[NOEL 2022] Des idées de livres à offrir aux adultes

BEAUX LIVRES:

« Les voyages extraordinaires de Pétaouchnok en Europe » propose des destinations et des circuits hors des sentiers battus, illustrés par de très belles photos qui donnent envie de réserver train ou avion immédiatement.

« La Terre entre nos mains » regroupe 300 des clichés spectaculaires prises par Thomas Pesquet depuis l’espace lors de sa dernière mission à bord de la SSI.

FANTASTIQUE:

« Sous la porte qui chuchote » (T.J. Klune): Wallace Price n’est pas ce que l’on peut appeler « un personnage sympathique ». Vous ne pleurerez sûrement pas en apprenant qu’il vient de mourir. Le jour de ses funérailles, une faucheuse vient le chercher et l’emmène dans un petit village où se trouve un salon de thé pas comme les autres. Hugo, le patron, y aide les âmes à passer de l’autre côté. Wallace n’est absolument pas prêt à abandonner la vie qu’il a à peine vécue et avec l’aide d’Hugo, il découvre enfin ce qui lui a manqué dans le passé. Mais un jour, le Directeur – un être mystérieux et puissant – lui annonce qu’il devra effectuer dans une semaine la traversée vers le monde des morts. Wallace entreprend alors de vivre toute une vie en sept jours. Une belle histoire à la fin extrêmement lacrymale, qui paraîtra le 8 décembre dans une très belle édition reliée collector.

« Atlas six » (Olivie Blake): Une fois par décennie, les six magiciens les plus talentueux de leur génération sont appelés à concourir pour gagner leur place au sein de la Société des Alexandriens, l’organisation la plus secrète et la plus élitiste au monde. Les élus se verront accorder une vie de savoir infini, de pouvoir et de prestige qui dépassera même leurs rêves les plus insensés. Chacune des nouvelles recrues a ses propres motivations pour accepter l’invitation ambiguë de la Société – même si cela implique de se rapprocher de son pire ennemi ou de trahir ses alliés les plus fidèles. Et tous se battront sans relâche pour obtenir le droit de rejoindre les rangs des Alexandriens. Quitte à prendre le risque de ne pas survivre. Magie, physique quantique, société secrète et manipulation mentale à gogo: un vrai régal. Toute mon admiration, au passage, à la collègue qui s’est chargée de cette traduction ultra-complexe.

« Un psaume pour les recyclés sauvages » (Becky Chambers): Voilà des siècles, les robots de Panga ont accédé à la conscience et lâché leurs outils ; voilà des siècles, ils sont partis ensemble dans la forêt, et nul ne les a jamais revus ; voilà des siècles qu’ils se sont fondus dans les mythes de l’humanité. Un jour, la vie de Dex, moine de thé, est bouleversée par l’arrivée d’un robot qui, fidèle à une très vieille promesse, vient prendre des nouvelles. Il a une question à poser, et ne rejoindra les siens qu’une fois satisfait de la réponse. La question : « De quoi les gens ont-ils besoin ? ». Mais la réponse dépend de la personne à qui on parle et de comment on pose la question. Dans un monde où les gens ne manquent de rien, à quoi sert d’avoir toujours plus ? Un court roman de SF contemplatif, mélancolique et assez réconfortant.

ROMANS CONTEMPORAINS:

« Connemara » (Nicolas Mathieu): Hélène a bientôt quarante ans. Elle est née dans une petite ville de l’Est de la France. Elle a fait de belles études, une carrière, deux filles et vit dans une maison d’architecte sur les hauteurs de Nancy. Elle a réalisé le programme des magazines et le rêve de son adolescence: se tirer, changer de milieu, réussir. Et pourtant le sentiment de gâchis est là, les années ont passé, tout a déçu. Christophe, lui, n’a jamais quitté ce bled où ils ont grandi. Il n’est plus si beau. Il a fait sa vie à petits pas, privilégiant les copains, la teuf, remettant au lendemain les grands efforts, les grandes décisions, l’âge des choix. Aujourd’hui, il vend de la bouffe pour chien, rêve de rejouer au hockey comme à seize ans, vit avec son père et son fils, une petite vie peinarde et indécise. On pourrait croire qu’il a tout raté. Et pourtant il croit dur comme fer que tout est encore possible. Connemara c’est cette histoire des comptes qu’on règle avec le passé. C’est surtout le récit de ce tremblement au mitan de la vie, quand le décor est bien planté et que l’envie de tout refaire gronde en nous. Un beau roman d’observation sociale, au succès commercial très mérité.

