2022 dans le rétro

Après deux ans de pandémie et de mouvement limité, je piaffais d’impatience de réorganiser le road trip écossais qu’on avait dû annuler au printemps 2020, et de retourner à Singapour comme je comptais le faire en 2021. Au lieu de ça, nous avons consacré toute notre énergie à un autre projet qui traînait depuis plus longtemps encore: notre mariage. Parce qu’on ne rajeunit pas et qu’on veut le cas échéant pouvoir prendre les décisions médicales importantes l’un pour l’autre, et puis pour que notre couple existe officiellement et qu’on ne soit plus jamais empêchés de se rejoindre en cas de fermeture des frontières sauf « raison impérieuse ».

Nous avons donc passé les trois premiers quarts de l’année à préparer notre union, et misère, quel stress! Pas au sujet de la cérémonie elle-même, puisque nous comptions faire au plus simple en allant juste signer le papier à la mairie avec deux témoins, mais au sujet de ses conséquences administratives et fiscales. Je vous passe les détails car et d’une ce n’est pas très intéressant, et de deux je suis encore un peu traumatisée par la difficulté d’obtenir des renseignements fiables et précis qui concordent des deux côtés de la frontière franco-belge. Au final, nous avons opté pour garder des domiciliations et des impositions séparées: ce n’est pas forcément le plus avantageux d’un point de vue financier mais c’est ce qui correspond le mieux à notre mode de vie, et ça exigeait zéro paperasse.

Autre source de stress importante en début d’année: le TDAH de Chouchou et ses lourdes conséquences sur sa vie professionnelle comme sur notre vie de couple. Sous la pression, et aussi un peu parce que je suis une grande phobique de l’engagement, j’ai fini par péter les plombs au mois de mai. Pour la première fois en 16 ans, j’ai dit à Chouchou: « Je n’en peux plus, je te quitte ». Spoiler: je ne l’ai pas quitté. Mais on a passé l’été à mettre à plat tout ce qui coinçait entre nous. Et surtout, Chouchou a entrepris d’explorer vraiment le sujet du TDAH, les façons exactes dont il se manifeste chez lui et les moyens pratiques d’en atténuer les conséquences au quotidien. Il a, grosso modo, suivi le même parcours que moi après mon diagnostic d’autisme: acceptation, état des lieux, action.

Pour lui aussi, ça a été une révélation, et comme avec la confirmation de mon propre neuroatypisme, ça a fait un bien fou à notre couple. Longtemps, chacun de nous a cru que ce qui l’insupportait chez l’autre relevait du caprice, du jemenfoutisme ou de la mauvaise volonté; désormais, nous avons admis nos limitations respectives et nous les traitons avec la plus grande bienveillance. Ca a complètement changé notre vie. On s’est mariés en confiance au mois d’octobre, et on ne s’est jamais autant ni aussi bien aimés. Je ne doute pas qu’on aura d’autres passages difficiles, mais on pourra les affronter depuis des bases infiniment plus saines et plus solides. Maintenant, on a le mode d’emploi. Dans ces conditions, l’engagement que je redoutais à la base est devenue une source de sécurité, de stabilité et même de sérénité.

Autres événements marquants de l’année: j’ai repris une thérapie cognitive comportementale avec une psy qui exerce à Monpatelin; ma résidence a une nouvelle syndic qui dépote et le ravalement de façade a enfin été voté; j’ai concrétisé mon projet de 4ème tatouage pour commémorer mon diagnostic d’autisme. Moins drôle: atteint d’une maladie neurologique moche et incurable, le beau-père de Chouchou s’est fait euthanasier; je n’ai pas vu ma famille de toute l’année hormis pour une soirée au resto avec mon beau-frère de passage sur Toulon. Peu de voyages au final: une chouette semaine à Riga pour mon anniversaire, un court séjour chez des amis en Suisse au printemps, trois jours bien remplis à Paris en juillet, et si tout va bien, nous décollerons lundi pour une destination dont je n’ose écrire le nom de crainte que ça ne foire au dernier moment. Mais j’ai bon espoir qu’on puisse se rattraper l’an prochain.

Côté boulot, j’ai terminé une traduction en janvier, en ai effectué sept complètes entre février et novembre et entamé deux autres en décembre, le tout pour quatre éditeurs différents. De la sorcellerie, du steampunk, du voyage dans le temps, du LGBT, de l’antiracisme, du féminisme, du cosy mystery; pour les 9-12, pour les ados ou pour les adultes… Jamais on ne m’avait confié des textes aussi variés, en parfait accord avec mes goûts et mes valeurs. Je m’en réjouis très fort – même s’il faut encore trop souvent que je bataille pour être payée à l’heure. Un bon chiffre d’affaires et peu de grosses dépenses signifient que j’ai pu mettre de l’argent de côté; même si ce n’est pas une finalité en soi, ça contribue à me rassurer pour l’avenir. Bref, ma vie n’est toujours pas parfaite et l’actualité me désespère régulièrement, mais je termine 2022 bien plus heureuse que je ne l’ai commencée.

1 réflexion sur “2022 dans le rétro”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut