[EDIMBOURG] Où je tombe dans une embuscade 60’s à carreaux rouges et bleu marine

Vers 10h, nous quittons la guesthouse pour nous diriger vers Old Town. L’ascension du Mound, que j’ai toujours trouvée pénible, passe cette fois comme une lettre à la Poste. Premières photos au New College, puis on prend le Royal Mile par le haut et on le descend en scrutant tous les closes pour voir s’il y a moyen d’en tirer quelque chose. Une brève halte au Rock Shop me voit ressortir avec un sweat tout doux en S – je rentrais à peine dans le L les fois précédentes; franchement, j’hallucine. Plus bas, dans une bijouterie celtique, je me laisse tenter par un pendentif en onyx et en argent qui va très bien avec la robe que je porte aujourd’hui. Nous finissons au White Horse Close, le plus joli de tous. (A l’origine, nous voulions shooter dans l’abbaye d’Holyrood, mais nous venons juste de nous apercevoir qu’elle est fermée au public jusqu’à jeudi… Tant pis!)

Nous venons juste de prendre nos dernières photos, et je suis en train de discuter avec une charmante vieille dame sortie sur le pas de sa porte, quand le ciel d’un bleu éclatant jusque là s’ouvre sans crier gare. En deux minutes, nous sommes trempés. Nous nous réfugions au salon de thé Clarinda’s, une institution locale que nous n’avions pourtant jamais testée jusque là. Musique classique de rigueur (« La pie voleuse » de Rossini à notre arrivée) et ambiance vintage maximaliste pour les 8 tables serrées les unes contre les autres, que nous ne sommes pas les seuls à convoiter. Un peu de patience nous permet néanmoins de nous installer à celle du fond. Comme il n’est que 11h30, nous commandons du thé et des gâteaux en attendant le début du service de midi. Puis un BLT et un ploughman’s lunch que nous partageons. Nous repartons rassasiés et ravis sous le soleil réapparu entre-temps.

Nous remontons le Royal Mile à pied, et de nouveau, je m’étonne de ne pas être essoufflée du tout. Notre arrêt suivant est le célèbre point de vue de la Venelle, déjà shooté au printemps, en été et en hiver – il nous manquait une photo en automne! L’escalier est encore plus pris d’assaut que d’habitude; nous devons déployer des trésors de patience et de ruse pour obtenir les clichés convoités (en pariant que la fonction « Pouf Muggles » de LightRoom fera le reste).

Nous marchons ensuite vers le cimetière de Greyfriars, autre lieu où nous avons nos habitudes. En chemin, je propose à Chouchou une halte rapide chez W. Armstrong & Son, très belle friperie où nous lui avions acheté un Perfecto il y a quelques années. Je me dis qu’on en tirera sans doute quelques photos sympas. N’achetant quasiment jamais de vêtements d’occasion, je me sens à l’abri du craquage. Grosse erreur: un manteau 60’s à carreaux rouge et bleu marine hurle littéralement mon nom. Je l’essaye en me disant qu’il ne va pas m’aller et que comme ça, je n’aurai aucun regret – bien entendu, il me va comme un gant. Bon, ben c’est acté: il me faudra une autre valise pour le retour.

Dans Greyfriars, les gens s’arrêtent pour me complimenter sur ma robe en français ou en anglais. C’est gentil, mais en vrai, mon ourlet traîne dans la boue, je me caille sévère et je voudrais juste finir les photos.

Le meilleur endroit pour acheter une valise pas trop ruineuse semble être le Primark de Princes Street. De fait, j’y trouve mon bonheur pour un prix très raisonnable. Si je veux, il y aura même la place de caser la fameuse hache double. Nous repassons à la guesthouse pour la déposer, et j’en profite pour me changer. Alors que nous nous apprêtons à ressortir pour nous rendre au musée national d’Ecosse puis au bar Frankenstein, le ciel se couvre brusquement et il se met à pleuvoir très fort pour les 45 prochaines minutes, selon l’app météo. Nous battons en retraite à l’intérieur.

Vers 15h50, nous ressortons pour faire l’ouverture de Panda & Sons, un speakeasy que j’aime beaucoup mais que j’ai dû fuir à cause du bruit la dernière fois que nous y sommes allés. Cette fois, il y a peu de monde en ce milieu d’après-midi, et nous pouvons passer une heure et demie agréable devant un cocktail + un highball pour moi, et deux mocktails pour Chouchou qui ne boit pas d’alcool. La carte est toujours intéressante et originale; je déplore cependant que la présentation des boissons ne soit plus aussi recherchée que les premiers temps où les verres étaient hautement instagramables.

Ce soir encore, c’est pique-nique dans la chambre d’hôtel pour ne pas prendre trop de retard dans le blogging et le traitement de nos centaines de photos. Je dois en outre refaire les bagages en vue de notre départ pour Glasgow demain matin.

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