« Oublier Gabriel » (Karine Yoakim-Pasquier): Vevey, Suisse, 2001. Louise entre au lycée où elle rencontre Gabriel. Aujourd’hui, alors qu’elle vit à Milan, elle apprend que sa meilleure amie va se marier. Entre passé et présent, les chapitres s’enchaînent pour dérouler une intrigue aussi haletante que tragique. D’amours adolescentes en agression xénophobe, on remonte le temps pour comprendre le fil des événements: l’incendie d’un chalet de sous-officiers, un meurtre, un suicide en lien direct avec le mariage… Au fil des pages, on réalise que le micro-événement comprend l’entièreté des problèmes du monde social, et que la conscience morale n’accepte pas l’oubli. Un premier roman très réussi.

« L’amour de ma vie » (Rosie Walsh): Emma, biologiste marine reconnue et médiatisée, adore son métier, son mari Leo, leur fille Ruby et leur chien John Keats. En apparence, tout est parfait. Sauf qu’Emma sort d’une longue maladie et attend les résultats de ses derniers examens. Alors Leo, journaliste spécialisé dans les nécrologies de célébrités, trompe son angoisse grâce à ce qu’il sait faire de mieux : enquêter sur la vie des autres. En rédigeant la nécrologie de sa femme, il relève des incohérences dans son passé. Incrédule, il tente de dénouer le vrai du faux. Mais il doit rapidement se rendre à l’évidence: la personne qu’il pensait le mieux connaître au monde est une étrangère. Un roman à deux voix dont l’intrigue très bien ficelée, réserve bien plus de surprises qu’on ne pourrait le croire au premier abord.

« Les nuits bleues » (Anne-Fleur Multon): Pendant le premier confinement de 2020, l’autrice noue une relation à distance avec Sarah, rencontrée brièvement chez des amis communs. C’est le début d’une histoire d’amour charnelle et intense, racontée ici avec une sincérité ardente.

« Les caractères » (Lison Daniel): Isabelle, grande bourgeoise confinée à Saint-Lu, est dépassée par l’intendance de ses trois résidences secondaires et par son mari en pleine crise identitaire. Franck, caviste bio radical et passionné, refuse de vendre un saint-émilion à un client qui voudrait « impressionner beau-papa ». Mélanie, Marseillaise à sang chaud, maltraite les touristes parisiennes qui ont le malheur de s’installer sur son rocher. Et qu’adviendra-t-il d’Adélaïde, tombée éperdument amoureuse de Livio, son épicier italien ? Cette galerie d’archétypes croque la France d’aujourd’hui dans toute sa diversité régionale, culturelle et sociale. Drôle et tendre.

ESSAIS:

« Le couple et l’argent: pourquoi les hommes sont plus riches que les femmes » (Titiou Lecoq): Les hommes sont plus riches que les femmes. Dès l’enfance, les garçons reçoivent plus d’argent de poche que les filles. Adultes, à poste égal, les femmes sont moins bien payées que les hommes. Et le couple accentue encore les inégalités : au cours de la vie à deux, l’écart ne cesse de se creuser, sans que ni l’une ni l’autre ne s’en rende compte. Ou bien préfère l’ignorer. Chaque fois, il y a des explications et une combinaison de « bonnes raisons », mais le tableau général est accablant. Avec un talent rare pour la pédagogie, Titiou Lecoq décortique les statistiques les plus récentes. Elle convoque l’historienne Michelle Perrot, des économistes, une conseillère en gestion de patrimoine, des banquières, sa mère et même des arnaqueuses. Son ton mordant fait le reste. On tourne les pages avec étonnement et parfois colère. Mais Titiou Lecoq propose aussi des solutions simples qui peuvent tout changer. Un essai féministe pour aider à faire bouger concrètement les lignes.

