« Je ne suis plus inquiet » (Scali Delpeyrat)

 

Plutôt qu’un roman, c’est un recueil de textes autobiographiques courts, qu’on croirait d’abord jetés sur la page un peu au hasard. Mais assez vite, on perçoit le fil rouge du récit; on commence à entrevoir l’image que l’auteur a décidé de peindre à petites touches éparses. Sans esbroufe stylistique et dans un désordre savamment étudié, il évoque sa relation avec son père disparu, une relation faite de non-dits et d’incompréhension. Une phrase en particulier m’a serré la gorge: « Je pense que te décevoir a été une de mes plus grandes passions ». 
Pour autant, « Je ne suis plus inquiet » n’est pas un livre triste. Il contient de la mélancolie, oui, beaucoup de perplexité face à la vie, mais aussi un humour distancié et de très belles fulgurances. Jamais je n’avais lu de texte à la fois si court et si efficace sur le plan émotionnel. 63 pages finement ciselées, où chaque mot choisi avec soin compte même si on ne réalise pas tout de suite comment ni pourquoi. Où chaque brève saynète n’est pas une tranche de vie, tout au plus une bouchée – mais une bouchée dont les saveurs variées se combinent pour créer une harmonie aussi subtile qu’émouvante. Un énorme coup de coeur. 

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