A l’origine, je prévoyais de partir au Canada cet automne, plus précisément en Nouvelle-Ecosse pour photographier les paysages. Mais à l’époque où j’aurais dû effectuer mes réservations, début juin, j’ai appris que ma mère était atteinte d’un cancer de stade 4 inopérable et incurable. Je n’ai donc pas osé prévoir un voyage de deux semaines sur un autre continent à une période où je risquais de devoir me précipiter à Toulouse. D’autant que Chouchou a commencé un nouveau job salarié en début d’année, et qu’il n’avait donc pas des masses de congés payés. Bref, cet été, en pleine dépression alors que je n’avais envie de strictement rien et surtout pas d’organiser un voyage, j’ai décidé qu’on retournerait une semaine dans mon pays-doudou: l’Ecosse. La vieille, celle qui ne se trouve qu’à 1h30 d’avion de Bruxelles et que j’aime d’amour.

Samedi matin, donc, nous nous rendons à l’aéroport de Zaventem pour prendre un vol Brussels Airlines vers Edimbourg. (Avant ce départ, nous avons dû acheter des ETA pour les associer à nos passeports; ça nous a coûté une vingtaine d’euros par personne, et en passant par l’app dédiée, nous les avons reçus instantanément. Ils seront valables deux ans.) Le trajet se déroule sans incident majeur, malgré un léger retard de 20 mn à l’arrivée et un atterrissage un peu chahuté à cause de la météo. En effet, le Royaume-Uni sort juste d’une tempête modérée, et s’apprête à plonger dans une autre un peu plus forte de la fin de l’après-midi jusqu’à dimanche en début de soirée. Ce sera une alerte orange pour Edimbourg. Voilà qui ne fait pas nos affaires; du moins avons-nous eu la chance de voyager sans encombres.
En débarquant de l’avion, nous faisons la queue un moment pour le contrôle des passeports électroniques. Puis nous cherchons vainement le moindre commerce avant la sortie de l’aéroport. De guerre lasse, nous montons au niveau des départs et nous posons dans l’un des deux cafés qui précèdent le contrôle de sécurité. Attablée devant un thé vert bouillant, j’envoie un message au premier hôtel de notre séjour: pourquoi n’avons-nous pas reçu les codes d’accès à 11h30 comme prévu? La réponse m’apparaît d’elle-même sitôt que j’ai poussé sur le bouton envoi: ma réservation court du 25 au 28 octobre. Or, nous sommes le 24. La guesthouse dans laquelle je croyais dormir ce soir étant déjà complète, je cherche en catastrophe une solution de rechange sur Booking. Le centre d’Edimbourg, c’est très cher même en s’y prenant des mois à l’avance. En dernière minute, j’ai le choix entre deux places en dortoir pour 200€ la nuit, ou des chambres à 500 balles la nuit. Glups. Je finis par opter pour un hôtel situé à peine plus loin que la guesthouse, pour le modeste prix de… £272 la chambre confortable mais sans rien d’extraordinaire. J’ai un peu les boules, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.
Nous prenons donc le tram super pratique jusqu’à Princes Street, puis finissons à pied. Il pleut déjà, et il y a un peu de vent, mais rien d’affreux pour le moment. Nous posons nos bagages dans la 343 du Royal Scots Club et ressortons aussitôt pour profiter malgré tout un peu de cet après-midi. Le temps se gâte tandis que nous passons de New à Old Town, et devient franchement infect quand nous atteignons le bas de Cockburn Street. Je fais le tour des boutiques habituelles, en me réfrénant car nos bagages à main sont déjà très pleins – je voudrais éviter de devoir acheter un sac supplémentaire et mettre notre petite valise turquoise en soute au retour. Je sais néanmoins qu’il y a très, très peu de chances que je parvienne à m’y tenir. J’effectue quelques emplettes de taille modeste pour mon swap d’automne et pour les étagères de ma bibliothèque monpatelinoise.







En bas de Victoria Street, alors que nous venons de nous prendre une énorme averse qui a achevé l’étanchéité des chaussures de randonnée de Chouchou et de ma parka intégrale, je tombe cependant en arrêt devant une sublime hache double chez l’armurier à qui j’avais déjà acheté ma dague il y a deux ans. Je ne vous raconte même pas comment j’aurais l’air badass avec ça sur nos prochaines photos. Mais le manche fait 72 cm de long, et si je demande qu’on me l’envoie par la poste, les frais de douane achèveront sûrement de me ruiner. Il faut que je réfléchisse.



A 17h45, nous débarquons dans le pub où nous faisons désormais systématiquement notre premier repas en arrivant à Edimbourg: le Piper’s Rest. J’avais pris soin de réserver à l’avance, sans ça nous n’aurions sans doute pas eu de table. La serveuse m’annonce que malheureusement, la tireuse de cidre pression est en panne – bouh! Chouchou prend un burger et moi des black puddings stovies pas hyper copieux, qui me laissent assez de place pour un demi-cranachan en dessert. Pendant que nous mangeons, des musiciens se mettent à jouer des chansons traditionnelles dans le petit coin de l’entrée, et comme chaque fois, j’ai beaucoup de plaisir à les écouter. Je suis partagée entre l’envie de rester pour profiter de la musique, et la crainte que la météo se dégrade fortement avant que nous soyions rentrés à l’hôtel.





Au final, nous ne traînons pas trop et… il ne pleut même plus quand nous sortons. Nous en profitons pour faire un arrête très rapide au food court du M&S afin d’acheter des sachets de thé vert, et nous sommes dans notre chambre vers 19h30. En cours de soirée, nous entendons le vent se mettre à souffler de plus en plus violemment dehors. Je croise les doigts pour demain: avec un programme adapté à base de musées tout proches et de librairies pas plus lointaines, nous ne devrions passer que peu de temps dehors. Tant que les branches et le mobilier urbain ne volent pas, ça devrait aller.

Merci de nous faire voyager avec ces magnifiques photos !