[GLASGOW] Où le biographe d’Agatha Christie mériterait qu’on lui érige une statue (et qu’on la coiffe d’un cône de signalisation)

Mercredi vers 9h20, nous disons adieu à notre jolie chambre de la guesthouse Queen Charlotte et marchons jusqu’à un locker Bounce situé au bout de Princes Street. Là, nous déposons notre nouvelle grosse valise noire, dans laquelle j’ai rangé notre vieille petite valise turquoise et tout un tas de choses dont nous n’aurons pas besoin jusqu’à vendredi soir. Nous nous rendons ensuite à la gare de Waverley, où nous achetons deux allers simples pour Glasgow à un distributeur, de quoi grignoter pendant le voyage, ainsi qu’un court roman dans un W.H. Smith qui, miraculeusement, vend encore des livres.

Peu après 11h, nous descendons à la gare de Queen Street située à 800 mètres de notre hôtel. J’ai fait mes réservations il y a assez longtemps pour être surprise de tomber sur un bâtiment Art Déco très stylé, mais où les chambres sont minuscules: nous avons été upgradés, et si nous avons 15 mètres carrés salle de bain incluse, c’est le bout du monde. Pas de bureau, mais il y a au rez-de-chaussée un très beau salon où nous pourrons nous poser ce soir avec nos ordinateurs.

Nous ressortons et allons déjeuner au Blue Lagoon, un restaurant de fish & chips croisé en venant de la gare et dont la déco façon bateau pirate nous a interpelés. Nous attendons nos plats une demi-heure dans une salle pourtant presque vide, et quand ils finissent par arriver, ils sont corrects sans plus. Je laisse d’ailleurs la moitié du mien: j’ai perdu l’habitude de manger le midi, et je n’ai pas spécialement envie de la reprendre.

Nous traînons vaguement dans Buchanan Street, avec toujours la même constatation: les rues commerçantes se ressemblent désormais toutes dans les grandes villes occidentales. Ca et là, comme à Edimbourg, nous apercevons des cônes de signalisation juchés sur des statues, sauf qu’ici, ça semble une manoeuvre marketing délibérée plutôt que le fait de types bourrés (et néanmoins encore capables d’escalader du mobilier urbain sans finir à l’hôpital).

Visite du Goma, le musée d’art moderne local. L’ascenseur est en panne – c’est bien, il faut brûler le demi-poisson pané de ce midi. Nous commençons par le 4ème et dernier étage avec sa thématique « Domestic Bliss » et continuons avec le 3ème, « Still Glasgow ». Au 2ème sont présentées les acquisitions récentes du musée; au 1er, il y a une oeuvre vidéo de 49 minutes que je n’aurai jamais la patience de regarder. Dans l’ensemble, nous aimons la variété des oeuvres – beaucoup de photos, et dans le reste, rien de trop tiré par les cheveux. Et puis, je suis toujours ravie de tomber au débotté sur un Grayson Perry.

Nous passons dans une librairie au nom rigolo de Bigglestones, avec un mur entier où les livres sont classés par couleur de couverture. Pas évident de s’y retrouver, mais sur l’étagère jaune, je suis irrésistiblement attirée par un roman intitulé « Dandelion is dead ». Je fais tourner le commerce indépendant et c’est ma joie. Je demande à la vendeuse si elle a une autre librairie sympa à me recommander: elle nous envoie chez Chapter One, qui fait de l’occasion pour financer diverses oeuvres caritatives.

Après ça, comme l’heure tourne, nous décidons de prendre le bus 2 pour nous rendre à la Mitchell Library située à 40 mn de marche et qui ferme assez tôt aujourd’hui. Malheureusement, nous nous trompons de sens, et nous ne nous en apercevons qu’une fois rendus à l’opposé total de la ville. Plutôt que de renoncer, nous appelons un Uber pour rattraper le coup. L’expo Agatha Christie que nous venions voir est toute petite en termes de surface, mais très riche en termes de densité. Alors que nous connaissons tous deux assez bien l’autrice, nous apprenons plein de choses – notamment qu’elle avait une écriture digne d’un médecin généraliste sous amphétamines.

Nous rebroussons chemin vers notre hôtel en essayant d’abord un Tesco, puis un Sainsbury qui ne daignent ni l’un ni l’autre nous vendre de thé vert, même très mauvais. Nous y achetons néanmoins de quoi pique-niquer dans notre chambre avant de descendre bosser dans le salon du rez-de-chaussée.

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