BOOK CLUB #1: « Les possibles » (Virginie Grimaldi)

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences. Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du rock, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin. Juliane veut croire que l’originalité de Jean s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille. Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves. Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Pour le lancement de cette nouvelle rubrique mensuelle, le choix des participantes à mon sondage sur Instagram s’était porté sur « Les possibles« , le dernier roman de Virginie Grimaldi paru en poche. Je n’avais encore jamais rien lu de cette autrice, qui est actuellement la plus vendue en France, et j’avoue que j’étais curieuse.

Je ne crois pas être trop snob du point de vue littéraire: je ne pars pas du principe que parce qu’un livre se vend beaucoup, c’est une lecture creuse et indigne d’intérêt. Des textes « faciles » mais traitant avec justesse d’un sujet qui me touche, ou juste capables de me procurer l’évasion dont j’ai de plus en plus besoin au fil des ans, m’inspirent toujours beaucoup d’enthousiasme. Ces dernières années, par exemple, j’ai mis 5 étoiles sur GoodReads à des titres ultra-populaires tels que « L’odeur de la colle en pot » d’Adèle Bréau, « Mamma Mia » de Serena Giuliano, « Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin ou « Connemara » de Nicolas Mathieu. Du côté anglo-saxon, je suis hyper bonne cliente pour les romans feel good pourtant très « formulaïques » de Jenny Colgan. Aussi, j’étais dans d’excellentes dispositions en attaquant « Les possibles ».

Hélas. 30 pages plus tard, je pestais de ne pas pouvoir l’abandonner en cours de route comme je l’aurais fait si ça n’avait pas été le choix de mon propre book club pour le mois en cours. Pour être tout à fait juste, je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. Le style est fluide, drôle par moments bien que pas exceptionnel – je n’ai à aucun moment senti de « patte » reconnaissable que je n’aurais pas pu imputer à un.e autre écrivain.e de romans du même genre. L’histoire aborde un sujet qui me touche a priori, celui des rapports père-fille et de la perte d’autonomie d’une personne âgée. Mais la personnalité fantasque de Jean m’a plus souvent irritée qu’amusée; face à lui, j’ai trouvé la narratrice (sa fille Juliane, donc) plutôt pâlotte et pas assez développée psychologiquement. Dans l’ensemble, il m’a semblé que le roman restait trop en surface des choses. La dernière partie du road trip américain, qui aurait pu être la plus intéressante, n’occupe que trop peu de place en comparaison des précédentes qui m’avaient copieusement ennuyée.

En ce qui me concerne, « Les possibles » a donc été une grosse déception. Et vous? Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé? La discussion est ouverte dans les commentaires. (N’hésitez pas à utiliser la fonction « réponse » si vous réagissez aux propos d’une autre lectrice; ça rendra l’ensemble plus lisible.)

Pour juillet, le choix des participantes au sondage Instagram s’est porté sur un roman d’un tout autre genre: « Le bureau des affaires occultes » d’Eric Fouassier, un polar historique qui connaît lui aussi un énorme succès en librairie. S’il vous tente, rendez-vous à la fin du mois pour échanger nos impressions!

21 réflexions sur “BOOK CLUB #1: « Les possibles » (Virginie Grimaldi)”

  1. Je lis Virginie Grimaldi depuis le début – depuis son blog en fait- et , clairement, ce n’est pas son meilleur… Bon, c’est – et ça se veut – une lecture de détente, pas le grand roman qui marque… mais il semble que la veine s’épuise à force d’y creuser.
    J’avais bien aimé le premier, encore plus le deuxième (« Tu comprendras quand tu seras plus grande », qu’on voit différemment après avoir lu la fin), mais les autres ne m’ont pas laissé de grands souvenirs, même si je les ai appréciés sur le moment.
    Pour les deux derniers, dont «  Les Possibles », il a fallu que je me force un peu pour avancer… ( Or je veux bien faire des efforts pour une lecture « solide », mais pas pour une lecture « détente », c’est contre-productif !)
    Et, comme toi, j’ai été agacée par les personnages.
    L’écriture reste pourtant agréable. Mais je crois que nos chemins ,à Virginie Grimaldi et moi, vont se séparer ici. À moins qu’elle n’arrive à se renouveler ?

  2. Avis similaire de mon côté : ça se lit plutôt bien, je ne peux pas dire que j’ai passé un mauvais moment, mais je ne me suis pas non plus sentie particulièrement investie dans l’histoire. J’aurais d’ailleurs clairement pu interrompre ma lecture et ne jamais la reprendre…
    Je n’ai pas vraiment apprécié l’héroïne et surtout, le côté tire-larmes du roman m’a un peu agacée. Ceci dit, je suis contente d’avoir enfin lu un livre de l’autrice, je renouvellerai peut-être l’expérience avec un thème qui me tente plus (j’ai « Il est grand temps de rallumer les étoiles » quelque part, donc à voir).

