La semaine en bref #111

Lundi:
 Parce que « Mon voisin Totoro » m’emmerde, un collègue habitué à ma grinchitude déclare sur Facebook que je suis « romantique comme un radiateur ». Je dois bien admettre que ça n’est pas faux. 
Je reçois un mail de boulot: « Bonjour Aurélie, je viens de déclencher ton paiement et de te renvoyer le contrat signé. Amitiés, Ton Editeur ». Auquel je réponds: « Moi c’est Armalite, mais l’essentiel, c’est que je sois payée! Merci et bonne semaine, Not Aurélie ».

Mardi:
 Sans surprise, le formidable rapport Racine ne débouche sur aucune mesure qui permettrait de limiter la précarité des auteurs et de redresser un tant soit peu la balance en leur faveur. Pour qualifier l’annonce si attendue de Frank Riester, j’hésite entre « Pétard mouillé », « Pipeau cosmique » et « Audacieuse tentative de faire pencher le mix énergétique vers l’éolien ». En clair: du vent, beaucoup de vent. Au lieu de jouer son rôle de régulateur, le gouvernement nous invite à négocier avec des syndicats d’éditeurs et des organismes de gestion collective qui ignorent nos demandes légitimes depuis des décennies. On n’est pas sortis des ronces.
 Après trois tests de différentes recettes végétariennes d’Ottolenghi, 100% des membres du foyer déclarent que ça fait quand même beaucoup de bazar pour un résultat assez quelconque.

Mercredi:
 Il fait beau et je commence à saturer de tout le boulot que je m’impose depuis début novembre: allez, je sors me promener et faire un brin de shopping. Oui, février c’est un peu tôt pour acheter des sandales, mais je crains la rupture de stock d’ici l’été, et ce n’est pas comme si les chaussures avaient une date d’expiration.
 Je ne sais pas ce que je donnerais pour entendre la voix de mon père toutes ces années après. Cette remarque vous est offerte sans aucun contexte afin de ne spoiler personne.

Jeudi:
 Oh, une quatrième édition d’une de « mes » deux séries les plus vendues de tous les temps! Si ça peut encore me rapporter des droits d’auteur, je n’ai rien contre, hein.
 Le poulpe ou le renard? Le renard ou le poulpe? Le poulpe est plus remarquable, mais le renard sera plus facile à porter. Décisions, décisions…
★ Comme j’avais fini mon thé au cassis, je me suis laissée tenter hier par 100g de Thé du Louvre Côté Cour. Je suis déçue: on dirait presque un Earl Grey tant les agrumes écrasent le goût de la mûre.

Vendredi:
★ Quatre pages de remerciements pour un roman de 300 000 signes, la vache. Et bien entendu, la moitié des gens cités ont un prénom ambigu, de sorte que je suis obligée de les stalker sur internet pour vérifier si ce sont des hommes ou des femmes et ne pas risquer une erreur d’accord en français.
★ La version lounge de « Friday I’m in love », suivie d’un « Livin’ on a prayer » façon bossa nova: dites, chers gérants de ma cantine favorite, si vous ne voulez plus de mon argent, vous pouvez m’en informer sans faire couler mon cerveau par mes oreilles. (Commentaire d’un vieux pote de JdR sur Facebook: « C’est du Nouvelle Vague? Si oui, je situe ça entre la barbe d’Edouard Philippe et les punaises de lit en matière de nuisance. »)

Samedi:
 Un petit tour chez Décathlon, et nous voici équipés en chaussures de randonnée pour notre prochain road trip écossais. A nous les balades vivifiantes dans les Highlands! (Pourvu qu’il ne pleuve pas pendant deux semaines d’affilée…).
 Ai-je déjà dit combien j’aimais le bar de l’hôtel The Dominican? Idéalement placé derrière le théâtre de la Monnaie, à la fois chic, cool et confortable, doté d’un wifi invité performant et de toilettes magnifiques, c’est mon point de chute préféré pour attendre l’heure du dîner en sirotant une limonade à la framboise.

Dimanche:
 Parfois, mon cake chocolat-matcha est joliment marbré; parfois, le brun et le vert se mélangent pour former un gloubli-boulga peu appétissant. C’est toujours la surprise au démoulage – et aujourd’hui, la surprise est mauvaise.
 Après toutes ces années, nous avons enfin trouvé une position confortable pour nous tenir dans les bras allongés. Mais nous nous heurtons encore à un problème logistique: la couverture lourde 2 places de mon côté du lit, la couette 2 places du côté de Chouchou, leur superposition au milieu et la nécessité de laisser tout le monde bien emballé sans faire entrer d’air froid dans le lit. « J’ai l’impression de me débattre dans un croque-monsieur », rouspète Chouchou.

3 réflexions sur “La semaine en bref #111”

  1. C'est la technique gouvernementale classique, ça : "Nous, on ne décide de rien, c'est à vous de discuter entre vous." Utilisée aussi bien pour les auteurs et les éditeurs que pour les salariés et les employeurs. Comme si tout le monde était à égalité. Comme si le salarié était au même niveau que son employeur et qu'il n'y avait aucun rapport de force dominant. Sauf qu'il y a toujours un dominant et un dominé. Et si tu refuses de prendre position, tu n'es pas neutre, tu prends en fait position pour le dominant en lui laissant tout pouvoir de continuer.

  2. @Morgan: en même temps, qui a cru un seul instant que ce gouvernement prendrait position pour les dominés?

  3. @Armalite : Personne. Pourquoi changer un système qui avantage toujours les mêmes, dont ils font partie ?

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