[COPENHAGUE] Où Brussels Airlines nous fait une belle frayeur

 

C’est notre dernier jour à Copenhague. Nous avons un peu fait le tour des balades intéressantes possibles en ces temps de semi-confinement. Il reste bien le joli village de Dragor, tout au sud de l’île d’Amager, mais c’est compliqué pour y aller et si une fois sur place, nous sommes déçus, ça nous gâchera la fin du voyage. Donc, nous optons pour un dernier tour dans le centre où les soldes commencent aujourd’hui (ici, le lundi est un jour de semaine comme les autres pour les commerçants). 

Descendus du métro à Gammel Strand, pour changer un peu, nous arpentons les petites rues autour de Stroget. Je ne peux résister à jeter un coup d’oeil chez Illums Bollighus, grand magasin chic et cher spécialisé dans le design. Et bien entendu, une fois à l’intérieur, j’ai envie d’un tas de brols pas du tout soldés. Oh, le joli plateau à thé! Oh, le lutin en feutrine et en laine dont seul le bout de nez dépasse entre barbe et bonnet! Oh, la bougie qui sent l’air du large! Oh, le puzzle de Martin Schwartz dont j’adore le style graphique… Non, il prend trop de place et va me gêner toute la journée. J’essaierai plutôt de le trouver à l’aéroport (nonobstant le fait que je dis ça à peu près une fois par voyage, et que JAMAIS je ne retrouve le bouzin en question à l’aéroport) (il faut croire que je suis plus optimiste que je n’en ai l’air). 

Nous déjeunons chez Halifax Burgers, où le serveur ne veut d’abord pas nous donner un box (« Ils sont réservés aux groupes »). Mais devant ma réticence visible à manger à l’une des petites tables toutes collées les unes contre les autres, et parce qu’il n’y a que des gens par deux aujourd’hui, il finit par accepter. Les burgers qui portent des noms de villes du monde entier sont absolument crapuleux, un vrai régal, tout comme la chipotle mayo qui accompagne nos onion rings. Alors que je me demande s’il serait bien raisonnable de partager un strawberry cake en dessert, je reçois un mail de Brussels Airlines m’invitant à m’enregistrer pour le vol qui décolle… aujourd’hui 27 décembre à 12h35. Il est 13h50. Je suis partagée entre panique et perplexité. Me tromper de date en réservant, ce n’est pas mon genre, mais une erreur est toujours possible. Dans ce cas, néanmoins, j’aurais dû recevoir ce mail hier midi. Chouchou vérifie rapidement notre réservation sur le site de la compagnie: non, nous avons bien des billets pour le vol du 28 décembre, soit demain. Ouf. L’espace de quelques instants, je me suis quand même pris un bon petit coup de speed en imaginant le prix des billets dernière minute – et la possibilité que le vol de demain soit complet…

Repus, nous recommençons à arpenter le Quartier Latin, nommé ainsi non pas à cause de son architecture toute scandinave, mais à cause de ses nombreux établissements français tels que le bistrot L’Education Nationale, le restaurant Voulez-Vous? ou le bar à cocktails La Boucherie – fermé comme tous les autres, snif. Je cherche une rue précise dans laquelle je me souviens avoir pris des photos lors de notre premier séjour, et que j’ai par la suite souvent revue sur Instagram: je ne la retrouverai jamais. En revanche, bonheur de tomber par hasard sur la librairie Fantask dont j’avais oublié le nom et que je n’étais donc pas parvenue à situer sur ma Google Map. Ouverte en 1971 (un excellent cru!), elle abrite à ma connaissance la plus grande concentration au mètre carré des meilleurs romans VO de fantasy et de SF, mais aussi de bédé européenne, de comics et de mangas, plus quelques goodies sympas. Et les deux dames qui la tiennent sont très sympas en plus d’avoir des goûts impeccables. 

Ca sent la lassitude de fin de voyage. Pour boucler la boucle, nous terminons cette dernière journée là où nous avions commencé notre séjour jeudi dernier: sur Nyhavn qui, au crépuscule, s’illumine peu à peu. Il n’est pas encore 16h et bien qu’on soit remonté au-dessus de 0, le froid pince davantage que les jours précédents. Ca ne donne pas envie de s’attarder. Avant de nous engouffrer dans le métro à Kongens Nytorv, nous admirons encore la façade du Magasin du Nord, désormais fièrement surmontée de deux drapeaux qui clament SALE. Ca me fait glousser bêtement. Au revoir, Copenhague. C’était un drôle de séjour, mais je suis vraiment contente d’avoir pu passer Noël ici. Demain, on rentre à la maison pour mon marathon habituel de fin d’année: pendant que la plupart des gens digèreront leurs agapes, je tenterai frénétiquement de boucler un million de trucs avant la reprise de janvier. Fun fun fun!

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