[COPENHAGUE] Où tout est fermé sauf l’essentiel

 

Réveil un peu avant 8h. Contre toute attente, nous avons passé une nuit convenable, moi par terre sur les coussins du canapé et Chouchou seul dans le nuage à ressorts. Fin décembre à Copenhague, la nuit va tomber avant 16h et la température avec; donc, nous nous mettons en route dès 9h30 – ce qui est très tôt pour nous en vacances. Comme par ailleurs, la plupart des commerces danois sont fermés le 24 et le 25 décembre, et que cette année le 26 tombe un dimanche, nous avons l’intention de caser tout le shopping aujourd’hui. Mais avant ça, notre première halte sera pour le petit port de Nyhavn, où je paye de ma personne en ôtant courageusement ma parka afin que Chouchou puisse me photographier devant les façades colorées avec la mini-robe Son de Flor à carreaux qu’il adore. Par chance, il n’y a pas de vent qui me réduirait immédiatement à l’état de stalagmite dodue. 

Je suis quand même contente de m’engouffrer juste après dans le Magasin du Nord, équivalent scandinave du Printemps ou des Galeries Lafayette Haussmann. Autrement dit, la déco y est sobre et de bon goût – guirlandes de petites lumières + délicieux motifs rétro – et les Danois finissent très calmement leurs emplettes de Noël sans se bousculer nulle part. Montée au 3ème étage pour jeter un coup d’oeil à la papeterie, j’en redescends avec un bol à céréales aux illustrations ravissantes ainsi qu’une assiette en porcelaine Moomin. Oui, bon. Au rez-de-chaussée, je trouve l’écharpe rayée Beck Sondegaard repérée sur le site de la marque, et qui plaît aussi beaucoup à Chouchou. Au sous-sol, je mets un temps fou à choisir deux boîtes métalliques parmi les merveilles de la marque de thé Osterlandsk Thehus: celles que j’aime le plus contiennent tous des mélanges klaffis de réglisse, tandis les quelques variétés dont le goût devrait me plaire ont des motifs plutôt bof. La bonne nouvelle, c’est que les touristes bénéficient de 10% de réduction à la caisse sur simple présentation d’une pièce d’identité, youhou!

Nous tentons ensuite un passage à la féérique galerie du fleuriste Tage Andersen. Nous y avions réalisé de belles photos en 2008, et avions trouvé porte close en 2014 en arrivant trop tard un samedi après-midi. Ce n’est malheureusement pas cette fois que nous nous rattraperons: le propriétaire m’explique que depuis le début de la pandémie, il n’assure plus que son activité de vente de compositions florales. Autre déconvenue semi-attendue à la Rundetarn, qui possède apparemment le statut de musée bien qu’elle offre essentiellement un beau panorama depuis son sommet. Je me console en achetant un Moleskine Harry Potter à la grande librairie d’en face (c’est mon 4ème agenda 2022; si quelqu’un.e est intéressé.e par un Moleskine classique vert pâle ou par le Bando avec ses stickers colorés, qu’iel me fasse signe, je ne les utiliserai pas et les donne volontiers). J’en profite aussi pour fanfaronner au rayon des romans jeunesse anglais: « Tu vois, Chouchou, ça, c’est celui que je traduis en ce moment; ça, c’est ma prochaine parution chez EDLM, et j’espère bien que ça va tout tabasser… »


Quand nous ressortons, de gros flocons ont commencé à tomber sur la ville. Nous passons par la jolie place de Grabrodetorv, déserte à l’exception d’une femme solitaire assise sur un banc. C’est une drôle d’atmosphère, très différente de celle que nous avions expérimentée lors de nos deux séjours en septembre et hors pandémie. Mais je ne déteste pas. Le petit-déjeuner étant désormais loin, nous allons manger de délicieux burgers chez Paludan Bog & Café dont le cadre nous implore de l’utiliser pour prendre des photos – or, qui sommes-nous pour refuser quoi que ce soit à des étagères remplies de beaux vieux livres? C’est un lieu magnifique, un refuge fabuleux pour les étudiants ou les free lance en quête d’un endroit où bosser au chaud: un panneau à l’entrée indique qu’ils sont les bienvenus, hormis pour les quelques heures hebdomadaires de plus grosse affluence. J’aime beaucoup cet esprit. 

