« C’est comme ça que je disparais » (Mirion Malle)

Bien que j’aie souvent vu circuler le nom de Mirion Malle dans des publications féministes, je n’avais encore jamais rien lu d’elle. C’est intriguée par le titre et la couverture de son dernier album que j’ai fini par me lancer. 
« C’est comme ca que je disparais » raconte la dépression de Clara, une jeune femme de 27 ans qui vit à Montréal et tente de concilier un job d’attachée de presse à temps partiel avec l’écriture de ses propres oeuvres. D’abord brisée par une récente rupture, elle en vient assez vite à ne plus ressentir qu’un immense vide et, sans avoir de véritables pulsions suicidaires, commence à penser de plus en plus souvent à la mort. Ses amies s’inquiètent beaucoup pour elle mais ont du mal à la comprendre, et Clara, qui n’a plus vraiment l’énergie de maintenir une vie sociale, se met à refuser les sorties et ignorer leurs appels…

J’ai un peu de mal à parler de cet album, parce que même si je souffre d’anxiété chronique plutôt que de dépression, beaucoup de choses dans l’histoire de Clara font écho à la mienne. Parfois, une dépression sort de nulle part; ce n’est pas le cas ici, et la scène durant laquelle l’élément déclencheur finit par se révéler est d’une intensité bouleversante. Si j’ai mis un petit temps à m’adapter au graphisme très personnel de l’autrice, je l’ai en fin de compte beaucoup aimé. Au-delà de sa mise en images, ce récit touche terriblement juste sur la difficulté à vivre en société – voire à vivre tout court… – quand on est atteint d’un mal invisible qui n’est pas traité et dont les autres ne tiennent pas compte, ou face auquel ils ne savent pas comment réagir de façon aidante. Lisez-le. Si vous n’avez jamais fait de dépression, vous en sortirez ému et instruit ; si vous en avez déjà fait une, vous vous sentirez compris(e) et moins seul(e).

2 réflexions sur “« C’est comme ça que je disparais » (Mirion Malle)”

  1. Message reçu.
    J'ai commandé le livre dont elle est la coautrice et illustratrice sur les règles (pour une certaine jeune personne de mon entourage). Je me procurerai celui-ci dans la foulée.

  2. Je l'ai feuilleté chez Filigranes (ainsi que la BD de Jon McNaught) et les deux me font très envie ! Merci pour ces belles découvertes, je compte bien les acheter à Paris.

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