Intentional in October 2026

Le mois d’octobre a été compliqué psychologiquement. Quoi que sortie de ma dépression estivale, je suis toujours à l’ouest. Au lieu de lire ou de faire du sport, je profite de la moindre minute libre pour écouter de la musique et/ou dissocier. Rien n’avance, hormis pour mon boulot (et encore, c’est poussif). Je ne suis plus du tout certaine de ce que je veux, et je remets en cause beaucoup d’aspects fondamentaux de ma vie. C’est assez épuisant.

Par exemple, jusqu’ici, j’ai toujours consacré l’essentiel de mes ressources aux voyages, mon objectif numéro un depuis que je gagne correctement ma vie. Mais d’une part, je les trouve de plus en plus fatigants et stressants, d’autre part, je ne suis plus certaine de pouvoir encore en assumer encore le coût financier et écologique. Il reste quelques destinations lointaines que j’espérais visiter un jour (le Vietnam, le Canada, le Costa Rica), plus celles où j’ai très envie de retourner (le Japon, Singapour), et je tente de me faire à l’idée que ça n’arrivera peut-être pas. Mine de rien, ce serait un changement de paradigme assez radical, tant j’ai organisé toute mon existence d’adulte autour de mon envie de voir le monde. Un deuil de plus à faire à un moment de ma vie où je perds davantage de choses que je n’en gagne.

Dans les gains, tout de même: ma santé et ma forme qui continuent à s’améliorer au fur et à mesure que mon poids baisse, la musique qui n’avait pas eu une telle place dans ma vie depuis plus de 30 ans et qui m’apporte beaucoup d’énergie, les liens très délibérément renoués avec mes amis de jeunesse – j’ai prévu d’en voir plusieurs la prochaine fois que je serai en région toulonnaise, et en attendant, on reste en contact sur Facebook/Messenger. Je suis très reconnaissante pour ça.

Comme Chouchou et moi devions partir en Ecosse et que je ne voulais pas trimballer mon gros carnet 365 là-bas, j’ai préalablement rempli deux pages par jour pendant dix jours – et la qualité du résultat s’en est un peu ressentie. Il y a quand même quelques dessins que j’aime beaucoup, comme le portrait de Sadie Sink (si vous ne l’aviez pas reconnue, je ne suis pas vexée). Matériaux les plus utilisés ce mois-ci: mes Neocolor et un bête feutre noir. Je ne serai pas fâchée de voir le bout de ce projet, mais je suis fière d’avoir réussi à le tenir tout au long d’une année pas simple pour moi.

Après huit premiers mois très sages au niveau budget, je me suis lâchée en septembre et en octobre, un peu parce que j’avais besoin de vêtements à ma nouvelle taille, un peu à cause du contrecoup de la dépression et de l’envie de me faire plaisir facilement, un peu à cause des gros prélèvements de fin d’année que j’avais mal anticipés, un peu enfin à cause des vacances. Résultat, je ne vais pas atteindre mon objectif d’épargne pour 2026, et je m’en veux pour ça. Je ferai mieux en 2027 – pour laquelle mon planning de boulot est a priori déjà plein, Dieu merci. J’ai vraiment très, très peur du jour où le boulot va se tarir dans ma branche; je ne me vois pas du tout me reconvertir à mon âge et avec toutes les limitations imposées par mon autisme.

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