[SUISSE] Où la France et la Belgique rencontrent Hong Kong autour d’une fondue

Mardi en début d’après-midi, nous avons pris l’avion jusqu’à Genève, puis un train jusque dans la petite commune des environs de Lausanne où notre amie Lady Pops habite avec son mari et ses enfants. Les circonstances ne nous avaient pas permis de revenir en Suisse depuis 5 ans, et après un voyage annulé en janvier, nous étions ravis de nous retrouver enfin là. La météo pour la semaine s’annonçait radieuse. Et égoïstement, je me réjouissais de n’avoir pour une fois eu à m’occuper de rien dans l’organisation de notre séjour: en effet, Chouchou s’était chargé de la coordination avec Lady Pops et les Shalbuline, qui nous avaient concocté un programme aux petits oignons (et autres pickles, mais j’y reviendrai plus tard).

Le soir, j’ai eu l’excellente idée de boire une tisane après le dîner. Résultat, je me suis relevée 7 fois pendant la nuit pour aller aux toilettes. J’ignore par quel tour de passe-passe 25cl d’infusion ont pu se métamorphoser en 3 litres d’urine, mais je me suis juré que je ne commettrais pas cette erreur deux fois. Mercredi matin, je me lève donc avec l’énergie d’une serpillère trop longtemps oubliée au fond du seau de Mr. Propre. Ce qui ne m’empêche pas de me jeter sur le super gâteau au chocolat de notre hôtesse pour le petit déjeuner (léger, pas trop sucré: un bonheur!), ni d’accepter une promenade dans les bois avec Chouchou et elle en milieu de matinée.

Je m’amuse bien à prendre les cascades en photo et à faire l’andouille devant les graffiti parfois surprenants qui surgissent au détour des fourrés. Par contre, clairement, les montées me paraissent beaucoup trop raides, surtout la dernière avant la redescente: je suis à deux doigts de me coucher sur le bas-côté en gémissant « Continuez sans moi ». Arrivé en haut, Chouchou profite d’une très belle vue sur le lac Léman pour faire voler son drone qu’il a peu d’occasions d’utiliser, mais suite à un cafouillage technique, l’enregistrement ne déclenche pas. Pendant ce temps, je m’extasie sur trois minuscules fraises sauvages qui poussent au milieu des fleurs des champs. Oui, je suis une citadine pur jus et il en faut peu pour m’émerveiller.

Le temps de repasser en coup de vent chez Lady Pops pour nous changer et récupérer son fils E qui vient de sortir de cours, nous voilà partis en bus jusqu’à Montreux où nous prenons un funiculaire qui monte en pente abrupte. Là encore, très belle vue, mais j’en profite assez peu car la cabine a été prise d’assaut par des écoliers d’une dizaine d’années apparemment lancés dans un concours pour déterminer qui peut crier le plus fort et de la voix la plus stridente. Par chance, le trajet est assez bref. Nous descendons dans la minuscule et pittoresque gare de Glion-Naye, où nous attendons le non moins minuscule et pittoresque tchou-tchou – officiellement, c’est un train, mais ça ressemble plutôt à tram – qui va nous haler jusqu’à Caux. C’est dans ce village situé à flanc de montagne, au coeur d’un paysage bucolique à souhait, que nous avons rendez-vous avec Karine du blog Hot Fondue Pot.

Karine et moi, on se suit sur internet depuis septembre 2018: l’époque où Chouchou et moi avons passé deux semaines à Hong Kong alors qu’elle-même venait de s’y installer avec son mari. Depuis, elle a fait de l’hypnose en distanciel avec Lady Pops et publié deux romans dont l’un, « Oublier Gabriel », se déroule en partie dans son Vevey natal, non loin d’ici. Elle profite d’un séjour dans sa famille pour faire ses premières séances de dédicaces en librairie: d’ailleurs, elle doit être à Neuchâtel en fin d’après-midi. Mais avant ça, elle a accepté de déjeuner avec nous au Coucou de Montreux. Avec une météo aussi splendide, j’imaginais qu’on mangerait en terrasse, mais on a quand même perdu plusieurs degrés depuis le bord du lac et finalement, je réclame plutôt une table à l’intérieur.

Pour notre premier repas dans un restaurant suisse depuis trop longtemps, le choix est vite fait: ce sera une fondue classique pour Chouchou, une fondue tomate pour moi qui suis curieuse et Karine qui adore ça – mais une salade pour Lady Pops et un burger pour E, qui vivent ici toute l’année et doivent commencer à être blasés de la fromagitude. J’aggrave mon cas en prenant les fameuses meringues double crème en dessert, mais pour citer une grande poétesse culinaire: « C’est pas lourd, c’est rafraîchissant » (© Funambuline). Tout en bavardant à bâtons rompus, j’admire les très beaux lustres de la salle à manger, qui doivent être à peine moins grands et légèrement plus lourds que moi, en me demandant si j’arriverais à en faucher un en repartant. Hélas! Le manque de volontaires pour détourner l’attention du personnel tue dans l’oeuf ma carrière naissante de criminelle de la déco.

Vers 15h, Karine doit se sauver, mais je crois que nous sommes tous ravis de cette improbable rencontre. Nous prenons le chemin du retour. Cette fois, joie: il n’y a presque personne dans le funiculaire, et nous pouvons nous mettre tout devant pour bien profiter de la redescente. Après avoir déposé E chez Lady Pops, nous nous dirigeons vers Vevey pour une balade dans son petit centre-ville si agréable. Il est seulement 17h, mais tous les magasins sont fermés. Les commerçants auraient-ils pris de l’avance sur le week-end férié qui commence demain? Ne pouvant même pas aller claquer des sommes délirantes à la librairie Payot, nous déambulons le long du lac en admirant les aménagements qui changent sa rive en « plage ». Après la traditionnelle photo devant la fourchette géante qui fait face à l’Alimentarium, nous nous installons au café littéraire pour boire une limonade maison. Puis nous rentrons dîner en famille chez les Pops. Ainsi s’achève cette très belle première journée en Suisse – mais demain devrait être pas mal du tout non plus!

3 réflexions sur “[SUISSE] Où la France et la Belgique rencontrent Hong Kong autour d’une fondue”

  1. Morgane de Suisse

    Coucou ! Effectivement, les veilles de jours fériés, les magasins ferment en général à 17h en Suisse. Ça me fait tout drôle de voir tes photos si proches de chez moi (j’habite à Aigle), haha !

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