Après mûres délibérations, nous avions décidé de maintenir le week-end prévu à Paris. J’avais vraiment envie de voir Attila, et de toute façon, nous aurions eu tout aussi chaud à Bruxelles, sans rien pour nous distraire un minimum de la canicule. Seule concession que j’avais tenu à faire: réserver une chambre d’hôtel climatisée pour le vendredi soir, au lieu de dormir dans l’appart’ sous les toits où Attila avait gentiment proposé de nous héberger.
Vendredi matin, nous voilà donc à la gare du Midi pour prendre l’Eurostar de 9h20 à destination de Paris Nord. Sauf que… le train ne démarre pas. Apparemment, nous attendons une seconde rame qui est en panne quelque part ailleurs sur le réseau belge. Les minutes, puis les heures s’écoulent sans qu’on bouge. Mais il y a un peu de clim, ce qui est toujours mieux que chez nous. Pour finir, nous démarrons à midi, avec 2h40 de retard, et arrivons à Paris à 13h30. Du coup, si M. n’avait pas annulé notre déjeuner, c’est moi qui aurais dû le faire. Pas de regret.

Nous commençons par passer déposer nos bagages à l’hôtel Ibis Styles Montmartre Nord, près de la Porte de Clignancourt. Quand j’ai réservé hier, dans un budget raisonnable, il ne restait que des établissements situés à l’extrême limite de Paris. J’imagine que tous les autochtones qui en avaient les moyens étaient déjà partis se mettre au frais dans les hôtels du centre… Bref, c’est un peu loin de tout ce qu’on a à faire, mais sur la ligne 4 du métro qui nous arrange, et la chambre quoi que minuscule se révèle délicieusement fraîche avec son thermostat à 22°. De plus, je suis certaine que la literie sera confortable, ce qui commence à être un facteur décisif à mon âge avancé!
(Entre le métro et l’hôtel, j’aperçois dans la vitrine d’une boutique de brols appelée Les Pétroleuses, l’éventail Canicule de Merde que je guigne depuis plusieurs étés déjà. C’est le dernier; il est pour moi!)


J’avais prévu de faire 3 choses aujourd’hui avant le dîner: un musée et deux magasins. Comme on s’est pris presque 3h dans la vue, ça ne sera plus possible. Nous commençons donc par nous diriger vers le quai de Valmy, car je veux essayer une robe chez Make My Lemonade, pas loin de l’ancien appart’ de Fanfan. Les berges du Canal Saint-Martin grouillent de jeunes en maillot qui bronzent, se baignent ou sautent depuis les passerelles. Si je n’étais pas accablée par les 37° à l’ombre, je trouverai ça festif et sympa comme tout. Là, je me dis juste qu’il faut quand même être dans une grande détresse thermique pour se tremper volontairement dans l’eau de la Seine… Je n’ai jamais vu autant de rats à Paris que dans ce coin. Bref.


La fameuse robe dans mon tote bag, nous cherchons ensuite un resto du quartier qui serve en continu, car il est presque 15h30 et nous avons très faim. Nous jetons notre dévolu sur un café avec terrasse (mais pas de clim ni de machine à glaçons fonctionnelle) appelé le Bon Broc. Pour moi, ce sera une salade pêche-jambon-burrata; pour Chouchou, une chèvre-jambon arrosé de thé-pas-glacé. Pas de dessert, car on a une réservation à 19h pour le dîner.


Cap sur Saint-Sulpice et la boutique de Marin Montagut. En effet, après l’avoir testée lors de mon séjour précédent à Paris, j’ai décidé d’investir dans un flacon de leur eau de parfum. Ruineux selon mes critères, mais vraiment très beau, et bien entendu j’adore son odeur d’agrumes. En sortant, comme il nous reste une demi-heure à tuer, nous nous posons au café de la librairie La Procure avec des boissons fraîches. Je ne suis pas tentée par les bouquins: dimanche, je vais devoir me balader toute la journée avec mon gros sac à dos et 36° prévus, ce qui est TRES dissuasif en matière d’achats lourds!


A 18h10, nous sonnons à l’interphone d’Attila puis prenons l’ascenseur jusqu’à son appartement sous les toits. Il est spacieux et confortable, mais comme je l’imaginais, il y fait à peu près la température d’un four à pizza. Je n’ai pas vu Attila depuis presque deux ans; je suis donc ravie de dîner avec lui et de rencontrer son amoureuse, C. Pour l’avoir vue en photo, je savais déjà qu’elle était ravissante; au fil de la soirée, je découvre que c’est aussi une jeune femme intéressante, agréable et très dégourdie, qui adore les voyages et les animaux. Je l’aime immédiatement.


Nous mangeons chez Madame Ngo, un restaurant vietnamien avec des plats copieux et un patron aussi volubile que fan de foot! La conversation est très animée, et je me dis que juste pour ce moment, ça valait la peine de venir à Paris. A la fin, nous prenons un selfie tous les quatre (j’ai une tête absolument tragique dessus, et je ne veux pas montrer C. sans sa permission, donc vous ne la verrez pas). Puis nous nous dirigeons à pied vers Montparnasse pour y prendre deux métros différents – Attila et C. vont rejoindre des amis, et nous notre havre climatisé de la Porte de Clignancourt. Dans la rue, je les regarde marcher devant moi avec la grâce nonchalante de leur vingtaine et tous leurs projets d’avenir, et je me dis: « Maintenant, ce monde est le leur ». Pour être honnête, je ne les envie pas.
