La semaine en bref #238

Lundi:

★ La propriétaire de l’appart de Bruxelles nous appelle pour nous prévenir que notre loyer va augmenter d’une centaine d’euros. D’un autre côté, il n’avait pas bougé depuis notre arrivée, en octobre 2008, donc on peut difficilement se plaindre.

Mardi:

★ Ah, cette trad que je pensais tombée à l’eau parce que j’avais contesté le montant de l’à-valoir est enfin confirmée. Je devrais recevoir mon contrat sous peu. A quel tarif? Ce sera la surprise.

Mercredi:

★ Une collègue parisienne actuellement en vacances a eu la gentillesse de nous prêter son appartement pour quelques jours. Je ne suis pas dépaysée: la moitié de sa bibliothèque se compose des mêmes bédés et des mêmes romans jeunesse que la mienne; elle a aussi le Camper VW en Lego, des illustrations des mêmes artistes, une étagère bourrée de puzzles, trop de thés dans ses tiroirs de cuisine et un cube de lingettes démaquillantes en tissu sur le bord de son lavabo. Seules les dizaines de plantes (vivantes) brisent l’illusion que j’ai atterri dans mon chez-moi d’une dimension parallèle.

★ Dans un salon de thé japonais, je fais remarquer que les parfums de dorayakis sont les mêmes que chez Tomo. « Oui, ils viennent de chez eux », confirme une des vendeuses. Il me semble que ça devrait suffire à établir que je ne suis pas une noob en matière de pâtisserie nippone. Pourtant, le seul garçon de l’équipe se sent tenu de me mansplainer doctement le matcha du haut de ses 22 ans 1/2 et trois poils sur le menton. Vraiment, les hommes me fatiguent.

★ Moi, le soir, alors que je passe en revue le butin d’images de la journée: « Tiens, je ne m’étais pas rendu compte que tu m’avais prise en photo pendant que je regardais les mangas au Renard Doré. » Chouchou: « Il faut. » Moi: « Quoi: me photographier à mon insu? » Chouchou: « Non: te photographier dans ton milieu naturel. »

Jeudi:

★ A La Manufacture où j’ai rendez-vous pour déjeuner avec mon éditrice et amie M., deux nounours géants sont installés au comptoir. Ma perplexité est grande, jusqu’à ce que M. m’explique que ces nounours sont des stars dotées de leur propre compte Instagram. Puis nous comparons le contenu de nos sacs respectifs. Couteau suisse: check des deux côtés. Lampe de poche: check des deux côtés. Par contre, la mini-clé en croix au cas où il faudrait démonter une porte de métro bloquée, j’avoue: j’ai pas. Qu’est-ce qu’on se marre chez les grandes angoissées de la vie! (Cette phrase n’est pas ironique. Avec un minimum d’auto-dérision, franchement, y’a de quoi faire.)

★ Chez Shodai Matcha, une des deux filles de la table voisine parle tellement fort que je ne m’entends pas converser avec Chouchou. J’hésite à lui demander de baisser la voix: je sais que je suis hyper-sensible au bruit, et personne d’autre que moi ne semble gêné. Finalement, je ne dis rien, mais ça me gâche mon délicieux goûter – le fameux mille crêpes à la châtaigne dont je raffole.

Vendredi:

★ Chez Merci, face au rayon « beauté holistique » et aux trois brins de sauge joliment emballés vendus 18€, je dois admettre que je ne supporte plus du tout le consumérisme façon bobos qui fait vendre n’importe quoi super cher du moment que ça a l’air plus naturel que nature.

★ Chez Smith & Son, j’achète deux bouquins de littérature culinaire sous prétexte de soutenir la librairie indépendante, alors que je vais devoir me les coltiner jusqu’à Bruxelles et que ça aurait été beaucoup plus facile de les commander chez Satan. Nous verrons plus tard qu’une bonne intention est toujours punie.

★ En effet, en arrivant gare du Nord à 18h30 pour prendre notre train de retour, nous découvrons qu’aucun Thalys n’a circulé depuis 16h pour cause d’accident sur les voies du côté belge. Nous envisageons un instant de courir à la gare routière de Bercy pour prendre le dernier Flixbus du jour, mais j’avoue que mon sac à dos + le tote bag rempli de tous les bouquins que j’ai achetés ou récupérés ces trois derniers jours me scient les épaules et que je n’ai pas le courage de m’infliger un déplacement supplémentaire. Jusqu’à 21h30, nous attendons sur place dans des conditions extrêmement pénibles en espérant que la circulation soit rétablie. Thalys ne communique pas du tout, hormis pour dire qu’il faut prévoir des retards importants et des suppressions. De guerre lasse, nous nous décidons à chercher un hébergement sur Paris pour la nuit.

