« Tiny moons: A year of eating in Shangai » (Nina Mingya Powles)

Née d’un père blanc et d’une mère sino-malaisienne, Nina Mingya Powles a grandi essentiellement en Nouvelle-Zélande, avec un bref détour par Shangai à l’adolescence. Etudiante, elle décide d’y retourner pour suivre des cours de mandarin. Elle en tirera ce petit recueil d’essais centrés autour de la nourriture et organisés par saison, une sorte de journal culinaire de l’année passée en Chine. 85 pages qui toutes donnent terriblement faim – mais qui ne se bornent pas à ça. 
Avec un style puissamment évocateur, l’autrice nous transporte dans les petites échoppes de Shangai par une chaleur étouffante ou une pluie diluvienne, avec quelques détours par les paysages tropicaux du nord de la Malaisie où vivent ses grands-parents. Elle met en lumière la dimension culturelle de la nourriture, le lien fondateur que celle-ci crée avec une famille et un pays, ses capacités à déclencher la nostalgie ou à ancrer dans le présent. 

Les goûts, les arômes, les textures et les couleurs explosent sous sa plume, pour un voyage qui sollicite les cinq sens et dont on voudrait qu’il ne se termine jamais. « Tiny moons: A year of eating in Shanghai » est un ravissement que je conseille à tous les amateurs d’Asie et/ou de littérature culinaire. Il fera partie des rares ouvrages lus cette année que je conserverai pour y revenir plus tard. 
« The chef spoons the oil and the crispy onions over a thick wad of noodles. The smell reaches the table before the bowl does – rich, warm and bitter, a little sweetness in the tang of soy sauce. I use my chopsticks to mix it all myself. Then I demolish it. With some practice, I learn not to regret it. I begin to think of those fried spring onions as a genuine part of my daily vegetable intake. I begin to prioritise joy. » 

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