« Nous, les enfants de l’archipel » (Astrid Lindgren/Kitty Crowther)

Pêcher, nager, bricoler, jouer ou rêver : les îles au large de Stockholm sont le lieu idéal pour toutes les aventures de l’été. C’est sur l’une de ces îles, Saltkråkan, que débarque la famille Melkerson, pour occuper une adorable vieille maison de vacances. Il y a le père, Melker, qui trouvera peut-être l’inspiration pour un prochain livre. La belle Malin, à qui les garçons font les yeux doux. Les intrépides Jonas et Niklas, prêts à toutes les audaces. Et le petit Pelle, qui adore les animaux et voudrait tellement en adopter un. Ça durera une journée, une saison ou une vie, qui sait ? Le temps qu’il faudra pour être heureux.

Quelle excellente idée a eue L’école des loisirs de publier ce roman jeunesse de 1964 dans une édition illustrée par Kitty Crowther! La couverture en dur et le semi-format en font un très bel objet qui trônera fièrement dans n’importe quelle bibliothèque; quant aux dessins aux crayons de couleur, ils se marient à merveille avec la joyeuse atmosphère du texte.

Si elle est essentiellement connue pour son personnage de Fifi Brindacier, Astrid Lindgren a laissé derrière elle une oeuvre foisonnante qui recèle bien d’autres petites merveilles. Dans « Nous, les enfants de l’archipel », elle plante son décor d’une manière si évocatrice qu’on peut presque sentir la chaleur du soleil sur la peau, humer le parfum des fleurs et entendre le bourdonnement des insectes. Son livre transporte instantanément le lecteur sur une île suédoise en proie à la langueur de l’été, pour y faire la connaissance de ses habitants tous plus pittoresques les uns que les autres.

Je suis globalement peu nostalgique du passé, mais difficile de ne pas envier ces enfants qui gambadent en toute liberté, sans jamais s’ennuyer malgré l’absence d’écrans ou de tout autre confort moderne. Saltkråkan apparaît comme une sorte de paradis tranquille où l’on aimerait bien passer des vacances en pure insouciance. On glousse face à l’immense ego et au sens de la répartie de Tjorven la batailleuse. On se laisse attendrir par l’amour de Pelle pour les animaux – tous les animaux, y compris les guêpes qu’il tente d’apprivoiser faute d’avoir un chien. On voudrait faire partie du club secret que Johan et Niklas fondent avec leurs intrépides voisines Teddy et Freddy. On plaint la pauvre Malin qui, même si l’expression « charge mentale » n’avait pas cours à l’époque, doit servir de Maman à ses trois petits frères ainsi qu’à son père écrivain, veuf et immature (le seul personnage qui m’a souvent agacée). On admire le bon sens et la placidité des îliens, et on aspire à faire partie de leur petite communauté l’espace de quelques semaines.

J’avoue avoir eu un peu de mal avec le texte: que ce soit par choix personnel ou pour respecter une consigne éditoriale, le traducteur a systématiquement employé le passé composé là où le passé simple eût été plus logique. De ce fait, la concordance des temps est parfois assez fantaisiste. Et j’ai perdu le compte du nombre d’anacoluthes relevées au fil de ma lecture. Mais c’est sans doute le genre de chose qui ne perturbera que moi (et éventuellement mes collègues). Hormis pour ce léger bémol, je n’ai que du bien à dire de « Nous, les enfants de l’archipel ». Je dirais même que si ça ne tenait qu’à moi, chaque famille en possèderait un exemplaire, et il ferait partie des romans doudous à relire régulièrement par petits et grands.

2 réflexions sur “« Nous, les enfants de l’archipel » (Astrid Lindgren/Kitty Crowther)”

  1. Oh, ça me rappelle beaucoup « Le merveilleux été » d’Elsa Nyblom qui date aussi du début des années 60. Je l’avais lu dans la bibliothèque Rouge&Or et j’en avais été enchantée quand j’étais petite…

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