Une Parenthèse enchantée dans la forêt d’Orléans

 

A l’automne 2019, l’autrice Samantha Bailly et son compagnon Antoine Fesson partent pour un voyage de 3 mois à travers le Canada, les USA et le Japon: une parenthèse dans des vies parisiennes bien remplies, au cours de laquelle ils expérimentent de nombreuses formes d’habitats alternatifs. Rentrés en France, ils en tirent un livre réalisé à quatre mains et un projet un peu fou. En septembre 2020, ils achètent un ancien terrain de caravaning en lisière de la forêt d’Orléans. Leur but: en faire un site de tourisme durable qui permettra aux visiteurs de se ressourcer et, pour ceux qui le désireront, de stimuler leur créativité au contact de la nature. Moins d’un an plus tard, en juin 2021, ils ouvrent au public les portes de Parenthèse.

Parenthèse, ce sont 8 tiny houses et un chalet accessible en fauteuil roulant, tous personnalisés par un.e artiste différent.e, mais aussi des retraites créatives et bientôt des résidences artistiques et littéraires rémunérées. J’avais souscrit au financement participatif pour un séjour de deux nuits, et je m’étais dit que ce serait idéal d’y aller pour notre 15ème anniversaire de couple – qui a le bon goût de tomber en octobre, au moment où la forêt est la plus belle à mon pas-si-humble avis. Le site se trouve à 1h30 de voiture au sud de Paris; problème: nous n’avons pas de voiture. Nous aurions pu en louer une, mais nous avons préféré profiter du système de navette (sur réservation) depuis la gare RER de Malesherbes. 

Lundi vers 15h30, utilisant le digicode reçu par mail, nous découvrons donc Véga, la tiny house personnalisée par l’autrice féministe Mona Chollet dont je suis très fan. Nous sommes immédiatement séduits par l’odeur de bois brut qui y flotte encore, le grand lit niché contre une paroi entièrement vitrée pour une vue imprenable sur la forêt, la salle de bain très bien équipée (mention spéciale au comptoir sur lequel on pourrait poser une demi-douzaine de trousses de toilette!), la théière en verre avec ses deux grands gobelets en céramique et son pot de bon sencha, la table sur laquelle on peut s’installer avec nos deux MacBook sans se gêner, la boîte magique avec ses jeux de société, la bibliothèque d’ouvrages essentiels choisis par Mona… Tout le nécessaire et rien de superflu, agencé de telle sorte que malgré la petite surface au sol, on ne se sent absolument pas à l’étroit, bien au contraire. C’est un logement à la fois minimaliste et hyper confortable, dont émane une impression de pureté et de sérénité. Un endroit où on respire librement. 

Dehors, les arbres qui nous séparent des autres tiny houses assurent notre intimité. Sur une terrasse en pierre, deux chaises longues nous invitent à la lecture ou à la sieste, tandis qu’un brasero nous met au défi de cuisiner sur le feu que nous aurons allumé nous-mêmes avec tout le nécessaire fourni. Au-delà, la forêt nous tend ses branches pour qu’on s’y balade en faisant craquer les feuilles mortes sous nos pieds, en respirant sa bonne odeur de terre humide et en essayant d’apercevoir les chevreuils, les lapins ou les salamandres qui y pullulent. 

Après nous être rapidement installés dans notre tiny house, nous saluons les gardiens animaux des lieux: Hélios le Maine Coon qui adore les câlins, Tokyo et Oki les brebis aussi efficaces et nettement plus mignonnes qu’une tondeuse à gazon. Puis nous partons faire le tour des étangs voisins et chercher la fameuse cabane aux souvenirs, où les visiteurs sont invités à déposer leur souvenir le plus précieux dans une fiole minuscule. De toute évidence, cette idée poétique séduit beaucoup de monde, car il ne reste guère d’emplacements disponibles! Le calme palpitant de vie qui règne sous les frondaisons est un vrai baume pour l’âme, surtout après les trois jours éprouvants que nous venons de passer à Paris. J’ai toujours été une citadine pure et dure, mais je sens que ça évolue doucement avec l’âge (et les confinements dans un petit appart’ sans accès vers l’extérieur). Je suis si séduite par le lieu que le lendemain matin, je n’hésite pas à mettre le réveil à 7h pour faire une séance de photos pendant l’heure bleue. Si on m’avait dit qu’un jour, je crapahuterais volontairement dans les bois avant le lever du soleil, je ne l’aurais pas cru – et pourtant…

En attendant, lundi soir, le chevreuil magique chargé des livraisons dépose sur le pas de notre porte un panier-repas garni de produits du terroir (qui existe également en version végane), plus une bouteille de champagne gentiment offerte pour notre anniversaire. Chouchou allume un feu sur lequel vont cuire potimarron et carottes pendant que nous goûterons le reste des délices fournies par des producteurs locaux: un pâté de foie absolument fa-bu-leux, un saucisson entier, une terrine d’houmous bien citronné, un grand sachet de chips, un fromage de chèvre enrobé de grains de poivre, un pain aux céréales coupé en tranches, deux pâtisseries au chocolat… Inutile de dire que même avec nos bons appétits, nous ne venons pas à bout de tout: le panier nous fera aussi le repas du lendemain soir. Mardi matin, en rentrant de notre séance photo, c’est le panier-petit déjeuner que nous découvrons sur les marches de notre tiny house. Cette fois encore, le chevreuil magique ne s’est pas moqué de nous: viennoiseries, pain, beurre, confitures et miel, yaourts de ferme, jus de pommes pressées, fruits frais, un vrai festin dont tous les contenants en verre seront récupérés et réutilisés par les producteurs. 

La journée de notre anniversaire se passe entre balades et photos le matin, déjeuner gastronomique à l’auberge voisine et l’après-midi, travail pour Chouchou et lecture au soleil pour moi. Bien trop vite, le mercredi matin arrive, et nous devons reprendre le chemin de Bruxelles pour retrouver nos vies urbaines. Mais Parenthèse nous a ensorcelés, et nous savons déjà que nous reviendrons. En ce qui me concerne, j’ai ma petite idée sur la date et l’occasion… Si vous éprouvez le besoin de faire une coupure et de vous mettre au vert pour quelques jours, je vous recommande chaudement ce lieu formidable. Pour les réservations, c’est par ici, et pour offrir un séjour à quelqu’un (quel merveilleux cadeau…), c’est par

4 réflexions sur “Une Parenthèse enchantée dans la forêt d’Orléans”

  1. Merci pour l'info sur la navette, je vais me renseigner. Quand tu as parlé de Parenthèse pendant leur crowdfunding, j'ai renoncé car je ne me sentais pas prête à louer une voiture depuis Paris, mais je suis sûre que j'adorerais y séjourner 🙂

  2. @Méghane: C’est 50€ l’aller-retour (il y a 30 mn de route) et tu dois juste les prévenir dès que possible pour qu’ils s’organisent pour venir te chercher à Malesherbes.

  3. Ah, mais c'est eux qui font la navette ! C'est pour ça que je ne trouvais rien sur le site du Transilien. J'aurais dû me douter qu'un service public direct entre Malesherbes et Chambon-la-Forêt, c'était un peu trop beau pour être vrai :p

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