La semaine en bref #204

 

Lundi:

 Réunion annuelle de copropriété. Miracle: la jeune femme au nom de famille rigolo (« C’est anglais, mais je le prononce à la française ») qui a racheté l’appartement de mon ex-collègue du conseil syndical est hyper motivée pour s’impliquer dans la gestion de la résidence. Et elle m’aide à faire accepter aux autres qu’il est grand temps de lancer le foutu ravalement de façade. On demande au syndic de contacter des maîtres d’oeuvre pour avoir des devis, en croisant les doigts pour que le principe soit voté à la réunion de l’an prochain. Après ça, il faudra compter encore un an et demi pour la réalisation même des travaux…

Mardi:

Gros patakès pour récupérer un pass sanitaire tenant compte de ma 3ème dose – et qui restera donc valable après le 15 janvier. Mon généraliste a un problème informatique, et si je n’étais pas si vigilante, je ne me serais même pas aperçue que son épouse m’avait sorti le même QR code que celui que j’avais déjà. Parfois, l’anxiété a du bon!

 Avec tout ça, j’ai bien mérité une Calabria de chez Pizz’Atomic, moi. Tant pis pour le reste de gratin de blettes: je le mettrai au congélateur, ou je l’enverrai à Guillaume Long en cadeau de Noël (blague d’initiés).

 Solange, ma voisine de 95 ans, regarde à la télé la cérémonie d’entrée au Panthéon de Joséphine Baker. Elle me dit qu’elle a rencontrée dans sa jeunesse, au grand hôtel de Douai où sa belle-soeur était réceptionniste. « Hé bien elle m’a prise dans ses bras et elle m’a fait la bise, vous vous rendez compte! ». Une autre fois, pendant la guerre, elle a croisé Charles Trenet bras-dessus bras-dessous avec deux officiers allemands. « Alors quand on raconte que c’était un grand résistant, ça me fait bien rigoler ». 

Mercredi:

 J’envisage de faire mettre une plaque à mon nom sur le tabouret à l’extrémité gauche du comptoir de l’Exki de la gare Saint-Charles. Maintenant que je n’ai plus de train direct entre Bruxelles et Toulon, c’est toujours là que je vais m’asseoir pour boire un Coca Zéro et profiter du wifi en attendant ma correspondance à Marseille. 

Jeudi:

 Je me lève avec une migraine horrible qui résiste au Doliprane avalé à 6h du matin. En contrepartie, il tombe de gros flocons sur Bruxelles. Bon, ben je vais prendre ma journée – et en profiter pour commencer mon premier ouvrage au crochet depuis plus de 2 ans. 

Le soir, alors que ma migraine a enfin reflué, je suis prise d’une vive douleur sur le côté droit du ventre. Pendant trois bonnes heures, je gémis sur le canapé en refusant d’appeler un médecin, mais en me préparant mentalement à filer à l’hosto pour me faire opérer de l’appendicite. Puis ça finit par se dissiper. Journée de merde. 

Vendredi:

 Après 13 ans et demi de traitement et 45 jours d’arrêt de celui-ci, mes règles sont de retour. Je mentirais en disant qu’elles me manquaient: je trouve ça encore plus répugnant que dans mon souvenir. 

 Hé bien, je suis très contente de ne pas avoir déboursé 10 balles et pris le risque de choper le Covid pour aller voir le film de Kaamelott au cinéma. A part une ou deux répliques qui me font rire, je le trouve franchement plat et ennuyeux. Le mélange de comique absurde et de prétentions épiques ne passe pas du tout. 

Samedi:

★ Ce matin, je me réveille dans une scène du Parrain. Oui, celle avec la tête de cheval. J’ai dû perdre un demi-litre de sang dans la nuit. Et les culottes menstruelles So’Fresh commandées en prévision de ce moment se mettent à fuir presque tout de suite. Formidable (non). 

★ Du coup, j’envoie Chouchou faire les courses de la semaine tout seul. Il m’appelle en vidéo depuis le rayon des protections hygiéniques en brandissant divers paquets de serviettes: « Tu les veux longues comment? ». Enorme bouffée d’amour pour cet homme que rien dans le corps humain ne dégoûte ou n’embarrasse. 

★ A la poubelle, mes plans pour la journée: je n’ose pas m’éloigner des toilettes ni tenir la position verticale plus de quelques secondes. Il va avancer beaucoup plus vite que prévu, ce châle de mémé. 

Dimanche:

★ Déçue et énervée de voir des personnalités de gauche que j’apprécie rendre un vibrant hommage à Pierre Rabhi. Rappelons que ce n’était pas un vieux sage écolo mais un gourou anthroposophe, misogyne, homophobe et limite esclavagiste. Ou bien comme avec Roman Polanski, faut-il encore séparer l’artiste de son oeuvre?

★ Comme j’ai besoin de prendre l’air, je m’emmaillote le fondement avant de me traîner jusqu’au CBBD pour voir l’expo sur la bédé coréenne. Grosse déception: si le contexte historique et culturel est amplement expliqué dans d’immenses panneaux, aucune des oeuvres montrées en exemple n’est traduite, de sorte que toutes ou presque me passent largement au-dessus de la tête. Pour aggraver ma frustration, une manif anti-pass sanitaire détourne notre bus et multiplie par 3 ou 4 la durée de notre trajet de retour. Il y a des semaines comme ça…

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