  3. Je développerai plus longuement dans la chronique que je dois encore publier sur mon blog, mais si j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans de par l’aspect un peu superficiel de l’écriture, je me suis surprise à corner plein de pages à cause de petites phrases qui faisaient mouche et j’ai fini par être touchée en plein cœur. C’est sans doute lié au fait que je me reconnais dans l’héroïne qui doit gérer mille choses dont un enfant différent et un parent vieillissant et malade. Et puis j’étais forcément très cliente du road-trip américain. Je ne sais pas encore si je laisserai les 5 étoiles sur Goodreads ou si je rabaisserai ma note à 4, avec le recul, je vois davantage les défauts, mais j’ai vraiment beaucoup aimé dans l’ensemble.

  4. Vite lu et sans doute vite oublié, ce roman qui veut aborder un peu trop de thèmes de société (la dépendance et la maladie de nos ainés, le rapport des femmes à leur corps, la « différence » et le handicap des enfants) dont chacun aurait pu bénéficier d’un traitement plus nuancé et approfondi.
    J’ai trouvé quelques moments drôles mais l’ensemble beaucoup trop fade, sans relief ni personnalité marquée.
    Au final, mon expérience de lectrice se rapproche plutôt de ce que dit la narratrice quand elle se gave de malbouffe: c’est facile à consommer, réconfortant dans les premières bouchées puis ça laisse un sentiment de nausée.

    Je suis néanmoins contente d’avoir vécu cette première expérience du book club parce que je n’aurais pas été de moi-même vers ce roman. (Maintenant je sais pourquoi) et qu’il est agréable d’en parler ensuite.
    Sur un sujet assez proche, j’ai largement préféré « tout le bleu du ciel » de Mélissa Da Costa.

    1. Ah ben je l’ai essayé, « Tout le bleu du ciel », et ça m’a fait le même effet que « Les possibles »: j’étais attirée par le thème, j’avais très envie d’aimer, mais je n’ai pas accroché du tout. J’ai fini par l’abandonner au bout de 150 pages. Le style était mieux, l’histoire plus en profondeur, mais je n’arrivais pas du tout à entrer dedans.

      1. Je crois vraiment que pour ce type de romans, tout dépend de la résonance qu’ils peuvent avoir avec nous. S’ils ne font pas appel à un élément personnel, ou simplement si on ne les lit pas au bon moment, on peut complètement passer à côté… alors qu’ils toucheront d’autres personnes.
        J’ai beaucoup aimé les Mélissa Da Costa, alors que d’autres auteurs ( dont je n’ai pas retenu les noms du coup) ne m’ont pas du tout inspirée.
        Je crois que si je devais citer un seul roman dans cette catégorie ( et qui n’ait pas déjà été cité), ce serait « Un clafoutis de tomates cerises » de Véronique de Bure.

        1. Ah oui, je l’avais beaucoup aimé celui-là! Je l’avais trouvé subtil et délicat, tant dans l’écriture que l’atmosphère et le propos.

  5. Avis mitigé pour moi aussi. Le style lui même , ou l’absence de style, ne me dérange pas pour ce genre de livre. Tant que ça ne gêne pas la compréhension et qu’il n’y a pas de tics pénibles et clichés ça me va. Par contre je trouve certains trucs très improbables, et ça m’agace un peu..le personnage du père est agaçant oui mais je dirais que justement ça fait pleinement partie du thème. Pour l’avoir un peu vécu c’est justement cela qui est douloureux, le proche qu’on aime et qui dérive et qu’on a aussi envie d’envoyer dans le mur malade ou pas! Ça participe au malaise et à la culpabilité qu’on peut ressentir avec nos proches. Je n’accroche pas des masses cet humour à part quelques passages. Quand au road trop de la fin bof, pas convaincue, ça manquait de piquant pour moi j’attendais presque la fin avec impatience… Pour finir,sans trop savoir pourquoi , il me reste l’impression qu’il s’agit d’une auteure sympathique et chaleureuse, en quête d’une humanité qui manque souvent dans nos vies. C’est cliché ok mais ça fait du bien de se sentir moins seule face à ça et c’est bien le rôle des feelgoods après tout ! Et la fin est plutôt bien..

    1. Je te rejoins sur un truc, c’est que même si j’ai trouvé les personnages falots et agaçants, j’ai presqu’eu l’impression que je pourrais devenir copine avec l’autrice parce qu’elle dégage l’image d’une fille sympa dans le meilleur sens du terme (et que sûrement qu’elle aime le rock et puis manger, alors forcément on devrait s’entendre). Du coup, j’aurais bien aimé apprécier son bouquin, mais ça n’a pas suffi…

      1. Ca me fait penser qu’il y a un certain nombre d’auteurs, voire d’artistes en général, dont je trouve qu’ils sont l’air absolument adorables et que je kiffe en tant que personnes tout en n’appréciant pas du tout ce qu’ils font. A l’inverse, d’autres semblent être des gens détestables, mais j’adore ce qu’ils font (on est un peu au-delà du détestable, mais par exemple, certains titres de Noir Désir restent parmi mes morceaux préférés de l’univers).

        1. Effectivement Noir Désir est un bon exemple… j’avoue que j’ai du mal à en réécouter alors que je trouve pourtant que pas mal de leurs morceaux sont toujours aussi bons aujourd’hui.

