
Lundi:
★ A partir d’aujourd’hui, les jours raccourcissent mais les températures continuent à monter. Quelle arnaque.
★ Le ventilateur commandé hier en urgence ne convient pas du tout. Argh. Il va falloir le renvoyer et en trouver un autre plus adapté. En adaptant, je cale le vieil appareil cassé (mais toujours fonctionnel) avec une des haltères que je ne peux de toute façon pas utiliser tellement on crève de chaud.
Mardi:
★ Mon amie et éditrice M. annule notre déjeuner de vendredi: elle a fui la fournaise parisienne jusqu’à nouvel ordre. Ce que je comprends tout à fait. Je maudis néanmoins les circonstances qui, depuis le mois dernier, m’empêchent de voir les rares personnes que j’aime et m’obligent à en voir d’autres qui, que, voilà.
★ Les L5 se sont reformées pour enregistrer la BO d’un dessin animé – pile au moment où je ressasse ma jeunesse en boucle avec l’impression d’avoir 100 ans. De mon improbable appartenance à leur fandom, j’ai gardé de merveilleux souvenirs de ma dernière bande d’amis, des beaux voyages que nous avons faits ensemble et de nos fous rires d’anthologie. Un jour, j’ai été capable de tisser des liens avec des gens très différents de moi. Aujourd’hui, je galère même avec les gens qui me ressemblent.
★ Obligée de prendre une douche froide à 2h30 du matin, parce que j’ai tellement chaud que même avec la fatigue, je n’arrive pas à m’endormir. Ca me fait frais cinq minutes, puis je sèche, et retour à la case départ. Va-t-il falloir élire domicile dans ma baignoire jusqu’à la fin de la semaine?
Mercredi:
★ Au bord du malaise, je me décide à tremper un T-shirt dans de l’eau, à l’essorer juste assez pour ne pas qu’il dégouline partout et à le porter jusqu’à ce qu’il ne soit presque plus humide, puis à répéter l’opération. J’en informe Chouchou par Messenger: « Chic, je vis avec une Miss T-shirt mouillé », se réjouit-il dans une admirable tentative de voir le verre à moitié plein.
★ Nuit encore plus horrible que la précédente. La température ne redescend pas en-dessous de 30°, même à 4h du matin, sachant que la chaleur est un de mes pires triggers autistiques. Epuisée et pourtant incapable de trouver le sommeil, je sens revenir les idéations suicidaires que je tenais à distance depuis des années. L’idée que ceci est sans doute un des étés les plus frais du reste de nos vies me donne envie de mourir, très littéralement.
Jeudi:
★ Le matin, j’annonce à Chouchou: « C’est le dernier été que je passe dans cet appartement. L’an prochain, de début juin à fin août, je serai chez moi, avec des volets et la clim ».
★ C’est confirmé: la maison d’édition indépendante que j’aime beaucoup est placée en redressement judiciaire. Elle doit des sommes importantes à beaucoup de mes collègues; dans l’intérêt général, j’espère donc que cette procédure permettra de remettre sa trésorerie d’aplomb.
★ Eurostar me suggère de reporter mon voyage à Paris de ce week-end. Il va faire 60° demain soir chez Attila, qui vit sous les toits. Je ne sais pas si le château où nous devons dormir samedi sera raisonnablement frais. Ni même si nous aurons un Transilien pour nous y rendre, et manque de bol, Chouchou a égaré son permis de conduire la semaine dernière, donc impossible de louer une voiture le cas échéant.
★ La cervelle me coule par les oreilles, si bien que je suis incapable de prendre une décision. Tout reprogrammer en dernière minute serait compliqué, exigerait de fixer une date tout de suite et ferait perdre à Chouchou le jour de congé qu’il a posé exprès. De plus, on aura aussi chaud à Bruxelles qu’à Paris.
Vendredi + Samedi:
★ Au terme d’un suspense presque aussi insoutenable que les températures actuelles, nous passons le week-end à rôtir tout vifs en région parisienne. Au programme: deux expos géniales, une belle rencontre, une visite qui figurait sur ma bucket list et un peu de shopping hyper ciblé. Le récit détaillé avec photos arrive rapidement.
Dimanche:
★ Quand on arrive chez nous vers 21h30, il fait une chaleur atroce dans l’appartement. On ouvre grand toutes les fenêtres histoire de récupérer une température acceptable pour dormir. Vers minuit, alors que le sommeil commence juste à venir, un feu d’artifice encore plus bruyant que d’habitude (ne me demandez pas comment c’est possible) éclate non loin de chez nous. Sympa pour tous ceux qui doivent se lever demain. Nous apprendrons au réveil que c’était le couronnement de la fête pour les 250 ans des Etats-Unis. Un événement trumpien, donc. Quelle surprise, les bras m’en tombent (non).
