La semaine en bref #197

 

Lundi:

Au bout de deux mois de jeu intensif, je me décide à changer de club dans June’s Journey: les membres de l’actuel ne communiquent pas du tout entre eux, ne se coordonnent pas et participent rarement aux compétitions. Alors que moi, je veux. Le soir même, lors de la première réunion, je vois ce que donne une équipe soudée qui échange des cafés et des buissons et… ouah. Ca change vraiment tout. 

Chouchou et moi parvenons à faire démarrer notre lave-vaisselle au moyen d’1,5 bouchon d’oreille en mousse, un bâtonnet de glace et un couteau à beurre. Demain, on tente de réparer les démocraties occidentales avec du fil dentaire et un Stabilo violet.

Mardi:

Après avoir laissé la nuit me porter conseil, je m’inscris pour mi-novembre à une activité de groupe qui me tente vraiment. Mon dernier essai, c’était un atelier céramique il y a un an, et je me suis enfuie en larmes au bout de trois quarts d’heure. Mais cette fois, les conditions me semblent réunies pour que ça se passe bien. Et puis je refuse de ne plus rien essayer et de ne plus rien apprendre de nouveau jusqu’à la fin de mes jours, sauf sur internet. 

Mercredi:

 Je reçois un mail m’informant que mon compte Instagram a été « repéré et soigneusement sélectionné » pour un partenariat avec… une marque de sportswear. C’est vrai qu’une robe en lin et un jogging, c’est quasiment pareil. 

Jeudi:

 Première étape de la Grande Transformation Capillaire. Entrée chez Wakko à 11h, j’en ressors après 18h, délestée de plus de 300€ et pas du tout avec la tête que j’envisageais. Enfin, on peaufinera la prochaine fois. 

 Au lieu de finir le dernier T. J. Klune que je traîne depuis deux semaines, j’ai passé la journée à jouer à June’s Journey. Mais bon, j’ai terminé l’album de New York, et même si c’était plutôt galère, les récompenses sont à la hauteur. 

Vendredi:

 En novembre 2019, je n’avais pu voir ma copine éditrice M. qu’en coup de vent à l’inauguration du salon de Montreuil, et on s’était promis de se rattraper le mois suivant quand je repasserais à Paris. Une grève de la SNCF et une pandémie plus tard, il se sera quand même écoulé 2 ans avant qu’on puisse enfin déjeuner ensemble. On cause du bébé qu’elle a eu entre-temps, de mon diagnostic d’autisme, et beaucoup trop vite, elle doit me quitter pour rentrer au bureau – non sans m’avoir annoncé qu’on pourrait sans doute rebosser ensemble au printemps prochain. C’est la bonne nouvelle de la journée.

 Crevée d’avoir trop peu dormi pour cause de Thalys très tôt ce matin, je passe ensuite l’après-midi à errer sans conviction pendant que Chouchou occupe notre chambre d’hôtel avec une fâmâpoâl. Comme je n’aime décidément plus faire de shopping, je file assez vite me poser au salon de thé de Smith & Son où, grâce à une mauvaise expérience précédente, j’évite le piège du thé cramé à l’eau bouillante. En revanche, le scone minuscule et difforme, absolument intartinable, retourne directement à la cuisine. Où on m’informe que « ça arrive parfois, et qu’ils sont tous comme ça dans cette fournée », sur un ton qui signifie clairement que je suis une emmerdeuse. Bon, et bien ils ne me reverront pas. 

 Je déteste notre chambre d’hôtel basse de plafond et intégralement peinte en bleu canard foncé – j’ai l’impression d’être enfermée dans une boîte Art Déco. Et la cuvette de WC tellement haute que mes pieds ne touchent pas le sol, on en parle? Vous avez déjà essayé de faire caca sans point d’appui? Croyez-en mon expérience: c’est impossible. D’où une scène absurde durant laquelle nous passons en revue tous les objets disponibles avec lesquels je pourrais me caler, avant d’arrêter notre choix sur la grosse valise rayée de Chouchou. Pendant trois jours, j’irai donc aux toilettes équipée comme pour partir en voyage, traînant derrière moi un monstre à roulettes. Allez, salut!

Samedi:

 Paris est devenu un cauchemar pour moi, une gigantesque agression sensorielle en continu. Ce matin, je me suis levée avec une migraine qui ne fait qu’empirer jusqu’en milieu d’après-midi. Dans le métro bruyant, malodorant et bondé, j’hésite entre vomir et m’évanouir de douleur lorsqu’un accordéoniste monte dans notre voiture. Chouchou, désemparé et ne sachant plus quoi faire pour me protéger, aboie: « NON! » au malheureux qui ne comprend pas la férocité de sa réaction. J’explique de ma voix la plus douce que j’ai un gros mal de tête et lui demande s’il voudrait bien attendre pour commencer à jouer qu’on ait pu changer de voiture à la station suivante. Ce qu’il fait très gentiment. Je le remercie avec toute la chaleur dont je suis capable le crâne fendu en deux. Il braque son regard clair sur moi et me souhaite « Une bonne santé, madame ». J’en chialerais, et pas juste à cause de ma migraine. 

 Le long du mur d’enceinte du Père Lachaise sont inscrits les noms de tous les Parisiens morts pendant la Première Guerre Mondiale. L’enfilade de plaques commémoratives se prolonge sur des centaines de mètres, et c’est bien plus impressionnant qu’un chiffre dans un manuel d’histoire. 

Dimanche:

 Déjà 9 ans que mon père n’est plus là. Ca passe tellement vite…

 Aujourd’hui, nous avons décidé de fuir le métro et de marcher jusqu’au moment où nos jambes ne pourraient plus nous porter. Nous descendons ainsi de la place de Clichy jusqu’à Pyramides (pour déjeuner au Higuma), puis à St-Michel via l’île de la Cité (pour passer chez Shakespeare & Co). Nous finissons par quelques courses dans un Marks & Spencer qui doit fermer dans quelques jours, et où il ne reste plus ni plats indiens ni scones au fromage. Après ça, nous capitulons et rentrons à l’hôtel avec le Train Souterrain Maudit. Arrivée 16h45. Total de pas pour moi: environ 14 000. A titre de comparaison, il y a pile 7 ans pendant nos vacances à Budapest, j’en faisais entre 20 et 25 000 tous les jours. L’âge, ça abîme. 

1 réflexion sur “La semaine en bref #197”

  1. J'ai tellement ri avec le coup des wc!
    Je plussoie tellement pour le bruit à Paris. Et partout ailleurs en fait. Un des rares souvenirs que j'aie de Barcelone c'est le bruit des deux fois trois voies en centre ville.
    Désormais je rêve de voyages dans la nature. C'tout!

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