10 things I love #201

1. « Seaside Hotel » (ou « Badehotellet » en VO). Au début de l’été 1928, la jeune Fie, qui a perdu sa mère et dont le père est en mauvaise santé, est embauchée comme servante dans un hôtel en bord de mer, au nord du Danemark. L’établissement est fréquenté par de riches habitués qui s’y retrouvent tous les ans. D’un côté les drames des clients, de l’autre ceux du personnel: une recette éprouvée qui fonctionne de nouveau très bien ici. Les personnages masculins sont presque tous odieux, ce qui m’a d’abord rebutée. Mais la photographie est absolument splendide, et les chassés-croisés amoureux, tantôt comiques tantôt tragiques, tiennent en haleine jusqu’à ce que les péripéties de l’époque viennent chambouler la donne. 10 saisons de 6 ou 7 épisodes chacune, trouvables, euh, hors des sentiers battus.

2. « La glace part en morceaux » de Charlotte Gosselin. Une femme mesure le vide qui l’habite pendant que son amour se rétablit au centre de thérapie. Maintenant seule dans leur appartement, elle répète les gestes qu’elle a faits tant de fois, nuit après nuit. Elle fouille la poubelle et les fonds de poches de manteaux, cherche la voiture dans la rue, en quête d’indices qui lui prouveraient que l’autre – qui n’est pourtant plus là – aurait consommé. Elle se demande si, comme pour la débâcle au printemps, réussir à se détacher est quelque chose qui arrive subitement ou si cela se prépare longuement sous la surface. L’addiction d’un.e partenaire n’est pas un problème auquel j’ai été confrontée personnellement. Aussi, c’est le dessin au crayon gris très expressif qui m’a initialement poussée à acheter ce roman graphique. Et au final, j’ai aussi apprécié le cheminement intérieur de la narratrice, restitué de façon très brute et très sincère. Une belle découverte.

3. « The junction » de Norm Konyu. Lucas Jones réapparaît sur le pas de la porte de son oncle, dans sa ville natale de Medford, après 12 ans d’absence. La joie des retrouvailles laisse rapidement place aux doutes et au mystère. Où était-il passé ? Où est son père, qui a disparu au même moment ? Et surtout, comment est-il possible que Lucas soit toujours le même jeune garçon de 11 ans ? Comme l’enfant reste muet, c’est à l’inspecteur David King et à la psychologue Jean Symonds de tenter de trouver des réponses à partir des rares affaires que Lucas a rapportées – quelques Polaroid, et surtout son journal intime, récit délirant dans lequel il évoque une ville appelée Kirby Junction où des maisons surgissent brusquement de nulle part et où des gens attendent un train qui n’arrive jamais… Si vous avez aimé « Downlands », vous ne risquez absolument rien à vous jeter sur le deuxième roman graphique de l’auteur. Ici aussi, Norm Konyu recourt au surnaturel et à une temporalité non-linéaire pour parler de la perte d’êtres chers et des façons dont on la gère. Original et émouvant.

4. Cette version punk-rock de « The fate of Ophelia » poutre du gnou. J’adore Taylor Swift, mais le rock et toutes ses déclinaisons resteront à jamais mon genre musical de prédilection.

5. Le clip d' »Opalite ». Hilarant et génial, surtout quand on connaît l’histoire de sa conception. Je l’ai montré à Chouchou (ex-étudiant en cinéma) qui a dit que la réalisation était impeccable. Il existe deux extended versions qui montrent des bouts de making of à la fin.

6. Cette lampe de chevet rose pâle serait parfaite pour aller sur la commode crème et or qui me sert de table de nuit à Monpatelin.

7. La robe Sunday de Son de Flor, mon 2ème achat vestimentaire de cette année, m’est revenue seulement les deux tiers de son prix initial grâce à la combinaison soldes d’hiver + promo de St-Valentin – youhou!

8. Ce T-shirt Dungeon Crawler Carl, pour afficher clairement mon obsession du moment.

9. Cette carte qui rassemble toutes les boîtes à livres de France.

10. « In universes » (en VF: « Entre autres univers », traduit par Gilles Goullet) d’Emet North. Officiellement, Raffi étudie la matière noire dans un laboratoire, mais elle passe plutôt ses journées à effacer les étoiles sur des photographies du ciel nocturne. En inadéquation avec son travail, sa vie, son corps, elle a pour seul point d’ancrage Britt, cette artiste qu’elle aurait pu rencontrer quand elle était enfant, si elle avait osé aller lui parler. Et s’il existait un ailleurs dans lequel elle l’avait fait ? Et si la conscience pouvait glisser d’un univers à l’autre lorsque deux ramifications se croisent ? Que serait alors sa vie ? Au fil de cette quête de soi, chaque monde se fait un peu plus différent. Il y a celui dans lequel l’apocalypse est survenue, un autre où des fantômes d’ours hantent la cave, encore un dans lequel les mères se fracturent en hordes d’animaux… Et – qui sait ? – un où Raffi se sentirait à sa place. Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu d’uchronie personnelle (un de mes sous-genres préférés!), et j’aime particulièrement l’écriture de l’auteur.

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