  6. Bonjour à toutes!

    Bon, ben je ne vais pas être très originale, j’ai aussi trouvé ce livre décevant et bourré de stéréotypes. Et pourtant je suis moi aussi une fille qui pense que le rock est la meilleure musique du monde, qui a eu un père parfois euh original et qui mange ses émotions, mais j’ai trouvé absolument tous les passages qui traitaient de ces sujets totalement « cliché », exagérés et pas du tout authentiques.

    Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages non plus malgré les (grosses) ficelles émotionnelles et je n’ai pas versé une larme, malgré le sujet sensible alors que je pleure en lisant l’étalon noir… En fait, rien n’était suffisamment creusé pour que je m’investisse, je crois.

    Bref, ce n’était pas mon style… Mais je me réjouis de lire le livre de juillet!

    1. Felicitrouille

      Alors j’avais résisté à ces romans feelgood et ma fois j’avais bien fait …
      Je me suis ennuyée beaucoup
      J’ai pesté à propos du style souvent
      C’est bourré de bonnes intentions mais ça ne suffit pas à faire un bon roman

      Bref je suis venue
      J’l’ai lu
      J’y reviendrai plus
      Merci pour ces échanges 💖

  7. Nathalie Frisque

    C’est pour participer à ce book club que j’ai décidé de lire ce roman de Virginie Grimaldi. Mes 2 premières « rencontres » avec l’autrice n’avaient pas été très concluantes : j’ai lu son 1er livre 2 fois à 2 ans d’intervalle – j’avais oublié l’avoir lu, il faut dire que je suis passée par un sévère burn-out – et le deuxième « Quand nos souvenirs viendront danser » ne m’avait pas plu.
    J’ai bien fait de suivre mon instinct et d’embarquer dans cette aventure car Les Possibles m’a beaucoup plus touchée que les 2 autres, sans doute en raison des sujets évoqués, et notamment la relation père/fille.
    L’écriture de Virginie Grimaldi est simple, légère, avec quelques touches d’humour, et ce, même dans les moments les plus tristes.
    Ce roman m’a bouleversée, certainement parce qu’il parle de ce moment de vie où l’enfant se voit obligé de prendre des décisions et d’accompagner un parent en déclin, moment dont la douleur reste vive malgré les années. 
    Je mettrais un bémol pour la fin qui ne m’a pas convaincue. Je pense que je suis assez « difficile » pour les fins… Mais, dans la mesure où il n’y a pas de retour en arrière possible dans ce genre d’intrigue, j’imagine combien choisir une fin était compliqué.
    Bref, je suis contente d’avoir vécu cette première expérience du book club parce que, sans elle, je n’aurais décidé de lire ce roman. Je trouve aussi très agréable d’en parler ensuite. Merci! Et vivement lire celui de juillet !

  8. Quand ce titre a été suggéré comme premier livre pour ce bookclub virtuel, je me suis dit « j’ai quelques préjugés contre cette autrice que je n’ai encore jamais lue, mais pourquoi pas? ». Oh la la…Maintenant je sais pourquoi je ne l’avais encore jamais lue! Comme dit plus haut par toutes tes lectrices, il y a beaucoup de choses qui coincent. L’écriture, l’humour qui tombe à plat, la superficialité des descriptions. En gros, rien ne va! Je ne pense pas que je lui donnerai une deuxième chance. Elle a assez de lecteurs enthousiastes pour ne pas que les autres se forcent à la lire.

  9. Bonjour,
    Rien de bien original pour ma première participation au book club, je rejoins la majorité des avis.
    Roman qui se laisse lire, qu’on a envie d’aimer, mais trop « facile » dans le style d’écriture, dans l’histoire, les personnages… Un peu trop léger pour moi même si c’est ce que l’on attend d’un roman feel-good. Finalement c’est ce que je ressens après chaque lecture de ce type, en vieillissant je me suis peut-être juste écartée du cœur de cible de cette catégorie de littérature !

    1. Oh mais moi je trouve que certains romans feel-good sont hyper réussis en fait (je pense par exemple au Mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazzetti, à presque tous les romans qui se passent dans une librairie dans un pays anglo-saxon, ou même aux premiers Anna Gavalda). Mais celui-là ne m’a pas touchée.

      1. J’ai également adoré tous ceux que tu cites! Donc je n’ai rien contre le genre en lui-même, mais on ne peut pas non plus tout aimer à l’intérieur d’un genre donné.

  10. Hello, j’avais déjà lu un livre de Virginie Grimaldi, mais ça ne m’a pas marqué puisque je ne m’en souviens pas. Mais quand le livre a été choisi je me suis dit pourquoi pas et j’avais un souvenir de lecture fluide. Les possibles comme sont autre livre ne me laisseront pas un souvenir impérissable mais j’en ai apprécié la lecture. Il me fallait quelque chose de léger et facile à lire. Je m’empetrait dans ma lecture de La plus secrète mémoire des hommes. Alors certes les personnages sont survolés mais j’ai ri, et j’ai versé une petite larme ☺️. Et après l’avoir terminé, j’ai aussi vite terminé la plus secrète mémoire des hommes ☺️.

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