La semaine en bref #189

 

Lundi:

Mais comment ça, je dois reprendre le boulot? Il est où, le généreux mécène qui me paiera pour voyager et publier des récits aussi spirituels que passionnants?

 Après avoir bouclé une relecture d’épreuves (nickel), je décide d’attaquer le 4ème des textes signés depuis début juillet, parce que c’est celui dont la date de remise est la plus proche. Incidemment, c’est aussi le second dont l’éditeur compare l’héroïne à celle du film « Moxie ». On me propose de plus en plus de romans jeunesse féministes en ce moment, et j’adore ça. 

 Ce que je n’adore pas du tout en revanche, ce sont les nouvelles d’Afghanistan. Je suis horrifiée en pensant à ce qui attend les femmes de là-bas. 

 Ayant perdu la volonté de vivre dans un monde pareil, ma machine à laver se suicide au milieu d’un cycle. 

Mardi:

 La seule chose dont j’ai vraiment besoin qu’on me protège, c’est de cette classe politique de merde qui par clientélisme attise les haines et creuse les inégalités. Non, je ne décolère pas depuis l’allocution de Micron hier soir. 

Mercredi:

★ Je commençais tout juste à me faire à l’idée d’être une femme d’âge mûr, quand soudain, une pub m’informe que « les seniors nés avant 1972 peuvent désormais essayer des appareils auditifs sans engagement ». Si quelqu’un doit me considérer comme une personne âgée, je préfèrerais que ce soit la Sécu et que ça déclenche le versement immédiat de ma retraite, merci, bisous. 

Jeudi:

 D’après la bande-annonce, je pensais que « Mr. Corman » allait devenir une de mes séries préférées de tous les temps. Mais je décroche au milieu du pilote, et Chouchou s’emmerde autant que moi. Tenter quand même l’épisode suivant? 

Vendredi:

 Très contente de retrouver l’agréable salle du haut de Chouconut, mais fort déçue qu’ils aient cessé la fabrication de leurs délicieux donuts, tellement meilleurs que ceux que toutes les boutiques spécialisées.

 La seule personne de ma connaissance aussi anxieuse que moi ne ferme jamais sa porte à clé le soir avant d’aller dormir. Hein, que, quoi, comment? 

 Ayant acheté chez Rose un pin’s Zero Fucks Given, une fois arrivée chez moi, je déballe… un pin’s 100% That Bitch de la même collection. Au risque de me répéter: hein, que, quoi, comment? 

Samedi:

 Comme il est tard quand on rentre de notre escapade de la journée, Chouchou propose qu’on commande des pizzas napolitaines au nouveau resto qu’il a testé et adoré lors de ma dernière absence. Sauce tomate anecdotique, cubes d’aubergines bouillie encore à moitié crus, fromage même pas fondu sur le dessus: je ne suis pas impressionnée. 

Dimanche:

 Tous les free lance connaissent l’adage selon lequel « vite fait, bien fait ou pas cher: le client ne peut en avoir que 2 sur 3 ». Apparemment, c’est un peu la même chose pour les blousons en jean courts, avec des poches pour les mains et de l’élasthane dans la composition: il faut sacrifier un des trois facteurs. Je choisis l’élasthane, en espérant que mes bras rentreront quand même dans les manches. 

 Je pourrais me vexer que ma mère ne me demande pas comment se sont passées nos vacances (à vrai dire, elle ne semble même pas se souvenir que nous sommes partis), se contenant de m’informer que ma soeur est très fatiguée en ce moment et qu’elle-même va devoir changer son iPad et son ordinateur. Je choisis de me dire que ça me fait gagner du temps et que ça m’économise des remarques désagréables du type: « La Pologne? Quelle drôle de destination. Mais c’est vrai que tu ne peux jamais rien faire comme tout le monde. » Merci l’épisode 21 de « Change ma vie »

 Chouchou ressuscite la machine à laver en retirant le coton démaquillant lavable qui s’était coincé dans le conduit d’évacuation. Je le trouve aussi sexy que le jour où il a changé un pneu crevé en 10 minutes sur une aire d’autoroute. 

Retour haut de page