« Age tendre » (Clémentine Beauvais)

Dans un futur proche où la France est dirigée par une présidente et où seules les voitures de collection fonctionnent encore à l’essence, Valentin Lemonnier doit effectuer le service civil de 10 mois obligatoire entre la fin du collège et l’entrée au lycée. Mais le logiciel d’attribution des postes n’a pas du tout respecté ses voeux, et le jeune Albigeois neuroatypique est envoyé dans le Pas-de-Calais pour prendre soin de vieillards atteints de la maladie d’Alzheimer. 
C’est déçu et angoissé qu’il débarque dans une unité Mnémosyne visant à replonger les patients dans l’âge d’or de leur vie. Affecté à l’unité des années 60-70, il s’invente afin de mieux s’intégrer une passion pour Françoise Hardy qui ne tarde pas à lui attirer bien des problèmes…

Chaque fois que je crois que Clémentine Beauvais a atteint le sommet de son art, son nouveau roman me prouve à quel point j’avais tort. « Brexit romance » était un enchantement qui me semblait difficile à surpasser – mais je viens de dévorer « Age tendre » en une journée où je n’avais pas que ça à faire, et je suis encore plus charmée. Je voudrais le prescrire comme un élixir miraculeux à tous les gens qui dépriment ou se sentent grognons, pour qu’eux aussi se plongent dans ce long journal de stage et en ressortent le coeur gonflé de tendresse et les yeux humides d’émotion. 
Valentin est un héros terriblement juste et attachant, qui au fil des mois s’ouvre d’une façon merveilleuse. L’autrice a si bien su retranscrire ses angoisses et sa manière particulière de réfléchir qu’on n’a jamais l’impression d’être dans la tête d’un personnage de fiction, mais plutôt d’un adolescent réel.  Et si on s’amuse souvent de ses réflexions naïves ou décalées, pas une seconde on n’a envie de se moquer de lui: juste d’encourager et d’applaudir sa métamorphose. 
J’ai adoré la belle relation qui s’établit entre lui et sa tutrice, la docteure Sola Perré dont les confidences vont l’amener à voir sa situation familiale sous un autre angle, et surtout la façon hilarante dont, à la fin de son stage, il revient sur ses propres notes avec toute la maturité acquise pendant 10 mois. Oh, et puis la façon dont Clémentine Beauvais décrit le Pas-de-Calais donne envie de s’y précipiter pour visiter l’aquarium Nausicaa, contempler la vue du haut des falaises de Boulogne-sur-Mer ou flâner dans les petites rues de Wimereux. Franchement, je n’ai pas de superlatifs assez élogieux pour vous conseiller de lire ce roman magique au plus vite. 

4 réflexions sur “« Age tendre » (Clémentine Beauvais)”

  1. Ça a l'air vraiment génial ! J'ai vraiment besoin de ce genre de lectures. Merci de toujours dénicher les pépites 🙂

  2. Bon, je le commence alors ! Surtout que je sors de "Dix Jours avant la fin du monde", qui m'a mise dans un état de survivalisme terrible, à chercher où est mon couteau de poche pour l'avoir toujours dans mon sac (n'importe quoi).

    @mamzellecarneto

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