre notre vol de retour qui quitte Tallinn à 7h20. Le chauffeur de Bolt est ponctuel et taiseux – tout ce qu’on aime. Bonus: quand on monte dans la voiture, sa radio diffuse « The fate of Ophelia ».
★ Alors que nous approchons de la boutique Hää Eesti Asi de l’aéroport, Chouchou-Oeil-de-Lynx lance: « Ils ont ton thé, je le vois d’ici ». Et de fait, il est là, sur une étagère dans le fond, mon Tamme Talu chéri à la fraise et à la menthe. J’en prends trois sachets et décide de considérer ça comme un excellent augure pour la semaine à venir.
★ A 9h, nous débarquons à Bruxelles. A 10h, nous sommes chez nous. A 11h30, douche prise et bagages défaits, nous partons au Delhaize avec la liste des courses. A 12h30, nous sommes de retour, et debout depuis plus de huit heures en tenant compte du décalage horaire.
★ Ma grande entreprise de l’après-midi, c’est tenter de demander la compensation à laquelle la loi européenne me donne droit pour notre vol annulé du 30 mai. Booking m’a fait contacter à ce sujet par GoToGate, et toutes les recherches Google me renvoient vers Air Advisor, mais les deux sont des compagnies intermédiaires qui réclament un tiers des sommes récupérées en paiement de leurs services. Têtue comme je suis, et détestant qu’on me prenne pour un pigeon, je m’obstine à chercher jusqu’à ce que je trouve comment déposer la demande moi-même auprès de la compagnie fautive. Reste à voir combien de temps ça mettra pour aboutir.
Mardi:
★ Reprise du boulot. Dans l’histoire vraie que je traduis, à la fin du 19ème siècle, les parents d’un garçon de 10 ans le laissent décider ce qu’il veut faire dans la vie. En 1987, alors que j’avais 16 ans, les miens m’ont envoyée de force vers des études prestigieuses que j’ai détestées et une voie professionnelle qui m’a rendue dépressive. Avec les meilleures intentions du monde, hein. Je ne leur en veux pas, mais je ne me déferai jamais d’une certaine amertume pour ces 7 années perdues et cette souffrance qu’on aurait pu m’épargner juste en m’écoutant.
★ Matt Dinniman, l’auteur de « Dungeon Crawler Carl », a dressé une liste des six autres meilleures séries de LittRPG selon lui. La deuxième, c’est celle dont on m’a confié la traduction. C’est rassurant, car je me suis engagée au minimum pour 6 très gros tomes!
Mercredi:
★ Ayant remis hier la deuxième partie du Projet Secret à mon éditrice, j’attaque aujourd’hui le premier tome d’une série jeunesse dans l’univers de J.M. Barrie, ce qui va me changer un peu des préoccupations agricoles de ces derniers mois. Pourvu que les héros ne soient pas forcés de cultiver du maïs ou de vacciner des moutons au Pays Imaginaire!
★ « Could Richard Carmody BE any more autistic? » (à lire avec la voix de Chandler Bing, au sujet de « All creatures great and small »)
Jeudi:
★ Niveau météo, le mois dernier, c’était août en mai; là, c’est novembre en juin. Alors que moi, je voudrais octobre toute l’année. Remboursez.
★ Les échafaudages du Palais de Justice ont été retirés. Je répète: les échafaudages du Palais de Justice ont été retirés. Stupeur des Bruxellois de moins de 50 ans, qui découvrent la façade nue du bâtiment pour la première fois de leur vie.
Vendredi:
★ Dans la série « Les artistes qu’on aime décèdent en rafale », après Marjane Satrapi et Anthony Stewart Head: David Hockney, dont le regard sur ses proches et sur le monde qui l’entourait était d’une infinie bienveillance. A quand le lancement de la série: « Les politiciens nuisibles qu’on déteste lâchent enfin la rampe »?
★ Sur Facebook, un collègue parle de la coquille rigolote qu’il a trouvée dans un livre, et chacun d’y aller de son exemple en commentaires. MOI: « Depuis que j’ai trouvé un flan de colline dans un Actes Sud, je ne m’étonne plus de rien. » LUI: « Il se situait probablement en bordure du dessert. » Joli.
Samedi:
★ Sans enthousiasme, parce que je suis complètement dissociée depuis deux mois et que tout me coûte un effort considérable, je me traîne en ville avec Chouchou pour profiter du fait que la météo est décente aujourd’hui. Je me laisse tenter par quelques bouquins chez Passa Porta, déambule parmi les silhouettes étranges des jeunes créateurs de mode belges au MAD Brussels, avale mécaniquement un pastel de nata au chocolat et une roulade à l’orange au Forcado de la rue Dansaert et me ruine les pieds avec des chaussures neuves achetées il y a deux ans puis oubliées au fond de mon placard. Mais bon, au moins, j’ai mes 10 000 pas.
Dimanche:
★ En fin d’après-midi, brusquement, me prend l’envie d’organiser un week-end à Amsterdam où nous ne sommes pas retournés depuis un moment déjà. Comme je sens que l’été va être rude, je case ça fin août: ça fera un truc joyeux à attendre. Une heure plus tard, j’ai nos billets de train, une chambre d’hôtel, et ma Google Map de la ville est mise à jour avec les activités prévues.

Je retiens les échafaudages qui sont enlevés ! Une nouvelle ville 😄