« Emily in Paris » mérite-t-elle son bad buzz?

 

Comme j’adorais « Sex and the city », j’ai eu envie de tester la nouvelle série de Darren Star, « Emily in Paris ». Le premier épisode ne m’a pas emballée: je n’y retrouvais pas le mordant de la série précédente, et globalement, le gentillet superficiel, c’est pas mon créneau. J’ai donc décidé de ne pas poursuivre. 

Dans les jours qui ont suivi, une avalanche de critiques négatives a déferlé sur les réseaux sociaux. Les détracteurs d' »Emily » s’amusaient à lister tous les points sur lesquels le Paris de la série divergeait du vrai. Ce que j’ai trouvé parfaitement inepte: Darren Star n’avait pas annoncé un documentaire sociologique, mais bien une comédie romantique. Bien sûr qu’il s’était arrangé avec la réalité! Un peu comme Stanley Donen dans « Funny face » ou Jean-Pierre Jeunet dans « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain »: montrer des rues engorgées par la circulation, des stations de métro crasseuses ou des SDF en train de dormir sous des portes cochères n’aurait pas précisément aidé à créer l’atmosphère recherchée. 

Du coup, par pur esprit de contradiction, j’ai repris la série – et je l’ai dévorée en deux jours, ce qui est très rare chez moi. Est-ce que j’ai eu un énorme coup de coeur? Non. « Emily in Paris » va-t-elle prendre la place de « Veronica Mars » ou de « Bron/Broen » dans mon Top 10 de tous les temps? Non plus. Est-ce que je vais compter les jours jusqu’à la diffusion de la saison 2? Même pas. Mais est-ce que j’ai passé un bon moment à la regarder? Oui, définitivement. 

Certes, le Paris que montre Darren Star est un pur fantasme américain. Mais le clash des cultures est assez bien observé, et retranscrit d’une manière que j’ai souvent trouvée très drôle. La pétillante héroïne qui m’avait d’abord agacée par son acharnement à se faire apprécier de tous (probablement une ENFP, mon contraire absolu!) a fini par m’attendrir avec sa bonne humeur infaillible, son enthousiasme sans bornes pour son boulot et sa capacité à rebondir perpétuellement. J’adore sa relation avec sa boss qui ne la supporte pas et ne sait plus quoi faire pour se débarrasser d’elle, et sa meilleure amie qui a fui Shangaï et sa famille richissime pour devenir nounou dans la ville de ses rêves. Que l’on parle du personnage ou de la série dans son ensemble, on peut  trouver Emily horripilante de naïveté; en cette période morose qui semble ne jamais devoir finir, je l’ai surtout perçue comme une bouffée d’air frais très bienvenue. 

8 réflexions sur “« Emily in Paris » mérite-t-elle son bad buzz?”

  1. @Brigitte: C'est l'un des 16 types de personnalités définis par le test psychologique de Myers-Briggs.

  2. J'hésite trop à regarder la série tant effectivement les critiques sont très moqueuses.
    Allez, je vais tenter un ou deux épisodes car tu as raison, en cette période pas vraiment gaie, ça me fera peut-être du bien de la légèreté.
    Merci pour ton article
    Sophie

  3. Je ne suis pas chauvine mais apparemment, en tout cas c'est ce que j'ai lu dans les critiques, les français passent pour des sales cons crados et obsédés(ahah que c'est subtil et original) et les américains sont super sympas et cools (sauf qu'ils ont le pire président de la Terre doncc faut pas trop qu'ils la ramènent), donc, ça va m'agacer cette xénophobie sans compllexes, je passe mon tour (en plus j'aime pas trop les comédies romantiques).

  4. Rien à voir avec votre texte ; en écoutant le texte de Constance ce soir sur France Inter dans l'émission Par Jupiter j'ai pensé à vous, qu'il vous plairait, vous amuserait. J'espère vous avoir donné envie.

  5. dans le même style (et du même scénariste), je regarde younger, ça change aussi les idées et c'est déjà bien..

  6. Bonjour,

    Au départ, je n'étais absolument intéressée par cette série et ne pensais pas du tout la regarder mais à force d'en entendre parler en mal, je me suis laissée tenter (bonjour, l'esprit de contradiction !). J'avoue que j'ai apprécié cette série comme un petit plaisir coupable.

    Et finalement, j'ai regardé tous les épisodes. Oui, effectivement, ce n'est pas fidèle à la réalité, ce n'est pas du tout la vie que j'avais lorsque j'étais salariée à Paris (mais je ne suis pas sûre d'avoir envie de voir des gens entassés dans les rames du métro de la ligne 13), mais j'ai passé un bon moment de divertissement. Et parfois, cela fait du bien !
    Contrairement à d'autres séries, je n'attends pas avec impatience la saison à venir (pas comme This is us, par exemple) mais il y a de fortes chances que je la regarde lorsqu'elle sera disponible.

  7. Bah moi, je suis au 9ème épisode et je la trouve quand même bien mauvaise cette série et je ne suis pas française. J'y ai appris l'existence de l'"atelier des lumières", c'est déjà ça.

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