★ Car le gag, c’est qu’en partant de chez ma collègue, nous avons laissé le double de sa clé sur la table avant de refermer sur nous sa porte d’entrée sans poignée. Sur le coup, je me souviens d’ailleurs m’être dit: « C’est ballot – si on loupe notre train, on ne pourra pas revenir ». (Non, je n’ai aucun don de voyance; simplement, je suis toujours en train d’envisager la pire option, et parfois, elle se réalise.) Mais, surprise! Contactée en urgence, ma collègue m’informe qu’il existe un triple de sa clé, qui se trouve présentement chez une de ses copines également en vacances. Et nous pouvons – avec la permission de ladite copine – aller le récupérer en utilisant la clé de chez elle planquée quelque part dans l’immeuble de ma collègue. Bénies soient les angoissées comme moi qui prévoient des plans B et même C en cas de pépin. Et qui malgré ça acceptent de laisser une inconnue entrer chez elles en leur absence.

★ Du coup: nous retraversons Paris en métro. Mes vertèbres hurlent à la mort, mais tant pis. Nous retournons dans l’immeuble de ma collègue chercher la clé de sa copine, puis je laisse Chouchou sur place avec nos bagages et pars à pied en pleine nuit sans smartphone dans un coin de Paris que je ne connais pas. On va pas se mentir: je n’en mène pas large dans les rues désertes. Grand moment de solitude quand je me retrouve à essayer des clés dans les serrures de ce que j’espère être la porte du bon appartement. J’imagine déjà quelqu’un ouvrir à la volée et me demander ce que je fous là, et moi en train de bafouiller que je viens chercher un truc chez une personne absente dont je ne connais même pas le nom. Mais la porte consent à s’ouvrir, ouf! …Ou pas, car dans l’entrée sont accrochées environ 17 clés anonymes identiques à celle de ma collègue. Je ne sais plus si je dois rire ou pleurer.

★ Un peu plus tard, je suis de retour chez ma collègue avec les 17 clés dont l’une est la bonne, hourra! Je rouvre les volets, rallume la box et refais le lit pendant que Chouchou fonce au Franprix qui ne va pas tarder à fermer pour nous trouver un truc à grailler après toutes ces émotions. Bien trop stressée, je ne parviens pas à fermer l’oeil de la nuit. Mais au moins, nous sommes confortablement installés, et nous pourrons prendre une douche demain matin avant de remettre nos fringues sales qui empestent la transpiration.

Samedi:

★ La gare routière de Bercy Seine est un avant-goût de l’enfer: un immense hangar sombre, bourré de gens chargés et de mauvaise humeur, avec des dizaines de quais mais très peu de panneaux indicateurs et aucun point de vente alimentaire à moins de 7 minutes à pied. Soudain, je prends conscience du privilège qu’il y a à acheter des billets de Thalys (certes jamais à plein tarif) sans me poser trop de questions, au lieu de m’infliger un trajet deux fois et demie plus long et moitié moins confortable pour économiser 10 ou 20 balles.

★ Enfin à la maison! Mais avec tout ça, les courses hebdomadaires qu’on aurait dû faire ce matin ont sauté, et le frigo est vide. J’estime que les circonstances justifient de la junk food en bonne et due forme. Ce sera donc un seau de poulet crispy du KFC (avec du coleslaw à la place des frites pour compenser un peu).

Dimanche:

★ Contacté sur Messenger, le service client de Thalys émet immédiatement un avis de remboursement de nos billets – car au final, notre train a bel et bien été supprimé, comme tous les autres vendredi soir. On a bien fait de jeter l’éponge (et oui, on aurait pu le faire plus tôt, mais la vision est toujours plus nette dans le rétro). Quand je pense que je dois descendre à Monpatelin vendredi prochain, vraiment, j’ai pas hâte…

★ La vidéo 1 seconde par jour de mon mois de juillet est visible ici. Comme d’habitude, ce qui plaît le plus, c’est le bref instant où on entrevoit Chouchou nu. Autrement dit: ce que mes lectrices préfèrent chez moi, ce sont les fesses de mon mec. Non mais je le vis très bien, hein.

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