La justice immanente selon Carré d’Artistes

Jeudi dernier. Il fait un temps splendide à Paris, et je commence ma journée de shopping dans le Marais où j’étais juste censée dessiner les jolies petites rues et les façades originales, ha ha ha. Après être restée sourde aux appels d’une paire de babies Chies Mihara en nubuck rouge avec une petite guirlande de fleurs sur le côté vendues chez Garrice, je suis en train de remonter la rue Vieille-du-Temple quand j’aperçois un magasin Carré d’Artistes. Amatrice du concept et fidèle de la toute première boutique d’Aix-en-Provence depuis son ouverture il y a dix ans, je ne résiste pas au plaisir de rentrer pour jeter un coup d’oeil.
Plusieurs des peintres exposés éveillent mon intérêt, mais c’est la plasticienne Cathy Mouis qui le retient finalement. Je possède déjà un assez grand tableau d’elle représentant deux chats en papier mâché; intitulé « Caramel et Chocolat », il trône fièrement à l’abri de la bibliothèque de Monpatelin. Son petit frère me fait de l’oeil, et je me dis que dans un cadre blanc, il rendrait fort bien sur le mur marron de notre salon bruxellois.

Je m’en saisis donc et passe à la caisse, où je bavarde un peu avec la charmante vendeuse. Je lui narre mon bref entretien avec Haricot Vert Prétentieux, concluant avec indignation qu’elle aurait pu lui faire un procès pour plagiat de concept commercial. Elle me répond que ça n’en valait pas la peine et, avec un sourire en coin, m’apprend que le propriétaire de Dérapages l’a contactée il y a quelques mois en se plaignant que ça ne marchait pas et en demandant si par hasard, Carré d’Artistes ne voudrait pas lui racheter son affaire. Comme quoi, la justice immanente n’est pas toujours un concept fumeux.

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