[COPENHAGUE] Où je tombe amoureuse d’un autre beau barbu au milieu de nulle part

 

J’ai passé une mauvaise nuit, réveillée à 4h du matin par deux angoisses emmêlées: le potentiel coup de fil à ma mère et la retraite créative chez Parenthèse. A 6h du matin, je me suis décidée à prendre un Témesta; du coup j’ai dormi jusqu’à 10h45. Aussi, il est presque 13h quand nous prenons le métro direction Nordhavn, un quartier absolument pas touristique puisqu’il s’agit d’une zone industrielle portuaire. 

En ce jour de Noël et par une température négative, l’endroit est d’un calme saisissant, presque irréel. Nous longeons des tours de containers, des champs de grues, des terrains vagues marécageux sans autre bruit que le léger craquement de la neige sous nos pieds. Notre GPS annonçait 23 minutes de marche depuis le terminus de la ligne 4; en réalité, faute de signalisation et de chemins officiels, nous tournons une bonne heure autour de notre objectif. De temps en temps, nous croisons d’autres promeneurs: deux dames d’un certain âge qui promènent leur chien, un couple emmitouflé, quelques jeunes sortant d’une salle de sport. Un troll en bois qui tire un bateau? Non, ça ne leur dit rien. Le découragement commence à nous gagner lorsque, enfin, nous tombons sur une famille qui voit très bien de quoi nous parlons. « Vous n’êtes plus très loin. Continuez tout droit, tournez à droite après les maisons blanches, et vous le verrez. » 

Ayant découvert l’unique et très modeste panneau qui indique la présence de Kaptajn Nalle, nous devons encore parcourir plusieurs centaines de mètres sur un sol inégal et verglacé en priant pour ne pas nous casser une jambe loin de tout. Et puis, l’émerveillement face à cette créature magnifique posée au milieu de nulle part. Puissance et poésie irradient d’elle en égale mesure. Je suis fascinée par sa barbe de branches mortes, son regard aveugle, son nez majestueux, ses oreilles hardies, sa posture d’effort éternel et tranquille. Ca valait vraiment le coup de venir jusqu’ici. 

Le jour baisse déjà quand nous regagnons le métro. Au lieu de tenter une autre séance photo forcément insignifiante après ça, nous filons vers le centre-ville. Le Paludan Bog & Café que nous avions tant apprécié avant-hier est l’un des rares endroits ouverts aujourd’hui (nous avons vérifié par téléphone ce matin). Nous nous installons à une petite table près de l’escalier pour faire un déjeuner très tardif et glander au chaud en surfant sur nos iPad. La nuit tombe au-dehors, tout est calme au-dedans. Bien que ma famille me manque, je n’échangerais cette journée de Noël un peu spéciale contre aucune autre. 

1 réflexion sur “[COPENHAGUE] Où je tombe amoureuse d’un autre beau barbu au milieu de nulle part”

  1. Merry Christmas! Best wishes to you both 🙂

    Je suis ravie de suivre ton voyage ici, les photos sont magnifiques et je trouve que c'est une très bonne idée de partir en vacances à Noël.

    Est-ce que tu pourrais juste envoyer une carte postale ou un texto à ta maman? Si ça peut te simplifier la vie, je vote pour 🙂

    Bises! A bientôt

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