La surprise du jour

Dans la bande de potes écrivains, traducteurs ou lecteurs assidus que je retrouve pour foutre le dawa manger un bout ensemble dans un resto italien ou une crêperie lors des grands salons et festivals de fantasy et de SF, il y a un grand garçon un peu taciturne qui s’appelle Karim. Etant donnée la taille de nos tablées, ainsi que le débit et le volume sonore auxquels s’expriment certains d’entre nous pendant le repas (Anne, Jeanne, moi-même, c’est de vous que je cause…), nous n’avons pas encore vraiment eu l’occasion de discuter ensemble. En fait, tout ce que je savais de lui jusqu’à ce matin, c’est qu’il avait écrit une novella passablement loufoque appelée « La porte » que j’ai lue pendant les vacances de Noël l’an dernier, et qu’il m’avait très gentiment autorisée à lui piquer une photo de copine Anne pour illustrer le post que je lui ai consacré après les Utopiales.

Et puis soudain, cette vidéo des Ludwig von 88 relayée par Daelf sur Facebook:

Là, sur scène, derrière le micro: Karim. Avec des cheveux et sans lunettes. Mais sinon, le même que je trouve toujours si timide et réservé, limite un peu ours.

Hier encore, j’écoutais « Houlala II, la Mission » en repensant avec une pointe de nostalgie à l’été de mes 17 ans. Les vacances à la Rochelle avec les frères Z., ma première (et dernière) expérience de voile, la découverte que j’étais abominablement sujette au mal de mer, quinze jours passés à vomir par-dessus le bastingage dans la journée et, le soir, à éviter les tentatives de drague de David tout en essayant de me rapprocher d’Olivier. Mais aussi les délicieuses crêpes de Noirmoutier, l’unique Guinness de ma vie dans un pub où les autres ont piqué un verre à irish coffee, les joints fumés le soir en déambulant dans les rues pavées de ce port breton dont j’ai oublié le nom, le sublime kouign aman de la boulangerie de Pornic… et les chansons des Ludwig qu’en pleine nuit, on braillait à tue-tête dans le carré au risque de réveiller les occupants de tous les autres bateaux. Cet album, vingt ans plus tard, je le connais encore par coeur. Je m’amuse même à faire les voix sur l’intro.
– Charles-Henri, comme ce lion a de grandes dents!
– N’ayez crainte Ophélie, n’ayez craaaaaaaAAAAAH!

Parfois la vie réserve de jolies coïncidences.

Note à moi-même: la prochaine fois que je verrai Karim, tenter de conserver un minimum de dignité. Ne surtout pas me mettre à claironner « Pinponpinponpin, pinponpinponpin, Oui-Oui’s not deaaaad » comme une pauvre fan de base.

3 réflexions sur “La surprise du jour”

  1. Mh.
    Et quand serait cette prochaine fois ? Aux Imaginales par exemple ?

    (ça va, tu t'en remets ? ^^)

  2. (non)

    La prochaine fois, ce sera sans doute au Salon du Livre. Qui, en 2010, tombe le jour de mon anniversaire.

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