La semain en bref #193

 

Lundi:

Mon généraliste est stupéfait quand je mentionne mon diagnostic d’autisme (« Ca fait 20 ans que je vous soigne et je n’en me suis jamais douté une seule seconde »). La grosse boule que j’ai sur la cheville? Non, ce n’est pas un lipome comme je le pensais; ça ressemble plutôt au genre d’amas de tissus fibreux qui se forme après plusieurs entorses. Sauf que je n’en ai jamais fait une seule. A côté de ça, excellente nouvelle: après plus d’un an à flirter avec les 15, ma tension est redescendue au niveau acceptable de 13. C’est bien, parce que je peux cesser de me restreindre sur le fromage. Mais ça signifie que gérer mon stress et mon angoisse n’est pas juste une question de confort psychologique: c’est ma santé globale qui est en jeu. 

J’utilise le reste de ma journée de « remise en route après une longue absence » pour recevoir le sympathique technicien des services de dératisation, acheter le premier muscat de la saison, m’offrir un gros bouquet de mini-oeillets rouges, découvrir que ma boulangerie de rechange est désormais tenue par deux hommes dont un beau barbu (et qu’elle vend de délicieuses chouquettes), réceptionner une commande Carrefour pour une fois correcte en tout point, prendre rendez-vous dans un centre de radiologie facile d’accès, contacter une entreprise de nettoyage qui passe chercher mes tapis cracras deux heures plus tard et commander une plaque vitro-céramique. Enorme satisfaction de cocher plein de trucs d’un coup sur ma To Do List. 

Mardi:

 Quelqu’un que je ne connais pas vient de m’envoyer un mail commençant par « Dear fiend », et je m’interroge: faute de frappe ou talent extralucide? 

Mercredi: 

 L’expo sur le design italien à l’Hôtel Départemental des Arts me laisse totalement froide, et c’est au pas de charge que je fais le tour des halles municipales qui ont rouvert en fin de semaine dernière: tous les stands ont l’air sympa, mais Dieu que ça résonne! C’est un cauchemar auditif. 

 Bonheur du jour: déjeuner sur la terrasse de chez Marco avec M brune, que je n’avais pas vue depuis notre séjour à Munich au printemps 2019. Nous papotons de nos difficultés de neuroatypiques autour de délicieuses pizzas – celle de la semaine, avec une sauce mijotée à la Nduja, est une pure tuerie. Et la pluie annoncée par la météo s’abstient de tomber, youhou! 

 Après ça, je l’emmène à l’ancien évêché pour visiter la Design Parade. C’est très rigolo de la voir successivement tomber en pâmoison devant l’appartement dédié à Leonor Fini (une artiste dont je n’avais jamais entendu parler), puis bavarder en utilisant plein de mots savants avec la créatrice d’une oeuvre dans laquelle je ne vois personnellement qu’une collection de brols mal éclairée. J’ai passé le stade où ça me complexait de ne rien piger à l’art contemporain. A présent, je m’amuse juste qu’on puisse être deux à regarder la même chose et la percevoir aussi différemment. 

 « Ma vie ne m’appartient plus. J’ai pris 15 ans en 15 jours », m’écrit ma soeur, entrée dans ses nouvelles fonctions de PDGère en début de mois. J’espère pour elle que ça se calmera un peu une fois qu’elle sera bien installée. 

Jeudi:

 Darklulu, qui fêtait ses 15 ans hier et à qui j’avais envoyé une petite vidéo débile pour lui souhaiter son anniversaire, m’appelle en vidéo chat et passe 20 minutes, non seulement à me raconter sa vie, mais à me demander des nouvelles de la mienne et à comploter avec moi pour qu’on trouve un moment où se voir malgré son emploi du temps de ministre. C’est pas gagné, mais je suis très heureuse qu’à son âge, ça lui fasse encore plaisir de discuter avec sa vieille tante. 

Vendredi:

 J’arrive donc à la fin de ma trad en cours sans avoir reçu mon contrat malgré plusieurs relances. Je sais que ça va finir par arriver, mais je ne comprends pas qu’il faille plus longtemps pour émettre un document standard dans lequel il n’y a que 4-5 indications à remplir que pour traduire 600 000 signes. Je sais: lourdeurs administratives, blabla. Je ne comprends quand même pas. 

Samedi:

 Journée de repos. J’avance dans June’s Journey (suis en train de poursuivre la Marquise dans un train) et dans un chouette roman jeunesse de dark academia; je fais les trois quarts d’un puzzle de 500 pièces rigolo; je teste la recette de gâteau à la ricotta de Funambuline en répartissant la pâte dans des moules à muffins et en les garnissant de tranches de nectarine; je fais une séance de yoga pour le dos et je regarde l’épisode 209 de « Ted Lasso » – le premier de toute la série que non seulement je n’apprécie pas, mais que je trouve carrément à chier. Mais bon, je ne suis pas fan du personnage de Beard.

 Après avoir raté mon coup les 3 premières fois, super contente d’avoir réussi à commander un des 21 exemplaires du Petit Livre d’Inspirations n°4 de Julie Adore, dédié à la Bretagne. 

Dimanche:

 Une petite migraine de derrière les fagots, un coup de fil à ma mère, six heures de relecture. Quelle excellente journée (non). 

 Puisqu’apparemment il n’y aura pas moyen de faire un crochet par Toulouse, je me décide à réserver un billet de retour à Bruxelles depuis Monpatelin. 50€ si je prends l’avion, 155€ minimum pour le train. Mmmh, le choix est difficile (non plus). J’adore le train et je suis sensible à l’argument écologique, mais trois fois plus cher pour deux fois plus long tout compris, c’est absurde. 

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