La semaine en bref #437

Lundi:

★ Pour le remboursement partiel du billet de l’Eurostar arrivé avec 2h40 de retard: la SNCF me dit de m’adresser à Eurostar parce que c’est leur train, et Eurostar me dit de m’adresser à la SNCF parce que c’est eux qui m’ont vendu le billet. Les politiques de compensation, c’est bien; permettre aux gens concernés de les faire jouer, ce serait encore mieux.

Mardi:

★ Première séance de fitness depuis 10 jours! C’est que ça me manquait presque. (Pas le process: le résultat. Le process ne va JAMAIS me plaire. Jamais. Libération d’endorphines my ass.)

Mercredi:

★ Hier, j’ai relancé la compagnie aérienne de notre Francfort-Wroclaw annulé, au sujet du dédommagement auquel nous avions droit selon la loi européenne. Aujourd’hui, ils me répondent qu’en effet, ils me doivent 2 x 250€, et qu’ils vont me faire un virement sous 10 jours. Au final, ce retard ne nous aura fait perdre que deux heures le dimanche matin en Pologne (heures qu’on aurait sans doute passées à dormir ou à traîner dans l’Air BnB); en contrepartie, il aura remboursé le prix de nos Bruxelles-Wroclaw, mais aussi de nos Wroclaw-Tallinn. Une bonne affaire!

Jeudi:

★ L’hécatombe se poursuit dans l’édition indépendante. Aujourd’hui, c’est le distributeur Makassar qui, en difficulté, risque de laisser sur le carreau des dizaines de petites ou micro-maisons d’édition à qui il n’a pas réglé leurs ouvrages depuis plus de six mois. Entre le fait que les gens lisent de moins en moins et le fait que le secteur est, en France, désormais presque entièrement tenu par des milliardaires d’extrême-droite, l’avenir du livre s’annonce très compliqué.

Vendredi:

★ Je me doutais que le voyage d’aujourd’hui ne serait pas de tout repos. Et de fait, je ne suis même pas encore partie de chez nous que je reçois un texto d’Eurostar m’informant que mon premier train aura 40 mn de retard. Ce qui signifie que je vais manquer ma correspondance à Roissy CDG, sachant qu’on est sur un week-end de grands départs et que tous les autres trains sont complets jusqu’à lundi. O joie. Je pars quand même, en priant pour arriver d’ici ce soir.

★ A Roissy CDG, le service client de la SNCF me dit de monter dans le Ouigo de 12h35 pour Marseille, puis de finir mon trajet en TER. Nous sommes nombreux à nous incruster à bord de ce Ouigo pour lequel nous n’avons pas de réservation, mais miraculeusement, je parviens à décrocher une des places que la SNCF ne vend jamais pour pouvoir absorber ce genre d’imprévus. Je passe donc le voyage dans un carré avec une jeune maman et ses deux petites filles très sages, qui partent en vacances du côté d’Aix.

★ Le Ouigo prend 1h30 de retard à cause d’un problème technique sur les voies. Arrivée à Marseille à 17h26, j’ai exactement 9 minutes pour acheter un billet de TER et attraper ma correspondance, le tout avec une valise et sous un soleil de plomb. J’atteins finalement Toulon un peu après 18h30, alors que mon Ouigo initial m’y aurait amenée à 15h10. Et encore, vu l’affluence du jour, je me considère comme chanceuse. Chanceuse, mais néanmoins à bout de nerfs. Ces trajets sont de plus en plus longs, de plus en plus chers, de plus en plus hasardeux et stressants. J’en ai ras-le-bol.

★ Malgré la clim chez moi, je passe une très mauvaise nuit à ressasser les idées noires qui m’assaillent en continu depuis plusieurs mois déjà. Je dis toujours que je ne voudrais pas refaire le chemin à l’envers (mode Dave *on*), mais j’en arrive à un stade où en réalité, je donnerais très cher pour retourner dans les années 80, sans réchauffement climatique perceptible ni remontée de l’extrême-droite partout dans le monde, du temps où l’IA ne saccageait pas des secteurs professionnels entiers et où un SMIC suffisait pour vivre décemment. Je ne serais pas non plus contre le fait de récupérer mon père, Leonard Cohen et David Bowie, mes illusions sur le genre humain et mon grand écart facial, merci, bisous.

Samedi:

★ Encore sous le contrecoup du trajet d’hier, je renonce à me rendre dans le centre de Toulon pour voir une expo et glander au Charl’s Café. A la place, je passe la journée calfeutrée chez moi avec un nouveau puzzle, mes crayons de couleur et le très gros roman commencé dans le train.

Dimanche:

★ Je finis par arriver à déposer une réclamation sur le site d’Eurostar pour notre retard de vendredi dernier. En revanche, pour celui d’avant-hier, je peux me brosser: Eurostar se considère uniquement responsable du retard de son propre train, qui se montant à 40 mn n’est pas suffisant pour engendrer une compensation. Le fait que ça se soit traduit pour moi par un retard de 3h20 à l’arrivée (et l’achat d’un billet de TER), ce n’est pas leur problème.

★ Un peu après 19h, Amaury monte me donner mon courrier, et comme d’habitude, on reste une heure et demie à papoter debout dans ma cuisine. Si peu de gens que je trouve intéressants – quelle était la probabilité que l’un d’eux achète l’appartement juste en-dessous du mien? Parfois, le hasard fait bien les choses.

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