« La vie secrète d’un cimetière » (Benoît Gallot): Conservateur du lieu, l’auteur vit au Père-Lachaise avec sa femme et ses enfants. Il arpente sans relâche ses allées aux 4 000 arbres de 80 essences différentes. Il apprend à reconnaître la soixantaine d’espèces d’oiseaux qui y nichent. Un soir d’avril 2020, en pleine pandémie, il fait une rencontre insolite: une boule de poils rousse s’échappe d’un buisson. Des renards au coeur de la capitale! Il commence à prendre des photos de la faune et de la flore. Son compte Instagram s’envole. Les messages se multiplient, les questions aussi. Alors il décide d’écrire ce livre pour raconter la vie secrète d’un cimetière, son quotidien tour à tour insolite, poignant ou étonnant. Il rend hommage aux gardiens, fossoyeurs, cantonniers et autres travailleurs de l’ombre qui s’activent pour que, à la Toussaint, les usagers n’aient plus qu’à changer l’eau des fleurs…

BEDE:

« Filgoude: comment je me suis disputée avec le développement personnel » (Mathou): A travers son propre vécu, l’autrice décortique les injonctions au bien-être à tout prix dans cet album archi-déculpabilisant.

« La vie gourmande » (Aurélia Aurita): Un récit biographique intime et sensuel comme tout ce qu’a fait Aurélia Aurita. Où l’on découvre les coulisses du restaurant de Pierre Gagnaire et l’étonnant menu de La Grenouillère, dans le Pas-de-Calais. Où l’on a le plaisir un peu voyeur d’observer les amitiés de l’autrice avec des femmes connues et inspirantes telles que Jeanne Cherhal, Mona Chollet et Annie Ernaux, ainsi que la totale absence de complexes avec laquelle sa libido s’exprime auprès de ses différents amants. Où son cancer du sein est conté avec une sincérité touchante. Au gré de son récit, Aurélia Aurita nous promène avec brio à travers ses souvenirs culinaires. Ses dessins comme ses mots débordent de force vitale, un mélange de curiosité sans limite et de jubilation toujours à fleur de peau (ou de papilles). Un authentique délice.

« La mer verticale » (Brian Freschi /Ilaria Urbinati): Un roman graphique aux couleurs lumineuses qui raconte le combat d’India contre son trouble panique. En plus de gérer sa maladie, cette institutrice de 29 ans doit sans cesse s’expliquer et se justifier auprès des parents d’élèves, de ses parents à elle, de son amoureux… Entre séances de psy et prise de médicaments, elle s’efforce de trouver un moyen de vivre avec, en elle, un monstre qu’elle ne pourra jamais vaincre. Très beau et très juste.

Coffret « Dans la tête de Sherlock Holmes » (Benoît Dahan/Cyril Liéron): Cette histoire complète en deux tomes raconte une affaire dont le classicisme ravira les puristes. Le plus célèbre des détectives littéraires est toujours un cocaïnomane invétéré qui connaît Londres comme le fond de sa poche et n’hésite jamais à afficher son mépris pour l’intellect inférieur de Watson ou de l’inspecteur Lestrade. L’enquête réussit le tour de force d’être à la fois accrocheuse et parfaitement dans la lignée du canon. Mais le principal intérêt de cet album, c’est son graphisme époustouflant qui vise à retranscrire le cheminement de la pensée du héros. Le cerveau de Holmes est représenté comme une maison en coupe à travers laquelle il se déplace au fil de ses déductions; un fil rouge relie les planches les unes aux autres, et un élément visuel vient appuyer la révélation de chaque indice qui fait tilt dans son esprit. Ajoutons que la colorisation presque monochrome sert à merveille l’atmosphère victorienne déjà très bien installée par les décors. Bref, une petite merveille. 

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4 réflexions sur “[NOEL 2022] Des idées de livres à offrir aux adultes”

  1. J’etais persuadée que Connemara vous avais déplu à cause de la scene dans la voiture. Je l’ai en audio et certaines scenes un peu cru heurtent mes oreilles. J’en parle au present, car je reecoute souvent ce roman quand je travaille. Il touche ma fibre nostalgique.

    1. En effet, j’ai trouvé la scène dans la voiture grotesque, et failli abandonner le livre à cause de ça vu qu’elle se trouve vers le début. Mais tout le reste était vraiment très bien, finement observé du point de vue social.

  2. Merci pour ces idées! J‘en ai tout de suite trouvé plusieurs à la bibliothèque, je suis impatiente de les commencer!
    A bientôt et bon mois de décembre!

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