[EDIMBOURG] Où mes bonnes intentions se heurtent à la fourberie des libraires du cru

A cause du vent qui soufflait très fort, nous avons peu et mal dormi tous les deux. La mise en route est de ce fait un peu laborieuse. Lestés d’un mauvais thé vert M&S et de deux shortbreads chacun, nous allons faire notre checkout vers 9h45 et confions nos bagages à la réception avant de parcourir quelques centaines de mètres jusqu’au premier musée de la journée. Il fait beau ce matin; les fortes rafales ont dégagé le ciel, et aucune pluie n’est prévue pour la journée. Le vent donne un peu froid et m’oblige rapidement à attacher mes cheveux pour ne pas me retrouver avec l’équivalent d’un virevoltant sur la tête, mais ça reste très gérable.

La National Gallery of Portrait est un de nos musées préférés à Edimbourg, et l’entrée étant gratuite (comme dans tous les musées nationaux en Ecosse), nous y passons systématiquement à chacun de nos séjours. C’est le dernier jour de l’expo temporaire de Wendy McMurdo, une photographe du coin qui a travaillé sur le rapport des enfants aux ordinateurs. Nous faisons également un tour dans l’expo permanente de portraits, où beaucoup de pièces ont changé depuis notre dernier passage – même si, comme chaque fois, nous retrouvons le grand tableau flippant des oncologues et le bronze du pilote de la RAF au regard qui frise. Nous finissons par un petit tour à la boutique et au café Portrait, où nous partageons un scone au cheddar et un thé vert avant de nous remettre en route.

Arrêt suivant: Topping & Company, ma librairie préférée dans une ville qui en compte au moins une demi-douzaine de géniales. J’avais dit que je n’achetais pas de livres, mais ils ont des exemplaires dédicacés du nouveau Audrey Niffenegger (la suite de « The time traveler’s wife! »), ce qui est absolument déloyal de leur part. Bon, d’un autre côté, les bagages en soute, c’est pas pour les chiens.

En ressortant, nous grignotons des steak & Stilton pasties achetées chez Mor Bakery sur le chemin de la National Gallery of Scotland, autre musée que nous visitons chaque fois que nous sommes à Edimbourg. Au 2ème sous-sol, dans la partie dédiées aux artistes écossais de 1800 à 1945, se trouvent plusieurs tableaux de mon peintre préféré William McTaggart. Je reste plantée devant pendant de longues minutes, muette de beauté et les larmes aux yeux (oui, bon; cette dépression m’a beaucoup abîmée). Là aussi, le passage à la splendide boutique est obligatoire et truffé de tentations, dont une reproduction de « La tempête » qui ferait très bien dans notre salon s’il existait des valises assez grandes pour la transporter.

Les jardins de Princes Street et la plupart des parcs de la ville sont fermés aujourd’hui, aussi est-ce par pur acquit de conscience que je demande à pousser jusqu’au cimetière de St. Cuthbert. Miracle: il est accessible, et nous en profitons pour shooter entre les tombes, au pied du château.

Nous allons ensuite nous poser au café du Waterstones. Chouchou fait le pied de grue pour une des tables devant la baie vitrée pendant que je vais me ranger dans la très longue file d’attente pour acheter boissons et gâteaux. Mon téléphone sonne pile au moment où j’atteins la caisse: « J’ai la table. » « Je commande et je suis là dans deux minutes. » Le timing est parfait. En allant faire un tour aux toilettes, je repère un pull Snag Tights orné de fraises sur le dos d’une autre cliente, et nous chantons en choeur les louanges de la marque (dont je porte justement une paire de collants). Le moment venu de partir, j’ai presque atteint la porte sans rien prendre dans les rayons quand j’aperçois une pile d’exemplaires dédicacés du dernier Thursday Next de Jasper Fforde. Caramba, encore raté.

Pour faire bon usage du peu de soleil qui nous reste (nous sommes passés à l’heure d’hiver dans la nuit précédente; il fera nuit avant 17h30), nous poussons à pied jusqu’à Stockbridge afin de conclure cette tournée des libraries locales par une visite chez Golden Hare et une autre chez Rare Birds.

Nous repassons chercher nos bagages au Royal Scots Club et nous transportons quelques centaines de mètres plus loin, à la Queen Charlotte Guesthouse. J’y trouve notre chambre plus spacieuse et bien plus jolie que la précédente, avec ses murs rose pâle, ses rideaux rouge vif et son carrelage de salle de bain à damier noir et blanc. Le tout pour deux fois moins cher la nuit. Vraiment, je maudis mon erreur de réservation, mais bref.

Nous ressortons manger à 18h au Tamil Teru, un restaurant indien choisi pour sa proximité et ses bonnes notes sur Trip Advisor. Salle agréable et calme, service compétent et rapide, plats délicieux même si l’agneau khotu que j’avais réclamé « aussi peu piquant que possible » m’arrache la gueule (mais OK, c’est moi, je ne supporte rien). Nous passons ensuite la soirée à trier les photos pour Chouchou, à bloguer et à préparer la journée de demain pour moi. Crevés, nous nous endormons longtemps avant d’avoir fini.

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