La semaine en bref #172

 

Lundi:

Dépitée que mon cuiseur à riz soit toujours bloqué sur la plateforme de livraison, je contacte Amazon qui propose aussitôt de m’en envoyer un autre parce que ce sera plus rapide que d’attendre qu’on retrouve le premier. Je renonce volontiers aux pompes de Satan (j’en ai déjà beaucoup trop de paires…), mais un service client efficace, c’est une tentation irrésistible. 

 …Par exemple, j’ai fini par me décider à commander à Ikea la moitié du meuble de salle de bain escamotée par Chronopost à l’automne dernier (qui se souvient de la saga des commodes blanches: 2 payées, 7 livrées?). Pour amortir les frais de port, j’ai rajouté deux infuseurs. Hé bien, le paquet arrivé aujourd’hui contient un demi meuble de salle de bain mais zéro infuseur malgré ce que prétend le site d’Ikea. Et je n’ai pas envie de me battre pour 3€. Mais la morale de l’histoire, c’est que les Suédois feraient bien de s’inspirer de Satan. Non, je ne pensais pas écrire cette phrase un jour. 

Mardi:

 Je vote pour les élections au conseil syndical de la Ligue des Auteurs Professionnels. J’ai envisagé un moment de présenter ma candidature, car j’avais envie de m’engager concrètement pour défendre les droits de mes collègues. J’en avais le temps et, me semble-t-il, la capacité. Mais je n’ai pas réussi à franchir la barrière d’anxiété qui se dresse automatiquement entre moi et toute activité nouvelle dont je sais qu’elle m’obligerait à échanger avec des inconnus. Ca me désole un peu, mais avec une tension à 15/9, ma priorité doit être de ne pas me créer de nouvelles sources de stress. 

Mercredi:

 Hier soir, j’ai déposé dans le hall de ma résidence mon ancien meuble de salle de bain + l’aspirateur traîneau que je viens de remplacer par un modèle balai, avec un petit mot invitant les gens à se servir s’ils étaient intéressés. Je fais souvent ça plutôt que de jeter des choses encore en bon état, et cette fois encore, tout a disparu le lendemain. Ca m’amuse beaucoup d’imaginer mes anciennes affaires colonisant tous les appartements de la résidence et partant un jour vers d’autres horizons en compagnie des locataires qui déménagent.

 Je commence à préparer mon entretien de lundi prochain. Au moment où je veux imprimer un document à rapporter rempli, mon imprimante m’informe que ma cartouche d’encre couleur est vide. Mais… je veux imprimer du noir et blanc! Elle s’en fout, elle ne fera rien tant que je n’aurai pas changé sa cartouche couleur. Bien sûr je n’en ai pas sous la main, et Satan peut m’en envoyer une au plus tôt mardi. 

 D’accord, concentrons-nous plutôt sur la liste de mes symptômes potentiels. …La vache, y’a en beaucoup. Mais il manque quand même deux des plus répandus: je n’ai pas d’intérêts obsessionnels – enfin pas plus que la moyenne des gens qui se passionnent pour quelque chose je présume -, et je n’ai pas non plus de mal à regarder les gens en face, sauf quand je suis fatiguée ou que je n’ai pas envie de leur parler. Et si ce n’était pas ça? Et si j’étais en train de perdre mon temps et mon énergie? Et si je n’arrivais jamais à savoir ce qui cloche chez moi? Et si rien ne clochait à part que je suis fondamentalement pénible? 

Jeudi:

 Journal de Louis XVI, 14 juillet 1789: « Rien ». 

Vendredi:

★ Des contrôleurs montent dans mon bus et apostrophent un type qui téléphone avec le masque baissé depuis dix minutes. « Monsieur, il faut couvrir votre bouche et votre nez! » « Ah? » répond l’énergumène sur un ton surpris, l’air de dire: « Et moi qui étais persuadé qu’il s’agissait d’un soutien-menton! ». Les gens.

 Jamais de ma vie je n’ai entendu autant de Francis Cabrel que chez ma nouvelle coiffeuse. Ah ça change de la bande-son « boîte de nuit » de chez Wakko! Et c’est sympa de ressortir avec de beaux cheveux ET des oreilles qui ne saignent pas. 