Nous longeons ensuite Stroget, la grande rue commerçante piétonne. Chez Uniqlo, je ne trouve pas le petit manteau convoité (enfin si, mais en version longue, qui m’arriverait aux mollets et me changerait en pingouin écarlate). Au flagstore Lego, Chouchou pousse des « Oh! » et des « Ah! » devant à peu près tout. On se serait bien posés au Living Room pour boire un mocktail, mais devinez quoi? Oui, c’est fermé pour cause d’Omicron. Tant pis. Un petit tour à la boutique du Hard Rock Café pour le magnet traditionnel, et on s’engouffre dans le métro au coin du Tivoli où on ne pourra pas mettre les pieds cette fois. Ici, le ticket coûte environ 3,50€ (glups), mais il donne droit à 1h15 de correspondances train de ville/métro/bus. Et tout est moderne, d’une propreté et d’une ponctualité impeccables, donc on paye sans rechigner. 

Nous repassons à l’appartement pour poser nos emplettes et goûter un des thés que je viens d’acheter (Chouchou l’adore, moi pas). La propriétaire, à qui nous avons envoyé un message pour lui demander où était le sèche-cheveux, nous répond qu’elle l’a emporté. C’est sympa de nous avoir prévenus; j’aurais pu prendre le mien au lieu de me retrouver dehors par des températures négatives avec des cheveux mouillés qui, tout seuls, mettent déjà 3 heures à sécher dans les meilleures conditions. J’aurai donc forcément une sale tronche sur les dernières photos du voyage – reste à déterminer si ce sera la faute d’un manque de shampoing ou d’un début de pneumonie. *musique à suspense*

Vers 17h, nous ressortons faire des courses. Il y a deux supermarchés à proximité de notre Air BnB: un Aldi et un truc bobo-bio appelé Irma. Bien entendu, j’opte pour le second. Résultat du passage en caisse: 100 balles pour 3 jours de bouffe, sans viande et sans alcool. Ah oui, quand même. Il est l’heure de rentrer pour de bon et de me friter avec des lectrices offusquées par l’expression « vieux mec blanc » à qui je n’ai pas la patience d’expliquer la notion d’arrogance systémique. (Evidemment que des gens de toutes les origines et de tous les âges commettent des incivilités. Mais ils n’y sont pas encouragés par un système qui a fait du Vieux Mec Blanc Cis Het quelqu’un qui pense avoir tous les droits, essentiellement parce qu’on les lui donne. Merci, bonsoir.) Demain, la température baisse encore mais les chutes de neige devraient être plus importantes; j’espère que ça tiendra un peu et qu’on pourra en tirer de chouettes photos!

6 réflexions sur “[COPENHAGUE] Où tout est fermé sauf l’essentiel”

  1. Bonjour,

    merci pour votre reportage, ça donne envie d'aller là-bas malgré la pandémie.
    Puis-je profiter de votre gentille offre d'un de vos agendas ? (J'ai honteusement proscratiné pour cet achat cette année)
    Joyeux Noël à vous !

  2. @Françoise: Bien sûr! Organisons-nous par mail. Vous me contactez à l’adresse du blog (colonne de droite)?

  3. La photo assise dans la bibliothèque est superbe, j'aime énormément l'atmosphère intime qui s'en dégage, genre tableau de peintre flamand !!

  4. Ca donne envie d'aller faire trois petits tours à Copenhague, cette place, ce froid, ces couleurs… J'aime beaucoup la photo où vous étudiez le rayonnage, on dirait la bibli de Poudlard. Madame Pince risque d'arriver à tout moment !
    Puis-je renchérir sur le premier commentaire et oser m'enquérir du second agenda ? Merci beaucoup de les proposer !

    Ps : HYPER curieuse de cette trad pour EDLM…

  5. @Pimprenelle: Le Bando est toujours disponible. Me contacter à l'adresse mail du blog pour qu'on s'arrange: leroseetlenoir@hotmail.com
    @Lylou: Oui, vous avez raison, c'est toujours une chance de voyager même en cette période où tout est dix fois plus compliqué que d'habitude!

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