La semaine en bref #250

Lundi:

★ 10 ans aujourd’hui que mon père est mort. Il reste beaucoup plus vivant et présent dans mes pensées que bien des gens qui sont encore de ce monde.

★ Pour la peine, je me fends d’un coup de fil à ma mère. C’est seulement la 3ème fois que nous nous parlons depuis le début de l’année, et du coup ça se passe bien.

Mardi:

★ Assemblée générale de copropriété. La jeune femme qui est au conseil syndical avec moi croyait que c’était demain; étonnée par son absence, je lui téléphone, et elle rapplique en courant au bar monpatelinois où se tiennent nos réunions.

★ Le grand sujet du jour, c’est le ravalement de façade. La voisine végane que je ne peux pas saquer se fend d’une tirade grandiloquente: « C’est le pire moment pour se lancer dans des travaux coûteux, il aurait fallu les faire avant… » Je manque m’étouffer: c’est elle qui bloque le bouzin depuis plus de dix ans. « Et maintenant, avec cette crise qui ne va faire que s’aggraver… » Incapable de me retenir, je la coupe: « Justement, il n’y aura jamais de meilleur moment ». « Vous allez me laisser finir, oui? ». Je sens bien qu’on a très très envie de s’emplâtrer mutuellement. Les joies de la copropriété.

★ Au final, le ravalement de façade est voté, avec le maître d’oeuvre que je souhaitais. La nouvelle syndic est bourrue mais efficace; elle a pris plusieurs initiatives qui vont nous faire faire des économies. Le jeune militaire sympa et dégourdi qui a récemment acheté l’appart sous le mien entre au conseil syndical. Bref, c’est la première fois que je ressors ravie d’une de ces réunions.

★ Sur le chemin du retour, je fais un petit historique de la copro aux deux autres membres du CS. « Le syndic précédent ne venait jamais faire les visites prévues dans le contrat; je crois qu’il avait peur de moi. Pourtant, je ne suis pas très impressionnante avec mon mètre cinquante. » « C’est la voix », suggère timidement le jeune militaire. J’hésite entre rire et me vexer.

Mercredi:

★ Aujourd’hui, ça fait 16 ans que Chouchou et moi sommes ensemble. Et pour fêter ça…

★ Sept minutes de cérémonie civile tout compris, pas d’alliances, pas de nom commun, des patrimoines et des résidences qui restent séparés, pas d’enfants à venir, pas d’invités hormis nos deux témoins et pas non plus de réception. Simplement, en cas de nouvelle pandémie, on ne pourra plus nous empêcher de nous rejoindre. Et le jour où il arrivera quelque chose de grave à l’un de nous, l’autre aura autorité pour gérer. Je sais qu’on a fait plus romantique comme motifs pour se marier, mais ce sont les nôtres. (Accessoirement, bien sûr, on s’aime, mais on n’avait pas besoin d’autorisation pour continuer.)

★ Alors que je prends congé de la sympathique adjointe au maire qui vient d’officier, mon téléphone sonne. C’est un livreur qui me fait remarquer que je ne suis pas chez moi pour réceptionner le colis dont Chronopost ne m’a pas laissé la possibilité de reporter l’arrivée. Informé de la situation, il décide de venir me le déposer à la mairie de Monpatelin. C’est un gros carton contenant une énorme gerbe d’oeillets blancs envoyée par ma soeur.

★ Après ça, nous filons à l’anse Méjean pour déjeuner avec nos témoins à la terrasse de l’Escale. Il fait un temps idéal, ensoleillé mais pas trop chaud avec juste un souffle de vent; nous avons quasiment les pieds dans l’eau; les serveurs sont terriblement sympathiques et tout le monde se régale de filets de daurade, de casa mia ou de linguine à la truffe et à la burrata. Un très chouette moment.

★ Pour finir la journée, j’ai réservé une des chambres au 5ème étage de l’Eautel, sur le port de Toulon. Entre mon mojito fraise de l’apéro et le vin blanc qui a accompagné le repas, je n’avais pas consommé autant d’alcool depuis longtemps, et je passe la fin de l’après-midi à semi-comater sur notre petite terrasse face à la grande roue.

Jeudi:

★ Le lit de l’hôtel était trop mou pour moi, et une crise d’angoisse m’a réveillée au milieu de la nuit. Groumpf. Heureusement, un bon buffet petit déjeuner dans une très jolie salle de restaurant permet de bien commencer la journée quand même.