 Bon, et bien pendant que Chouchou était dans l’avion qui l’amène vers moi, je viens peut-être de suicider ma carrière. Si vous me cherchez, je suis en train d’hyperventiler roulée en boule dans un coin. Pour quelqu’une qui ne voulait pas se créer de sources de stress à cause de sa tension, j’ai visiblement tout l’instinct de survie d’un lemming. 

 3 commandes en 15 jours: mon livreur de pizzas doit croire que je refais ma cuisine. Non, monsieur, c’est juste qu’on n’a pas beaucoup de satisfactions en ce moment, que ne pas préparer à manger est l’une des miennes et qu’on peut pas se faire livrer des masses de trucs à Monpatelin.

Samedi:

 J’ai toujours dit que le Miracle Morning ne passerait pas par moi. Jusqu’à ce que la périménopause se pointe et que je sois réveillée tous les jours à 4 heures du matin. J’avoue: c’est fou le nombre de trucs qu’on peut faire avant le lever du soleil. 

 Joyeux deuxième anniversaire confiné, Chouchou! 51 ans aujourd’hui.

 A la Poste, une dame que la guichetière invite à avancer me désigne en disant: « Je crois que la jeune fille était avant moi ». Finalement, ces masques, on ne les garderait pas même après la fin de la pandémie, mmmh?

 Nous allons passer l’après-midi à l’anse Méjean. Bien que j’aie grandi dans le coin, je n’avais encore jamais mis les pieds sur cette plage plus « sauvage » que celles du Mourillon. C’est très joli; nous en tirons plein de chouettes photos et nous avons même le plaisir de croiser Marco, mon restaurateur italien préféré, en train de lézarder au bord de l’eau avec sa famille. La proximité de la mer me lave toujours la tête, et j’en avais particulièrement besoin après une fin de semaine très agitée. 

 Par contre, la remontée jusqu’à la route principale une fois bien cuits par un soleil quasi estival et l’effort d’avoir marché dans les cailloux pendant deux heures nous achève. Plus le courage de passer une heure et demie dans les transports en commun pour rentrer à Monpatelin: on s’offre un Uber. La chauffeuse est super sympa et très bavarde; dix minutes de conversation avec elle me donnent envie d’aller me fourrer sous la couette avant 19h et de ne plus en ressortir que demain matin. 

 Au lieu de ça, je m’endors devant le premier épisode de « Shadow and bone ». Un peu comme je m’étais endormie sur « Six of crows » de Leigh Bardugo malgré le succès qu’il a remporté auprès des amateurs de fantasy.

Dimanche:

 « Respire, la Terre continue à tourner, le soleil se lèvera demain. Tu as eu raison et tu es du côté des justes », m’écrit une amie. Je me demande si c’est un argument invocable devant un banquier après plusieurs mois de chômage technique: « Oui monsieur, mon découvert est abyssal et je continue de creuser, mais je suis du côté des justes! ». J’imagine que ça se tente.  

5 réflexions sur “La semaine en bref #172”

  1. Fileuse De Nuit

    Au niveau des intérêts spécifiques, c'est à voir… Certaines femmes autistes ont du mal à les identifier car la vie quotidienne fait qu'elles ne peuvent pas d'y consacrer autant que les hommes. Et puis il ne faut pas oublier que le référentiel est largement basé sur le comportement masculin. Donc ne te laisse pas trop désarçonner, attends de voir les spécialistes.

  2. Chère Armalite, qu‘il y ait des choses qui clochent ou pas chez toi… je continuerai à lire et aimer ton blog. Tu es une source d‘inspiration!
    Je t‘envoie aussi un calin virtuel!
    Céline

  3. Je pense qu'il y a à creuser pour les obsessions, par exemple pendant un moment le yoga était présent dans presque tous tes articles, puis le dessin/l'aquarelle, maintenant les robes en lin/cottage core.
    Vu de l'extérieur par quelqu'un qui ne te connait pas personnellement mais à travers tes écrits, je dirais que tes intérêts sont assez passionnés et se succèdent (plutôt que d'en avoir plusieurs à la fois sans trop y penser, si tu vois ce que je veux dire ?)

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