La semaine en bref #155

 Lundi:

 Une petite séance photo sur la voie de chemin de fer près de chez moi – après avoir vérifié les horaires des deux seuls trains qui passent chaque heure. Le verdict est sans appel: la préparation paye, et inclure des accessoires aide énormément.

 Néanmoins… Chouchou: « C’est quoi cette expression terne? » Moi, vexée: « J’essayais d’avoir l’air mystérieuse et sexy. » Chouchou, impitoyable: « Hé bien, c’est raté. »

 L’Urssaf, dont le formulaire de déclaration de revenus comme l’agent contacté par téléphone me soutenaient mordicus que le plafonnement de la cotisation retraite ne s’appliquait qu’aux cotisants qui cumulaient droits d’auteur et salariat, a reçu ma lettre recommandée furibarde en milieu de semaine dernière et se décide (enfin) à me rembourser aujourd’hui. Combien de collègues phobiques de la paperasse ou ignorants de la règlementation ne récupèreront jamais l’argent qu’on leur a précompté en trop?

Mardi:

 Un petit tour à Toulon pour acheter du mascara (première fois depuis… 7 ou 8 ans à vue de nez!), prendre des photos sur le port, admirer le spectacle de lumières sur la façade de l’opéra (j’avoue: réussir à caser un T-Rex dans une histoire de Noël, c’est assez fort) et commander notre dîner chez Sushi Shop avant de rentrer en TER. 

 A peine deux jours après l’arrivée de Chouchou, on reprend les bonnes vieilles habitudes: je m’exile sur le canapé du bureau pour échapper à ses ronflements. Ca ne me dérange pas en soi puisque j’y ai dormi pendant les deux mois où j’étais seule. Mais ne pas pouvoir passer la nuit dans le même lit que son amoureux, franchement, c’est nul. 

Mercredi:

Robot du service client Orange: « Pour quelle raison appelez-vous? » Moi, articulant avec exagération: « Je voudrais changer de box. » Robot: « Je comprends que vous souhaitez modifier vos coordonnées bancaires. Oui ou non? »

 Trois mois après tout le monde, nous regardons enfin la 4ème et dernière saison de « Dix pour cent ». Moins drôle que les précédentes, mais tout de même quelques répliques bien senties pour Camille Cottin, comme ce « C’est pas toi, c’est moi… enfin c’est surtout toi », que je m’empresserai de replacer. 

Jeudi:

 Ah, tiens, un de mes éditeurs a fait l’effort de speeder pour me régler le solde de la trad que j’ai rendue le 10. Je n’attendais pas le paiement avant fin janvier; c’est donc une bonne surprise.

 Il était joli, ce cerisier japonais en faux Lego, et même pas très cher – mais en vrai, les sachets sont mal conçus et numérotés; on ne voit rien sur la notice, et on est très loin de la conception impeccable de la marque originale. Si on n’avait pas commencé un TimeLapse du montage avec Chouchou, je balançais tout rageusement par la fenêtre. 

 Ma soeur propose un FaceTime ce soir. Je décline parce que les voir sans pouvoir être avec eux, ça m’achèverait. Résultat, je pleure tout l’après-midi en pensant aux gens qui sont rentrés dans leur famille pour Noël et au 3ème confinement qu’on se paiera sûrement début 2021. 

Vendredi:

 A ce stade, la seule chose qui peut me remonter le moral, c’est d’aller voir la mer. Même s’il fait un mistral à décorner les boeufs et que tout est fermé le long des plages du Mourillon. 

 Je grelotte chaque fois que j’enlève mon manteau, et je me trouve franchement héroïque de poser en robe pour Chouchou. La palme de la motivation revient néanmoins à cette dame d’une bonne soixantaine d’années qui, vêtue d’une combinaison en néoprène intégrale, enchaîne les largeurs d’anse pendant une heure avant de rejoindre son mari qui bouquine contre la vitrine du resto thaï.

Samedi:

 Le E de mon MacBook, que j’étais si fière d’avoir réparé toute seule la semaine dernière, a de nouveau cessé de fonctionner. Je recommence la manoeuvre, ôte une grosse peluche coincée sous la touche et… ne parviens absolument pas à la remonter cette fois: les pattes refusent de s’enclencher.

 Chouchou prend les choses en main. Il approche sa lampe LED pour éclairer le corps éventré du patient et réclame d’un air concentré: « Pschitt nettoyant… Coton-tige… Pince à épiler… Tournevis plat, le plus petit possible… Petit bol plein d’eau tiède, liquide vaisselle, essuie-tout… » Il s’acharne pendant une heure, nettoyant et assemblant avec une précision de chirurgien, mais finit par arriver à ses fins. Mon héros!

 Je crains tout de même qu’il faille envisager un remplacement prochain de l’animal. C’est mon 3ème MacBook et comme les 2 précédents, il rend l’âme pendant les fêtes à la fin de sa 3ème année d’utilisation (certes intensive). Du temps où je tenais une comptabilité pro, je flippais toujours à l’idée d’avoir un contrôle fiscal et que l’inspecteur des impôts me prenne pour une grosse malhonnête qui faisait passer ses cadeaux de Noël en frais. 

 Moi au téléphone avec le drive Carrefour: « Bonjour, il manquait les surgelés dans la commande qu’on vient de me livrer. » Employée: « Attendez, je regarde. Ah oui, ils sont toujours là, vous pouvez passer les chercher. » Moi: « Figurez-vous que si j’ai payé une livraison à domicile, c’était pour ne pas avoir à me déplacer… »

Dimanche:

 Je commence la journée en réservant des billets de retour à Bruxelles et un test Covid pour deux jours plus tôt, puis en stressant à l’idée que mon résultat ne tombe pas assez vite ou que mon premier train soit en retard et m’oblige à prendre une correspondance hors délai. Heureusement, le Crisis Center Belgium répond en deux heures à peine aux questions angoissées que je leur ai posées sur Twitter: le délai a été allongé à 72h, et le résultat peut être produit sous forme électronique « consultable immédiatement ». Cette semaine difficile finit donc sur la meilleure note dont elle était capable. 

 …Ou presque, car le montage du faux Lego merdique a complètement niqué ma table de salon. Tant pis, ça me fera une excuse pour en racheter une plus belle. 

2 réflexions sur “La semaine en bref #155”

  1. Marie de Toulouse

    Ahhhh la douce musique des ronflements nocturnes
    Nous avons opté avec ma moitié pour une garde partagée du lit
    Nous dormons chacun notre tour sur le canapé
    Ca fait un certain temps que ça dure … Mais monsieur ne souhaite pas consulter donc nous sommes dans une impasse 😕

  2. Je laisse ici un énième commentaire inutile, mais sache que tu es loin d'être la seule à avoir renoncé à rendre visite à ta famille pour les fêtes. On est certes beaucoup moins visibles sur les réseaux sociaux parce que c'est pas très glamour une photo de fête en comité restreint et sans flonflons… On peut être fiers de nous malgré tout.

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