★ J’étais ressortie si mécontente de ma dernière séance de thérapie que j’envisageais d’arrêter. Comme je ne me suis pas décidée à annuler dans un délai acceptable, je vais quand même à mon rendez-vous de cet après-midi. Cette fois, la séance est intéressante: nous établissons que mon problème principal, c’est l’absence de « thermostat » sur mes émotions qui sont toujours soit à 0 soit à 10 – et que du coup, j’essaie de maintenir toujours à 0 parce que c’est nettement moins inconfortable. Bref, je reprends rendez-vous pour le mois prochain.

Vendredi:

★ Je publie la photo du shooting d’Halloween que Chouchou a passé des heures à traiter, et Instagram ne daigne même pas la montrer au quart de mes abonnés. Franchement, c’est soûlant. Cette plateforme est en train de perdre tout intérêt à mes yeux.

Samedi:

★ Coup de fil surprise de mon beau-frère, qui me félicite pour notre mariage et en profite pour me donner des nouvelles de sa propre famille. Je suis ravie d’apprendre qu’elles sont excellentes: Darklulu est capitaine de son équipe et a des perspectives intéressantes pour l’an prochain; Attila a beaucoup joué dans les derniers matchs de championnat senior et poursuit tranquillement ses études; le litige qui opposait mon beau-frère à son ex-employeur vient de se résoudre de manière satisfaisante, et au bout d’un an dans son job de PDGère, ma soeur a fini par trouver ses marques même si elle fait toujours des horaires de malade. « Depuis le moment où tu as décroché, je t’ai plus parlé qu’à elle pendant toute la semaine », plaisante mon beau-frère. On papote trois quarts d’heure, et pour une fois, j’avoue que je kiffe le téléphone.

★ Solange a eu 96 ans hier. Elle est née 6 mois après la reine Elizabeth, et n’a donc plus longtemps à tenir pour battre sa longévité. Mais malgré son joli pyjama en pilou tout neuf, je la trouve beaucoup plus fatiguée que le mois dernier. J’espère qu’elle sera encore là à mon retour le mois prochain.

Dimanche:

★ Pour clôturer la semaine en beauté, notre vol Toulon-Charleroi a du retard. Flirtant avec l’heure de fermeture de l’aéroport de Hyères, on nous informe qu’au moment où l’embarquement ouvrira, nous aurons exactement 7 minutes pour monter tous à bord, sans quoi le vol devra être annulé. S’en suit un chaos innommable. Pour la peine, je prends un Témesta avec un soi-disant thé vert qui se révèle être un thé noir au citron. Quand ça veut pas…

★ La bonne nouvelle, c’est que nous arrivons malgré tout à temps pour attraper une des dernières navettes Flibco en direction de Bruxelles Midi. Une fois là-bas, nous devons marcher un petit quart d’heure à travers un quartier plutôt mal famé pour dénicher une Poppy qui nous conduira jusque chez nous. Arrivée vers 1h30 du matin. Je dors debout. Réveillez-moi quand on aura inventé la téléportation.

11 réflexions sur “La semaine en bref #250”

  1. mamzellecarneto

    Ah voilà LE billet que j’attendais, pour vous revoir en mariés avec ta couronne parfaite et vos jolies couleurs, et que tu nous racontes un peu…
    je me réjouis pour la réunion de copropriété, ca fait du bien quand ca se finit comme ça !

  2. Vive les mariés (c’était ça le « grand Projet » ? c’est ce que j’avais imaginé)
    c’est sympa de faire les réunions au bistrot. à Paris ça me paraît compliqué

  3. J’adore la photo qui illustre ce billet (mais j’ai eu un énorme coup de cœur aussi pour la photo d’Halloween !) Je suis ravie que vous ayez passé une si belle journée et que les fleurs de ta sœur soient arrivées jusqu’à toi <3 Et c'est vraiment chouette aussi pour la réunion de copropriété, j'ai l'impression que l'Univers était de ton côté cette semaine 😉 Je vous embrasse bien fort Chouchou et toi, merci de m'avoir donné le smile en ce jour anniversaire toujours un peu compliqué.

  4. J’attendais ton billet avec impatience. On peut dire que c’était une semaine particulièrement riches en émotions. Félicitations à tous les deux et longue vie amoureuse à vous.

  5. Vous êtes magnifiques sur cette photo, toutes mes félicitations !
    Quand je lis la partie du mardi, je me pose de sérieuses questions sur le fait de me lancer dans l’acquisition d’un appartement. Cela semble vraiment contraignant.

    1. Oui, c’est contraignant. Mais acheter une maison ou rester en location l’est aussi – juste de façons différentes.

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