[EDIMBOURG] Où je pourchasse les écureuils dans les cimetières et les magasins

En ce lundi matin, nous émergeons relativement tôt et quittons la guesthouse vers 9h. Nous descendons jusqu’à Princes Street pour prendre le bus 43 qui, moyennant un ticket à £2.40 par personne (acheté au préalable sur l’app et activé juste avant de monter à bord), nous conduit en une grosse demi-heure jusqu’à South Queensferry. Le ciel est plombé aujourd’hui, et la grand-rue bordée de maisons pittoresques est en travaux depuis deux semaines. Résultat, pas de jolie perspective à photographier, mais pas non plus de voitures et très peu de touristes. Je prends (non que quiconque m’ait demandé mon avis).

Nous commençons par nous avancer sur la jetée depuis laquelle on a un beau point de vue sur les trois ponts construits chacun à un siècle différent pour gérer le traffic de plus en plus important à travers le Firth of Forth. Pendant que Chouchou mitraille le paysage, je m’amuse à lire les plaques commémoratives sur les bancs et à ramasser des coquillages sur la plage.

Nous longeons ensuite la High Street en direction de l’extrémité du pont ferroviaire en acier rouge. Au passage, je tente d’approcher les corneilles perchées sur la rambarde – ça change des mouettes, et elles ne sont pas guère plus farouches.

Il commence à pleuvoir et nous n’avons pas petit-déjeuné, mais le Railbridge Bar & Bistro sert des full scottish breakfast jusqu’à midi. Nous nous attablons dans une grande salle hype chaleureuse, où un barbu roux qui ne fait pas mal aux yeux officie derrière le comptoir et où une serveuse blonde qui roule délicieusement les r veille à ce que nous ne mourions pas de faim. Je craque pour la chanson qui passe à la radio: Shazam m’informe qu’il s’agit de « This is the life » d’Amy McDonald. Dehors, il fait gris et froid; dedans, on est si bien qu’on se demande pourquoi on n’habite toujours pas dans ce pays, bordel.

Nous rebroussons chemin en marquant un arrêt dans une boutique de déco (Gifts by Emily Henderson) où je discute un peu avec l’adorable propriétaire. Puis nous reprenons le 43 en sens inverse et descendons à Dean Bridge sous une pluie intermittente. Comme toujours, les points de vue sont pris d’assaut par les influenceuses in the wild, mais le mauvais temps a quand même assez bien éclairci leurs rangs. Nous poussons jusqu’au cimetière, où nous sommes quasiment seuls avec les écureuils gris qui gambadent parmi les sublimes croix celtiques.

Après ça, nous regagnons Princes Street à pied. Il est à peine 14h30, mais nous sommes crevés tous les deux. Nous tentons notre chance au café du Waterstones: il est encore plus pris d’assaut qu’hier. Après avoir un peu tourné dans les rues voisines, nous atterrissons dans une boutique de thé appelée Bird & Blend, avec un comptoir de dégustation et deux petites tables dans le fond. Je commande deux strawberry lemonade ice teas et je reçois… deux boissons chaudes à l’hibiscus. Gni? Flemme de réclamer – je me contente d’exprimer gentiment ma surprise en passant à la caisse, et après qu’on a éclairci le snafu, le vendeur à la voix tonitruante ne me fait pas payer les boissons, juste la boîte de matcha que j’ai prise en plus pour emporter.

Un petit tour chez Seasalt Cornwall où j’essaie deux pulls qui grattent (et que j’abandonne donc sur place), puis chez Anthropologie où je me montre extrêmement raisonnable, et enfin chez Fatface où je déniche un adorable pull de saison style Fair Isle orné d’écureuils. Nous sommes fatigués et j’aimerais passer la soirée tranquille à la guesthouse; nous achetons donc des trucs pour pique-niquer dans la chambre en écoulant le backlog de blogging et de traitement photo.

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