Ce matin, je renfile ma robe de princesse celte pour aller shooter à la nécropole de Glasgow. Elle est un peu trop longue pour moi et je me prends les pieds dedans en marchant; je suis donc obligée de coincer l’ourlet dans la ceinture, et aussi d’enrouler les manches autour de mes bras pour pouvoir enfiler ma parka par-dessus. Paye ton glamour en coulisses.

40 mn de marche tout droit depuis notre hôtel nous amènent à l’entrée du très beau cimetière dominé par une butte spectaculaire. D’en haut, on voit très bien la ville, et on jouit surtout d’une perspective intéressante. Le ciel n’est pas tout à fait aussi tourmenté que j’aimerais, mais au moins, il ne pleut pas et il ne fait pas trop froid. Ce qui est heureux, car très rapidement, l’humidité qui imprègne l’herbe rentre dans mes bottines et trempe le bas de ma robe.












A ce stade, il faudrait que je repasse à l’hôtel pour me changer et pouvoir marcher normalement le reste de la journée, mais flemme. Nous prenons donc un Uber pour nous rendre à l’autre bout de la ville, au-delà de la circulaire de boulevards qui entoure le centre. Le Kelvingrove Art Gallery and Museum abrite une collection riche et variée, qui vaut bien la peine qu’on lui consacre plusieurs heures. Je suis particulièrement impressionnée par la qualité de la taxidermie dans la partie histoire naturelle – le niveau de conservation, le naturel des poses, tout est nickel. Alors que j’admire deux cerfs en pleine bataille d’andouillers, un monsieur me complimente avec cet accent que j’adore: « That’s a lovely ootfit! ».








Plus loin, j’approfondis mes connaissances sur les Glasgow Boys, ce groupe de peintres du 19ème siècle qui contribua à la reconnaissance internationale de la ville. Au détour d’un escalier, j’aperçois même un grand William McTaggart dont j’ignorais la présence ici. Avant de partir, nous écoutons le début du concert d’orgue donné dans le hall central tous les jours à 13h, sur un instrument victorien monumental qui mérite bien le coup d’oeil.










Nous marchons ensuite jusqu’au Noodle Inn, où nous nous retrouvons assis à côté de deux de ces femmes qui ne savent parler qu’en hurlant et rire qu’à 150 décibels. C’est donc avec mes écouteurs en mode noise canceling que j’avale mes nouilles coupées au couteau (par ailleurs très bonnes), tandis que Chouchou se plonge dans la contemplation de son iPhone devant un bol un nouilles biang-biang. Dès la dernière gorgée de thé au jasmin avalée, nous filons.


Nous poursuivons à pied jusqu’au jardin botanique de la ville. En ce moment, il est le cadre d’un spectacle son & lumière appelé Zombie Zoo. Bien entendu, les séances commencent seulement après la tombée de la nuit, et les tickets me paraissent très chers: £29 par adulte. Nous nous contentons donc de parcourir le parc de jour. La grande serre n’est pas accessible, mais la petite nous fournit déjà de belles occasions de photos. Dans les allées, nous croisons des dizaines d’écureuils gris, dont un encore moins farouche que la moyenne qui va jusqu’à escalader la jambe de Chouchou! En passant, j’active l’animation du tunnel de confinement – OK, ça doit quand même donner pas mal du tout dans l’obscurité.









Nous finissons par prendre un verre à Oran Mor, une ancienne église convertie en pub. J’aurai quand même réussi à l’avoir, ma demi-pinte de cidre pression!


Puis nous entamons le retour à l’hôtel: 3 km à pied qui nous font passer sous plusieurs tunnels un peu flippants de nuit. Seule, je pense que je ne serais pas rassurée, alors qu’en vérité, nous ne croisons personne de plus dangereux que deux jeunes en train de fumer un pétard. Je lance « Smells good! » en passant devant eux, et ils se marrent. Petites courses habituelles dans un Sainsbury’s, pique-nique dans la chambre. Par contre, pas moyen de squatter le salon de l’hôtel ce soir: il est envahi de business people qui rient et parlent super fort un verre à la main. Franchement, je voudrais que le monde soit doté d’un bouton mute.


J’aime tellement tes récits de voyage en Ecosse, et ces photos toujours aussi belles ! Merci beaucoup de prendre encore le temps de bloguer, c’est vraiment mon plaisir du jour quand tu postes.