[VARSOVIE] Où ma véritable nature de mogwaï est révélée au grand jour

 

Conformément aux prévisions météo, il pleut fort lorsque nous nous réveillons vendredi matin. Rien d’aussi apocalyptique que les récentes inondations à Friteland, mais assez pour nous dissuader de sortir tout de suite. Chouchou se propose courageusement de partir à la chasse à la brioche; puis nous passons la matinée à bloguer et à bosser. 

Vers 11h30, nous prenons un bus jusqu’à Stare Miasto: il n’y a que trois arrêts, mais le temps est vraiment dégueulasse. Nous arrivons trempés au restaurant-librairie où je pensais déjeuner. Pas de chance: non seulement ils ne servent pas à l’intérieur en ce moment, mais l’aperçu que je peux avoir de la salle depuis le seuil n’a rien de très engageant. En catastrophe, nous nous rabattons sur un restaurant voisin de cuisine polonaise, le Fret@Porter. Le hasard a bien fait les choses: la salle est jolie et confortable, et la carte sympathique. Certes, quand je commande une « côte de porc et ses patates », je ne m’attends pas à recevoir un schnitzel-purée, mais finalement j’aime autant. Par contre, ici comme dans absolument tous les restos où on a mangé depuis notre arrivée, le personnel ne porte pas l’ombre d’un masque. La Pologne n’est décidément pas une destination que je recommanderais aux non-vaccinés ou aux flippés du variant Delta… Pour moi, c’est un genre de boot camp du lâcher-prise: ou j’accepte le risque, ou je passe mes premières vacances depuis deux ans terrée à l’hôtel. J’ai choisi d’accepter le risque (et de porter scrupuleusement mon propre masque).

Nous nous rendons ensuite au Swiat Iluzji, le musée des illusions repéré hier soir en sortant de chez U Fukiera. La pluie ne fait pas mine de s’arrêter, et on se dit qu’une activité en intérieur aura au moins le mérite de nous mettre au sec! Bien entendu, tout le monde a eu la même idée que nous, et nous devons patienter une demi-heure avant de pouvoir accéder à l’expo. Celle-ci présente peu ou prou les mêmes effets d’optique que nous avions déjà vus au Camera Obscura d’Edimbourg, mais 5 ans ont passé depuis et c’est toujours à la fois ludique et une bonne opportunité de prendre des photos marrantes. 

Retour au salon de thé Same Fusy que nous avions beaucoup aimé hier. Cette fois, je jette mon dévolu sur l’Imperial Pearl, un thé jaune au jasmin d’une grande subtilité. La bande-son du jour commence par des chants vikings pour se poursuivre par du folklore irlandais et de l’opérette polonaise. Un vrai tour du monde, ou du moins de l’Europe, sans bouger de notre table basse. 

En ressortant de là, j’hésite. Musée de la pharmacie ou autre salon de thé réputé pour ses gâteaux? La flemme l’emporte, et nous hâtons le pas jusque chez To Lubie. Dans une maison à la façade blanche et aux ravissantes fenêtres à petits carreaux, deux salles de poche se superposent au rez-de-chaussée et au premier étage. Nous choisissons de nous installer en haut, et lorgnons les deux filles qui occupent la table près de la fenêtre en attendant le moment de leur départ. Celui-ci ne tarde pas trop, et nous déménageons en emportant mon chocolat chaud au piment et ma tarte au fromage polonaise ainsi que l’infusion chaude au gingembre et l’apple crumble de Chouchou. J’aime bien la musique qui passe, un genre d’électro soft avec une voix féminine; Shazam m’informe qu’il s’agit d’une artiste berlinoise nommée Novaa. (Quelqu’un connaît? Je suis tellement larguée dans ce domaine!) Nous restons là une bonne heure et demie à surfer sur internet, bouquiner et regarder la pluie tomber de l’autre côté de la vitre. Ce genre de moment tranquille fait partie de ceux que je préfère en voyage…

Quand nous sortons, le déluge s’est réduit à un petit crachin que nous décidons d’affronter courageusement pour brûler quelques calories en regagnant notre studio à pied. C’est notre dernière soirée à Varsovie; demain en fin de matinée, nous prenons le train pour Cracovie et la suite de nos aventures polonaises. 

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